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Quand deux éléphants se battent, ce sont les plus petits qui souffrent

Dans ce qu’il convient d’appeler bras de fer entre la coordination des syndicats d’enseignants et le gouvernement, moi je veux mettre ma bouche dedans pour essayer de séparer les bagarreurs. Parce que là où nous en sommes là, c’est ni plus ni moins qu’une bagarre. Une bagarre où ce sont les élèves qui en pâtissent. Nè Wendé!

Je me souviens encore de ces mots de Bob Marley qui disent que lorsque deux éléphants se battent, ce sont les arbres et les herbes qui en pâtissent. Le gouvernement est un éléphant, la coordination aussi en est un. Sinon, l’un aurait terrassé l’autre et on ne perlerait plus de crise. Donc,il faut considérer l’issue de cette bagarre comme étant un match nul. Nè Wendé!

Dans cette histoire-là, moi je veux que chacun comprenne l’autre et mette un peu d’eau dans son dolo. Au besoin, laisser même son dolo et boire du rabil-koom. Ça fait du bien de temps en temps. Nè Wendé!

Dans un souci d’équité, il faut voir comment faire pour que les uns et les autres puissent partager les fruits du travail commun. Un maître ne peut pas prétendre au même salaire qu’un magistrat parce qu’ils n’ont pas fait les mêmes études. Mais un magistrat ne peut pas non plus palper 800 000 francs par mois et le médecin 200 000. Qui plus est, le médecin a duré aux études plus que le magistrat. Nè Wendé!

L’enseignant, c’est vrai, ne produit pas de l’argent. Aux impôts, par exemple, ils font rentrer de l’argent. A la douane, ils renflouent les caisses de l’Etat. Mais l’enseignant a appris à lire, à écrire, à calculer au futur agent des impôts et au douanier. Cela est incommensurable. Nè Wendé!

Donc, chacun a son travail et c’est cet ensemble qui fait marcher un pays. On ne peut pas tous faire la même chose. Mêmes les gardiens ont leur place dans ce dispositif. Nè Wendé!

Je ne suis pas en train de monter les foncos les uns contre les autres mais je suis en train de demander à chacun de prendre conscience de la situation d’iniquité criarde entre les fonctionnaires. Le président a parlé de refondre les statuts. Je ne sais pas ce qu’il entend proposer mais chacun devrait montrer des signes de bonne volonté afin que la Fonction publique redevienne le champ de tous. Nè Wendé!

D’accord qu’il faut des salaires décents et des conditions de travail acceptables pour les foncos, mais en retour, il faut qu’ils rendent aussi un service de qualité aux usagers, ceux qui n’ont pas de salaires mais qui payent l’impôt, les taxes et qui produisent les richesses. Nè Wendé!

Je ne demande pas de créer une discrimination positive pour les enseignants et des personnels soignants, mais je me dis qu’une revalorisation confortable de leurs rémunérations pourrait les amener à donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est la Nation qui gagnerait. Mais à côté, il faudra aussi avoir un contrat avec des clauses coercitives pour écarter les brebis galeuses. Il faut un regain de vocation au fonctionnaire, un amour de son travail. Nè Wendé!

Il va être difficile de lui demander le sacerdoce aujourd’hui mais juste un peu d’amour pour ce qu’il fait afin qu’il le fasse bien. Il ne le sait peut-être pas, mais il en tirerait une légitime fierté. Quand tu vois certains candidats avec des tapettes trouées soulever la poussière pour avoir «l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance» pour déposer un dossier de candidature, tu as pitié d’eux. Mais deux ans après l’école, patissankana, ils ne se sentent plus pisser. Ils ne respectent plus l’autorité, ils causent dèguè à leur patron et ils aiment l’argent comme pas permis. Certains fonctionnaires doivent se ressaisir. Nè Wendé!

Paul Kaba Thiéba rencontre les syndicats d’enseignants cet après-midi. Il n’est jamais tard pour bien faire. Je lui demande surtout d’adopter un profil bas. D’avoir un langage franc qui sort des sentiers battus. Il faut éviter les petites phrases qui blessent. La malcause doit être abandonnée dans les toilettes. Le gouvernement doit être transparent dans son approche. C’est lui qui a les cordons de la bourse donc c’est lui qui doit jeter du lest. Il faut aller au maximum du possible. Nè Wendé!

Ce que les syndicats n’aiment surtout pas et qui les radicalisent, c’est de voir en face d’eux d’anciens camarades de lutte qui veulent mener des négociations. Or, c’est ce qu’on voit des fois. Nè Wendé!

M’adressant aux syndicats à quelques heures de cette ultime rencontre, je leur demande de faire pardon, de ne pas refuser ce qui leur sera proposé. Il faut prendre ça en attendant et reprendre le chemin de l’école. La crise-là a trop duré. Vous avez raison mais ce sont les enfants qui souffrent plus. Si à l’issue de cette rencontre tout rentre dans l’ordre, moi je vais faire un Tour du Faso à pied pour féliciter chacun de vous. Nè Wendé!

 

PS: Nè Wendé, en apprenant que le PM anime une conférence de presse, a vite pour son désir pour la réalité, en annonçant que Thiéba rencontre les syndicats d’enseignants. Toutes mes excuses à mes lecteurs pour cette intox. Cela démontre de la peine que cela me fait de voir sacrifier l’avenir de la jeunesse. L’heure n’est plus aux explications, personne ne veut plus savoir quia raison, tout ce que la majorité des Burkinabè souhaite, c’est de voir la normalité revenir dans nos établissements d’enseignement et de formation. Nè Wendé!

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