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Quelles valeurs les Burkinabè donnent-ils au travail aujourd’hui?

A la veille du 1er mai, fête du travail, fête des travailleurs et dans un contexte burkinabè marqué par des grèves à répétitions, s’interroger sur les valeurs que nous, Burkinabè, donnons au travail, mis à part celles du salaire, n’est pas farfelu.

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Ici au Faso, le travail reste une voie essentielle pour l’expression de la personne, la réalisation de ses capacités, sa sécurité matérielle. Tout cela compte énormément pour les individus et, en tant que tel, constitue le vecteur de valeurs primordiales. Ce qui explique, sans doute, l’importance que le travail a aux yeux d’un très grand nombre de Burkinabè.

Toutefois, les enjeux sociaux du travail sont, aujourd’hui, relativisés. La reconnaissance par le travail, la considération dont il peut jouir, l’utilité qui lui est reconnue socialement, pèsent assez peu aux yeux du Burkinabè, au regard des motivations personnelles. En effet, s’il reste une valeur pour l’individu, le travail est sans doute moins que par le passé une norme sociale. Il faut bien distinguer valeur et norme sociale dans la mesure où nous sommes dans un monde où l’individu prime. La motivation individuelle prime sur la motivation sociale.

La preuve, qu’en est-il aujourd’hui du plaisir d’apprendre, de partager un moment de vie et de collaboration, d’enseigner son savoir-faire, de mettre en valeur le fruit de son travail, d’être reconnu pour celui-ci et tant d’autres choses encore qui entourent le travail quotidien? Pas une priorité!

Au contraire, Sous nos cieux, le travail n’est vu qu’une source de revenus, un moyen de s’épanouir personnellement. C’est pourquoi il y a trop d’insatisfactions.

Le Burkina de demain relève de notre responsabilité
Le Burkina de demain relève de notre responsabilité

Certes, chaque salarié accorde des valeurs différentes au travail, suivant l’âge, le sexe, la catégorie sociale ou le niveau d’éducation. Des valeurs qui vont de l’aspect pratique à l’épanouissement. Mais ce qui est mis au premier plan par tous, jeunes, anciens, diplômés…, c’est bien la rémunération. Tout le monde y est sensible. La notion de reconnaissance professionnelle, le besoin de considération, l’utilité du travail effectué pour la société dans son ensemble viennent au second plan. Tout comme le manque de considération de certains employeurs; pourtant une source de motivation et, finalement, de fierté pour les travailleurs.

Le 1er mai est donc l’occasion de reconsidérer notre vision du travail et des travailleurs. Sachant que c’est par le travail que nous bâtiront un Burkina fort, digne et respecté, la conscience professionnelle doit être le leitmotiv de tous ceux qui exercent un métier que ce soit dans le public ou dans le privé. Les employeurs eux, doivent mettre le travailleur au cœur de leurs projets dans le respect, la dignité humaine et les conditions idoines.

Comme on le voit, le Burkina de demain relève de notre entière responsabilité à condition que chacun s’engage résolument à respecter un minimum de valeurs sociales et du travail. D’où l’importance du dialogue social qui ne devrait jamais nous faire défaut.

Théophile MONE

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