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Ralentisseurs anarchiques, le ministre des Transports sonne la fin de la récréation

Le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière a animé un point de presse au siège de l’Agence nationale de l’aviation civile à Ouagadougou. En présence du représentant de l’Office national de la sécurité routière (ONASER), du représentant de la Fédération nationale des acteurs du transport et de l’Organisation des transporteurs routiers du Burkina (OTRAF) et de la presse, il était question pour le ministre d’informer de la mise en place d’une mesure forte. Il s’agit d’une sortie d’équipes ce mardi 08 janvier 2019 pour procéder à l’inventaire des ralentisseurs hors normes et procéder à leur destruction. Plusieurs raisons seraient à l’origine de cette action du gouvernement.

Le ministre des Transports entouré de ses collaborateurs

L’annonce a été faite ce matin par le ministre des Transports de la Mobilité Urbaine et de la Sécurité routière, M. Vincent Dabilgou: «des équipes sont constituées et, à partir du mardi 08 janvier 2019, elles procéderont à l’inventaire de ces ralentisseurs qui ne respectent pas les normes prescrites dans le décret 2012-1111/PRES/PM/MID/MATDS, portant norme de conception et de construction de ralentisseurs routiers de vitesse au Burkina-Faso. Les ralentisseurs hors normes identifiés lors de cette mission feront l’objet de destruction». Cette action va se mener à plusieurs niveaux. Il s’agira de sensibiliser sur la nécessité de supprimer ces ralentisseurs anarchiques, de mobiliser les différents acteurs à savoir les transporteurs, l’Etat, les services de l’ordre et la population sur cette mesure. Mais, aussi et surtout, en dernière position, le gouvernement promet des mesures répressives pour tout contrevenant qui reviendrait à construire des ralentisseurs non conformes après toutes ces dispositions.

M. Kéré expliquant les difficultés rencontrées sur les routes

Selon le ministre, il était temps car ces ralentisseurs causent de nombreux désagréments et entravent la mise en place d’une économie solide de transport. Il précise que ces ralentisseurs entravent la fluidité et la mobilité du transport au Burkina qui est un pays de transit pour de nombreux pays comme le Mali et le Niger. M. Dabilgou ne manque pas de le rappeler: «le Burkina Faso est un pays de transit et la route est le moyen de transport par excellence utilisé. Ces ralentisseurs entravent énormément les sociétés de transports dans leurs prévisions de fret suite au temps passé sur les trajets». A ce niveau, M. Bonaventure Kéré, Secrétaire général de la fédération nationale des acteurs du transport (FNAT), fait savoir que  seulement entre Bobo-Dioulasso et Ouaga il y a 162 ralentisseurs. Cela  veut dire qu’il y a 1,5 à 2 ralentisseurs par km. Aussi, a-t-il fait savoir, le véhicule, dans son processus d’accélération et de décélération dû à ces ralentisseurs, augmente sa consommation en carburant de l’ordre de 20%. «Dans le temps, il fallait 4h de temps pour rejoindre Bobo à partir de Ouaga maintenant il faut 7h à 7h30. Cela entraine une certaine usure des équipements et la durée de vie du véhicule se voit réduite ce qui nous entraine inéluctablement vers une faillite certaine», a-t-il ajouté.

Les journalistes présents à la conférence de presse

C’est au regard de toutes ces pertes que cette mesure trouve son importance à en croire le ministre des Transports. Il ajoute d’ailleurs qu’une injonction a été faite au Burkina par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui dit que notre pays est en train de perdre son statut de pays de transit. «Traversé le Burkina serait devenu un calvaire pour les transporteurs suite à ce phénomène de construction des ralentisseurs de façon anarchique», explique M. Dabilgou. Par ailleurs, le ministre rassure que des mesures seront prises et des moyens seront mis à la disposition des forces de l’ordre pour veiller au strict respect des normes de vitesse sur les voies. Le ministre reconnaît que c’est cette cause de vitesse qui a entrainé la mise en place des ralentisseurs donc la lutte contre ces ralentisseurs anarchiques sera concomitamment menée avec des mesures de strict respect du code de la route par les usagers de la route, principalement les chauffeurs.

Hamadou Ouédraogo

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