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Qualité des intrants agricoles: le directeur général de la Sofitex explique

Le DG de la Sofitex, Wilfried Yaméogo, expliquant la bonne qualité des intrants utilisés

Des voix se sont élevées pour dénoncer la qualité des intrants agricoles mis en place par la Sofitex auprès des producteurs au titre de la campagne 2017-2018. Saisissant l’occasion de la conférence de presse de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) samedi, le directeur général de la Sofitex a affirmé qu’aucune des sociétés cotonnières opérant au Burkina ne décide toute seule de la formule d’engrais qu’il faut commander pour assurer la gestion de la campagne.

«Aucune des sociétés cotonnières opérant au Burkina ne décide toute seule de la formule d’engrais ou des molécules d’insecticides qu’il faut commander pour assurer la gestion de la campagne», a expliqué le directeur général de la Sofitex, Wilfried Yaméogo.

Selon ses confidences, c’est la recherche cotonnière qui donne les orientations sur le type de produit qui est susceptible de permettre d’assurer à la fois une bonne fertilisation minérale des parcelles et un traitement phytosanitaire adéquat.

C’est ce que certains paysans ont pris pour des cailloux dans les engrais. C’est de la dolomite.

Ainsi, la recherche cotonnière a révélé que les terres dans le bassin cotonnier à savoir la région cotonnière de Houndé, la région cotonnière de Koudougou, la Région cotonnière de Dédougou et la Région cotonnière de Bobo sont frappées d’acidité. Or, lorsque les terres sont acides, elles ne constituent plus un terreau favorable pour l’efficience des engrais qui sont mis en terre. C’est cette raison qui a conduit la Sofitex, selon son directeur général, à commander cet engrais enrichi à la dolomite.

Parce qu’ils ont vu la dolomite qui a été mélangée dans le sac sous forme de boules, d’aucuns ont estimé que l’engrais contenait des cailloux. «Ce n’est pas la bonne appréciation qu’il faut faire de ce produit qui a toute son importance dans un contexte où il y a une acidité des sols», a fait remarquer M. Yaméogo qui a rappelé au passage que lorsqu’il y a un nouveau produit, des dispositions sont prises par les agents de terrain des sociétés cotonnières pour assurer la formation des producteurs à l’utilisation de ce produit et cela a été fait. «Ce n’est pas la première année d’utilisation de cet engrais enrichi à la dolomie. Ce type d’engrais avait été mis en place pour la campagne qui précédait l’année 2017-2018», a-t-il précisé.

D’aucuns ont soutenu qu’ils ont mis de la dolomie (le fameux caillou) dans de l’eau et il n’y a pas eu un effet de solubilité. C’est vrai que la dolomie, dans de l’eau, ne peut pas fondre en 2 ou 3 minutes. Elle doit être plutôt dans un contexte qui lui permet de libérer son potentiel et ce contexte est sa mise en terre, sa recouverte par de la terre et un apport en eau, c’est-à-dire les pluies, pour qu’elle puisse libérer son potentiel.

«Je signale que courant mars 2018, le ministère de l’Agriculture, à travers la Commission nationale de contrôle de la qualité des engrais, a organisé un atelier sur la qualité des intrants, des engrais principalement. Et après la session en salle, cette commission s’est déportée à la SIPAM qui est une unité de fabrication d’engrais chimiques, pour visiter l’entreprise, regarder les produits et poser des questions sur les procédés ainsi que sur les formules chimiques.

A cette occasion, les participants ont découvert un bocal dans lequel se trouvait de la dolomie depuis décembre 2016. Certains en ont même fait des images. Et comme on sortait d’une situation polémique, c’était un exemple de démonstration concret. La preuve que ce n’est pas dans le contexte de l’eau que la dolomie peut fondre. Il faut au contraire que les conditions soient réunies» a expliqué M. Yaméogo.

De la dolomite (bidon à droite) mise dans de l’eau (bocal) depuis le 22 août 2017

En plus des engrais, la qualité des insecticides a été également contestée. Sur ce point, Wilfrid Yaméogo a rappelé la mission des trois sociétés cotonnières qui est la promotion du développement de la culture cotonnière. «Comment pouvons-nous imaginer un seul instant qu’à la quête de cette promotion, on puisse mettre en place des produits qui ne sont pas conformes, qui peuvent conduire aux antipodes des objectifs recherchés par les sociétés cotonnières?» s’est-il interrogé.

A l’en croire, les producteurs ont vu sur le terrain quelle était la physionomie de leur parcelle après le semi, quel a été le développement du cotonnier. «Le cotonnier avec l’engrais que l’on dit de mauvaise qualité a poussé, il présentait une très belle physionomie sur toutes les parcelles à une telle enseigne que chaque producteur se posait la question de savoir si la Sofitex allait pouvoir ramasser tout le coton, tellement l’espoir était là», a-t-il relevé.

Ce qui s’est passé, informe M. Yaméogo, c’est qu’il y a eu en plus de la sécheresse dont l’amplitude a été assez sévère au niveau de la zone Sofitex, un arrêt brutal des pluies. Et le fait qu’il n’y ait pas eu de pluie a créé un phénomène de prolifération des attaques parasitaires. «Ce sont ces raisons qui ont conduit au décrochage de la productivité», a-t-il conclu.

Madina Belemviré

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