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La reconquête du pouvoir par le CDP en 2020: «On ne piétine pas deux fois les couilles d’un aveugle!»

Les Burkinabè ont fait confiance aux CDP de Blaise Compaoré en 1991, 1998, 2005 et 2010. Se croyant investis par Dieu pour gérer le pays, Blaise Compaoré et ses affidés ont voulu faire sauter le verrou de la limitation de mandats et serrer la vis sur un cinquième mandat. Mais la rue ne les a pas laissé faire. Ils ont été balayés par une insurrection mémorable en 2014. Et plutôt que de se remettre en cause et d’apprendre de leurs erreurs avec l’humilité dans l’espoir de mériter encore un jour la confiance du peuple, chaque semaine, les nouveaux dirigeants du CDP s’abonnent à la provocation et aux déclarations tapageuses. Une stratégie agaçante qui infantilise les Burkinabè, laissant penser qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Pourtant, les temps ont révolu, les Burkinabè ont résolument tourné la page il y a déjà bien longtemps. Ils ne restent plus aux responsables du CDP que d’apprendre à être patients et sages car le peuple insurgé à beaucoup grandi. Il a horreur que l’on teste sa maturité.

Eddie Komboïgo (milieu) à Bobo avec Thibaut Nana (gauche) et Alfred Sanou

Tout le monde peut se tromper, tout le monde peut faillir. C’est le propre de l’être humain. Mais la force des sages est d’apprendre de leurs erreurs en se corrigeant dans l’humilité.

L’élection d’une personne n’est plus comme une lettre à la poste: aussitôt dit, aussitôt fait! Les temps ont changé et le peuple insurgé est plus averti

Après leur mauvaise gouvernance sanctionnée par le peuple et la vraie fuite (contrairement au faux départ du Mogho Naaba) de leur leader Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire, les responsables du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) restent incorrigibles. Alors que pendant 27 ans ils avaient le sort du pays dans leurs mains, finalement, ils ne se sont pas montrés dignes de confiance. Et maintenant, dans l’opposition, ils confondent rêve et rêverie. Ils croient qu’il suffit de faire des déclarations et de mobiliser du monde par tous les moyens pour se voir déjà au pouvoir. Il suffit de les écouter pour se rendre compte qu’ils n’ont pas honte et leur regret tant attendu, n’est pas évident:

-«Le CDP a de la ressource pour venir au pouvoir et résoudre durablement les problèmes quotidiens de la population».

Depuis le départ du CDP du pouvoir, on assiste au grand désarroi des populations en mal de vivre dans notre Faso».

Nous remporterons ces victoires parce que nous avons compris les attentes des populations».

Le remède à l’insécurité, c’est de voter pour nous en 2020».

Blaise Compaoré me charge de vous dire de garder votre intégrité, d’éviter l’adversité sauvage et d’accorder le pardon à ceux qui vous ont pillés car le CDP est un parti de paix».

Si ce n’est pas pour se chatouiller et rire, il s’agit bien là de discours existentialistes de quelques caciques du CDP en mal de publicité. Même Nana Thibaut qui avait annoncé tambour battant le retour de Blaise Compaoré le 14 décembre 2017 a avoué que son adhésion au CDP est gage de victoire. «Je suis venu au CDP, la recréation est terminée», a-t-il dit, comme s’il était le «Messie» attendu. C’est la marque des farceurs et des plaisantins.

Souvent, face à certains comportements d’hommes politiques qui prennent le peule comme un chien à qui il suffit de donner l’os pour le berner, l’on a envie que les élections se fassent par tirage au sort. C’était en effet une pratique de la démocratie athénienne dans l’antiquité. Le seul moyen de mesurer l’amour ou le désamour des populations envers les politiciens. Mais hélas le boom démographique ne le permet plus.

Ce qui est certain, après avoir été désabusés et écœurés par certaines pratiques antidémocratiques, les Burkinabè ne se laisseront plus manipulés par des politiciens mus par l’appât du gain, que part le bien commun. Après les souffrances qu’ils ont vécues les populations burkinabè des campagnes te villes réfléchiront désormais par deux fois avant de confier de hautes responsabilités à certains hommes politiques. Le dégoût du peuple vient du fait que la corruption a été érigée en règle et le mensonge institué en stratégie. L’on oublie que l’Internet a rendu le mensonge intenable. Aujourd’hui, il n’est plus possible de mentir, de tricher, de voler sans que personne ne s’en rende compte.

Aujourd’hui, au –delà des déclarations pompeuses, les électeurs rêvent non plus aux promesses fallacieuses faites ça et là, mais à leur confort, à ce qui va augmenter leur bien-être et celui de leurs proches. Fini donc le temps du populisme et du clientélisme béats. Maintenant, le peuple insurgé est vigilant et mûr. Il est averti et a les yeux ouverts. «Tond nina pùkamè!». C’est pourquoi l’on ne piétinera pas deux fois nos couilles, nous qui avons été longtemps aveugles. A bon entendeur salut.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. Il y a longtemps que le « peuple insurgé » dont vous parlez est déçu et desillusionne. Tound ninan pouka mi comme vous fites.

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