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Recrutement «frauduleux» à la CNSS: le Syndicat dépose plainte à la Gendarmerie

Face au refus du Directeur général de diligenter une enquête sur le recrutement «frauduleux» d’agents à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), les délégués syndicaux et du personnel des comités CGTB ont décidé de saisir les autorités compétentes pour faire la lumière sur cette affaire. L’information a été donnée aux hommes de médias ce jeudi au cours d’une conférence de presse. Refusant d’être complice de recrutements «douteux» à la CNSS, les délégués syndicaux et du personnel des comités CGTB avaient demandé à leur Directeur général de diligenter une enquête sur le processus. Mais à ce jour, a déploré le secrétaire général de la Coordination, Seydou Koné, «la direction générale a fait comme si de rien n’était et a fait prendre service aux nouveaux recrus le 3 juillet pour la première équipe et le 5 juillet pour la seconde».

Le Syndicat a décidé de saisir les autorités compétentes dans l’affaire de recrutement « frauduleux »

Face à ce silence de sourd de la part du premier responsable, le syndicat a jugé nécessaire de saisir les autorités compétentes pour pouvoir faire la lumière sur cette affaire. «Nous avons introduit une requête auprès de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption, une requête auprès du Réseau national de lutte anticorruption. Nous avons aussi saisi le procureur du Faso sur le dossier et nous avons porté plainte au niveau de la Gendarmerie», a révélé Seydou Koné, qui trouve inadmissible que dans une institution républicaine qu’est la CNSS, les recrutements se font entre familles et amis. «La CNSS a un rôle de service public. Ce n’est pas une institution familiale, c’est l’ensemble des travailleurs et employeurs du Burkina qui y cotisent, donc l’ensemble des fils et filles du pays y ont droit à l’emploi».
Selon les confidences de secrétaire général adjoint de la Coordination, Justin Kienou, depuis la création de la Direction des ressources humaines à la CNSS dans les années 1988/1989, «nous n’avons jamais connu un tel déni de droit». La preuve, avance-t-il, depuis sa prise de fonction en septembre 2014, l’inégalité des chances des Burkinabè s’est enkystée à la CNSS.
A titre illustratif, renseigne M. Kiénou, pour ce présente recrutement, en plus de l’épouse du DRH, trois autres épouses d’agents ont été admises. «Deux des quatre femmes se sont inscrites avec les patronymes de leurs maris et les deux autres avec leurs noms de jeunes filles. A la proclamation les résultats, l’une des deux qui s’étaient inscrites avec son nom de jeune fille a été déclarée admise avec le patronyme de son mari. Quant à l’épouse du DRH, elle s’est inscrite avec son nom de jeune fille et a été déclarée admise avec son nom de jeune fille», a dénoncé Justin Kiénou.
Revenant sur le processus de recrutement tant décrié, il a confié que le syndicat a pris part en partie au processus, au niveau du tirage, de la surveillance et de la première délibération. «Au niveau de la surveillance, il y avait dix-huit salles alors que les délégués étaient au nombre de six et ne pouvaient être que dans six salles sur les dix-huit », a-t-il noté.
A propos de la sortie de leurs camarades travailleurs pour montrer que le recrutement s’est bien passé, Seydou Koné s’est dit étonné. «Nous avons été surpris qu’une partie des travailleurs sorte pour répondre à la place de la Direction générale parce que jusqu’à l’heure où parlons, nos requêtes s’adressent à la Direction générale de la CNSS. Nous laissons l’opinion nationale prendre acte», a-t-il conclu.
Madina Belemviré

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