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Que perdrait le Burkina à avoir une Première ministre?

Si la probabilité d’un remaniement ministériel ne fait plus de doute, les supputations vont à présent bon train sur l’identité de celui qui pourrait remplacer Paul Kaba Thiéba que toutes les radios MF (MounaFica) annoncent pour partant. Politiquement et socialement parlant, le président Roch pourrait bel et bien renouveler son équipe pour montrer qu’il est le seul maître à bord malgré les rivalités farouches de clans, pour espérer un bilan plus reluisant de son programme et pour calmer la grogne sociale qu’il est obligé de gérer lui-même ces derniers temps parce que le gouvernement semble essoufflé.

Paul Kaba Thiéba, l’actuel Premier ministre, peine à s’imposer et à convaincre les acteurs politiques et sociaux de sa capacité à diriger efficacement le navire gouvernemental. S’il n’est pas haï il n’est pas non plus aimé par les syndicats, une frange de la jeunesse du MPP et par une grande partie de la mouvance présidentielle. Du coup, les supputations vont bon train. Qui pourrait le remplacer? D’où le rêve des femmes de voir la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly née Sori, remplacer Paul Kaba Thiéba. Ce serait l’un des plus beaux cadeaux du 08-Mars 2018 que le président Roch pourrait faire aux femmes du Burkina.

Selon le bon vouloir du président Roch, la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, pourrait être nommée Première ministre

Selon les informations reçues de sources concordantes, notre pays pourrait connaître dans les tout prochains moments, son premier profond remaniement ministériel depuis l’ascension du président Roch à la magistrature suprême. Cela répondrait au souci de casser la routine qui s’installe progressivement au sein des départements ministériels. Certains ministres n’ont plus la ferveur de leurs premiers mois de service: sans initiatives et enthousiasme, ils ne défendent plus comme il se doit le programme présidentiel. Une incapacité que l’on impute à Thiéba qui n’aurait plus la poigne nécessaire pour imposer la cadence à sa troupe face aux nombreux défis à relever. Les mouvements d’humour à répétitions, la communication y relative et les stratégies de gestion posent d’énormes problèmes au président qui aurait fini par se décider à renouveler son équipe.

Or c’est dans ce contexte que Africa Performance Index (API) vient de reconnaître les performances du Burkina dans sa gestion de la croissance économique après un épisode d’instabilité politique et une campagne agricole 2015 peu fructueuse. La ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine Sori, a ainsi été classée première ministre de l’Economie et des Finances de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est. Une reconnaissance régionale qui pourrait la hisser à un plus haut niveau avec pour objectif de mener la politique du prochain gouvernement burkinabè.

Qui plus est, nommer une femme au Premier ministère permettrait de briser le plafond de verre. Car quand on a le choix, il ne faut pas faire comme d’habitude. Plutôt que d’un homme comme depuis toujours, le président pourrait aller chercher une femme, à la surprise générale. Dans un pays comme le nôtre, nommer une femme Premier ministre serait un symbole fort.

En effet, de mémoire d’homme, Il n’y a pas eu de femme nommée à ce poste politique à très hautes responsabilités. Pourtant, il est temps et très important dans le contexte de la promotion du genre, de montrer que les femmes peuvent participer aux grandes orientations du pays et aux grandes décisions. Il est important que les femmes, qui se lancent de plus en plus en politique, puissent se dire que ce plafond de verre n’est pas du verre blindé, que c’est possible de le briser et d’arriver aux plus hautes fonctions.

Le président du Faso pourrait montrer que sur le sujet de l’égalité homme-femme, il est vraiment engagé. Il en ferait une grande cause nationale. Ce n’est pas l’idée de choisir une femme pour une femme, mais si notre pays a des femmes capables d’assumer de telles responsabilités, il serait bon de donner l’exemple comme le Liberia en a fait avec Ellen Johnson Sirleaf en 2006 en l’élisant présidente. Et à l’heure actuelle, Hadizatou Rosine Coulibaly née Sori, ministre de l’Economie, des Finances et du Développement du Burkina, a les atouts et les potentialités nécessaires pour être Première ministre. Sa nomination serait un plus, mais pas une obligation. Le Burkina en sortirait grandi et le président Roch aura conquis le cœur des femmes, potentielles électrices depuis belle lurette.

Mais que ce soit Rosine Soglo, pardon, Rosine Sori, Seydou Bouda ou Clément Pegdwendé, le Burkina a besoin d’un nouveau souffle.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. Les mouvements ont quitté le cadre de l’humour. Ce sont de vrais mouvements d’humeur.

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