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Qui est Fulgence Ouédraogo?

Nous avons trouvé ce 3ème épisode de la SÉRIE NÉS QUELQUE PART du quotidien français Le Parisien intéressant car il parle d’un Français d’origine burkinabè que nous voyons sur les terrains de rugby sans vraiment connaître son histoire. L’occasion nous est donnée de connaître Fulgence Ouédraogo, un rugbyman de Montpelier et nous avons jugé opportun de le partager avec nos lecteurs. QUI EST FULGENCE OUEDRAOGO?

SÉRIE NÉS QUELQUE PART (3/7). Ils sont nés à l’étranger et ont fui ou quitté leur terre natale pour s’installer en France. Un pays dont ils ont porté les couleurs et dont ils parlent avec passion.

Fulgence Ouedraogo est arrivé en France à l’âge de 3 ans. Il confie s’être vite intégré, mais qu’il lui a fallu du temps pour comprendre le geste de ses parents.ICON/ SPORT DAVE WINTER

Dans quelques semaines, Fulgence Ouédraogo sera papa pour la première fois. Le 3e ligne de Montpellier sait déjà qu’il racontera son histoire à son fils. Celle d’un enfant né à Ouagadougou, au Burkina Faso, il y a 31 ans. Envoyé à 3 ans par ses parents dans une famille d’accueil en France.

«Oui, j’ai été déraciné, dit le rugbyman. Je suis arrivé dans un village, au nord de Montpellier. Mais quand on est jeune, on a aussi la possibilité de vite s’adapter. Je me suis très vite intégré dans ma famille d’accueil, à l’école, avec mes amis ou à l’école de rugby. Pourtant, c’est très difficile quand on est jeune de comprendre qu’on a ses parents dans un pays et qu’ils nous ont envoyé dans un autre. Mes frères et sœurs étaient là-bas et moi non. Il m’a fallu du temps pour comprendre le geste de mes parents et être en paix avec ça.» A 25 ans, cela s’est décanté: «J’ai commencé à me poser les bonnes questions, à réfléchir et à renouer avec mes origines. Ce n’était pas évident à vivre. Après, j’avais la chance de m’épanouir en France, mais il restait quand même un vide.»

Avec le temps, Fulgence a obtenu des réponses: «Un de mes frères est décédé avant que je naisse. Mes parents avaient envie que leur aîné ait une meilleure vie. Mon père était à l’époque instituteur et correspondait avec ma tutrice. Il a décidé de m’envoyer chez elle pour m’offrir une éducation et une meilleure vie.» Le comprend-il? «Oui, on peut, souffle-t-il. Après, est-ce que pour autant on l’admet? C’est différent… J’ai toujours pensé que si on m’avait donné le choix, sachant la vie que j’aurais eue ensuite, je serais resté auprès de ma famille».

Un voyage au Burkina à 12 ans. Un autre à 26. Et entre les deux «beaucoup de vide entre moi et ma famille.» Pourtant, ce retour vers ses racines en 2012 a beaucoup compté dans sa «construction d’homme en général». «J’avais besoin de me rapprocher de mes origines», explique-t-il. A l’aéroport, il reconnaît sa mère au premier regard. «C’était quelque chose d’indescriptible.» A Ouagadougou, des odeurs lui semblent familières: «C’était en moi.»

Pour lui, les choses sont claires désormais: «Mes origines sont au Burkina, mais je ne parle pas la langue et j’y ai très peu de souvenirs. J’ai grandi en France, j’ai joué pour l’équipe de France, la question ne se pose pas: je suis français et j’aime ce pays et ce qu’il a pu m’offrir.»

Les «Marseillaise» avec le XV de France ont «toutes été très émouvantes, souligne-t-il. Porter le maillot des Bleus, c’était très fort. J’avais été très fier de pouvoir représenter le pays qui m’a accueilli et dans lequel j’ai pu grandir et m’épanouir. C’était un symbole très fort. Mon parcours de vie m’a construit. Au fur et à mesure, j’ai ajouté des choses. Maintenant, j’en suis très fier.» Sûr que son fils le sera aussi.

 Ce qu’il pense de la France d’aujourd’hui

«Le contexte aujourd’hui est un peu compliqué, un peu plus difficile. J’ai l’impression que les gens se renferment au lieu de s’ouvrir. Ils ne se mélangent pas comme à une certaine époque. Les gens se retrouvaient tous ensemble. Là, j’ai l’impression qu’on est tous parqués et divisés. C’est ce que je trouve dommage.»

 

Sa bio express

1986 : Naissance le 21 juillet à Ouagadougou (Burkina Faso).

1989 : Arrivée en France à Saint-Jean-de-Cuculles (Hérault).

1992 : Débute le rugby.

2003 : Arrivée au centre de formation de Montpellier.

2006 : Champion du monde des moins de 21 ans.

2007 : Première, le 7 juin, de ses 39 sélections en équipe de France.

2016 : Vainqueur du Challenge européen.

Source: David Opoczynski, Le Parisien (http://www.leparisien.fr/sports/rugby/fulgence-ouedraogo-j-aime-la-france-et-ce-qu-elle-a-pu-m-offrir-25-12-2017-7470267.php)

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