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Les qualités attendues d’Eddie Komboïgo pour requinquer le CDP

Le Bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a décidé, lors de sa 61ème session tenue ce week-end, du come back d’Eddie Komboïgo à la tête du parti de l’ancien président Blaise Compaoré. Mais il se trouve que l’ex-parti au pouvoir a failli connaître la guerre des chefs puisque ceux qui assumaient l’intérim avant qu’Eddie Komboïgo ne soit blanchi par la justice n’étaient plus disposés à lâcher prise. Il faut reconnaître que 2 ans d’intérim (pour gérer les angoisses et les frustrations du CDP) suffisent largement pour être placé à la tête du parti. Les rivalités entre plusieurs camps ont donc eu le temps de grossir. Il a fallu rappeler aux intérimaires le sens de la parole donnée, leur rôle de pontifes et de remplaçants et non de titulaires avant qu’ils ne se ravisent. Il faut même noter que l’argument de taille qui a fait rentrer les «ambitieux» dans leur gond est la possible scission du parti dont ils seront tenus pour responsables après la menace d’une partie des jeunes de créer un CDP Renouveau si leur mentor, M. Komboïgo, ne retrouvait pas sa place d’antan, celle du commandant en chef.

Après de tels remous, rivalités et divisions internes, le nouveau chef devrait avoir quelques qualités indispensables pour réunifier, colmater les brèches, bref, rendre le parti plus fort avant les élections de 2020.

A la tête du CDP, Eddie Komboïgo is back

Depuis la chute brutale de Blaise Compaoré, le CDP a aussi connu des déboires de toutes sortes. En effet, en application d’une loi controversée votée en avril 2015, des pro-Compaoré avaient été interdits de briguer un mandat lors des élections de novembre 2015. Ces exclusions avaient d’ailleurs été l’une des raisons fondamentales invoquées par le RSP pour perpétrer le coup d’Etat manqué dont le procès est prévu pour demain, 27 février 2018.

Et comme le malheur ne vient jamais seul, les rivalités et les problèmes de leadership ont failli piéger le parti. La gestion de l’intérim d’Eddie Komboïgo en est une preuve tangible. Fort heureusement, les caciques du CDP ont su se sortir de ce bourbier.

Il n’en demeure pas moins que pour réussir sa mission, Eddie Komboïgo devra être charismatique, crédible et diplomate.

Au moment où le parti vit des dissensions à l’interne, son président doit être rassembleur. Car les capacités de convaincre, de rassembler et d’entraîner sont essentielles pour fonder l’action politique. Il a intérêt à être ce miel qui attire toutes les mouches sans distinction. Pour cela, il lui faudra dire la vérité à tous avec courage et honnêteté et montrer qu’il est compétent pour mettre en œuvre le programme du parti. Autrement dit, les militants attendent de lui qu’il prouve davantage sa capacité à rassembler, à susciter l’adhésion à son projet par-delà les clivages traditionnels. Toute chose qui suppose un certain talent oratoire, au sens positif. Aussi, pédagogue, pragmatique et visionnaire, le nouveau chef devra être un homme de raison, une élite convaincante. Mais le laissera-t-on émerger aussi facilement? Sans doute que le prochain congrès du CDP nous donnera quelques indicateurs.

Théophile MONE

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