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Promotion de la fourniture locale aux sociétés minières du Burkina: la Chambre des mines outille ses acteurs

Au Burkina Faso, le secteur minier joue un rôle capital dans le processus de développement économique et social du pays. Malheureusement d’énormes difficultés résident dans l’exploitation des atouts du secteur minier. Difficultés liées notamment à l’insuffisance de fourniture locale de biens et de services aux sociétés minières par les entreprises locales. Pour arriver à bout de cette problématique, la Chambre des mines du Burkina a organisé un atelier de 48h portant sur l’analyse de l’écart entre les opportunités de fournitures locales aux sociétés minières et la capacité des fournisseurs locaux à y répondre. Il devra permettre d’élaborer un cadre national de promotion de la fourniture locale. L’ouverture des travaux a été présidée dans la matinée du mercredi 16 mai 2018 à Ouagadougou, par le directeur exécutif de la CMB, Toussaint Bamouni.

Le présidium lors de l’atelier

Depuis 2007, le secteur minier au Burkina connaît un essor galopant et ce n’est un secret pour personne. Par exemple en 2017, les 11 mines industrielles ont produit 45,5 tonnes de métal jaune et 179 742 tonnes métriques de zinc pour une contribution du secteur au budget national à hauteur de 226,026 milliards de francs CFA. C’est donc dire que le secteur minier occupe une place de choix dans le développement économique et social du Burkina Faso. Malheureusement, la mine est en quête permanente de fourniture locale de biens et services, «La mine a besoin de matériel pour fonctionner, elle a besoin de consommables, d’hydrocarbures, de matériaux de construction, de produits chimiques, des pièces de rechange», a indiqué Toussaint Bamouni, directeur exécutif de la CMB.

Les participants à l’atelier

Pour y remédier, les acteurs du secteur des mines et leurs partenaires doivent proposer non seulement un plan de formation des fournisseurs locaux, mais aussi un cadre national de promotion de la fourniture locale. Ce n’est que de cette manière qu’ils peuvent espérer inverser la tendance. «Nous allons d’abord proposer un plan de formation des fournisseurs locaux, ensuite en fonction des résultats que l’étude aura atteint, nous allons proposer un cadre national de promotion de la fourniture locale. Et ce sera à l’Etat, aux acteurs privés, aux partenaires, de trouver un mécanisme cohérent qui puisse permettre de renforcer les capacités de nos fournisseurs afin qu’ils puissent maximiser la capture des retombées minières», a expliqué le directeur exécutif de la CMB.

Toussaint Bamouni, directeur exécutif de la CMB

Afin d’attirer l’attention des décideurs, des entrepreneurs, la Chambre des mines et le ministère en charge des Mines ont décidé de conduire une étude d’analyse des écarts entre les opportunités de fournitures locales aux sociétés minières et la capacité des fournisseurs locaux à y répondre.

L’atelier du mercredi 16 mai 2018 a donc porté sur cette étude conjointement commanditée sur la thématique de la fourniture locale de biens et de services aux sociétés minières. Il a pour objectif de réaliser une analyse des capacités des entreprises locales à satisfaire aux besoins des sociétés minières d’une part, et d’autre part, de mettre à la disposition de l’administration un projet de cadre de référence pour la promotion de la fourniture locale. Selon Toussaint Bamouni, de manière spécifique, «l’atelier vise à valider et documenter les niches d’opportunités que les entreprises locales peuvent exploiter, à proposer des pistes de solutions pour lever les blocages qui empêchent un plus grand nombre d’entreprises locales de faire des affaires avec les sociétés minières».

2 jours durant, les acteurs du secteur des mines vont passer en revue l’état des lieux de la situation, puis renforcer les capacités des fournisseurs locaux afin qu’ils soient à un niveau qui permette de capter au maximum les retombées des mines. «L’état des lieux au Burkina n’est pas très réjouissant, parce que lorsqu’on regarde dans l’ensemble des fournitures locales qui sont proposés par les sociétés minières, le Burkina ne peut que capter 15% de ce montant qui est de plus de 400 milliards de francs CFA par an», déplore Toussaint Bamouni.

Hamadou Ouédraogo (stagiaire)

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