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Réduction du train de vie de l’Etat: le Burkina s’enlise de jour en jour

Le siège du HCRUN, sis ZAD 2 (ph Burkina Demain)

La réduction du train de vie de l’Etat n’est plus qu’un discours au Burkina Faso. Dans les faits, des dépenses inopportunes ou inutiles sont effectuées. Les principaux bénéficiaires se recrutent aussi bien dans l’élite dirigeante qu’au sein de simples agents de l’Etat.

Nous avons récemment fait cas de ces nouvelles voitures de marque Renault dont on a doté nos hautes personnalités ces derniers jours. Ce type de véhicule, mis en circulation en 2016, est la nouvelle berline haut de gamme de Renault et coûterait environ 26 millions de FCFA, prix usine sans les options. Quel diable a bien pu piquer le commanditaire de cette commande,  pendant que le parc automobile de l’Etat regorge de voitures de luxe qui ne roulent que lorsqu’un hôte de marque foule le sol du Burkina Faso!

L’argent public est aussi dilapidé dans les foires, séminaires, symposiums, salons, festivals, etc., qui sont organisés au Faso. Pour chacun de ces évènements, un comité d’organisation est installé. Il faut voir comment les agents publics se battent pour s’inscrire dans les commissions, juste pour les perdiems qui seront servis. Pendant ce temps, des factures de prestataires privés restent impayées.

Dans certains ministères et institutions, la meilleure manière de se partager de l’argent est d’organiser un atelier hors de Ouagadougou. De nos jours, la ville de Koudougou semble être la plus prisée. Non seulement elle a un accès facile à partir de Ouagadougou puisqu’elle est située à une centaine de kilomètres, mais en plus, à Koudougou, chef-lieu de région, les perdiems sont consistants.

Au mois de novembre 2017, lorsque nous nous sommes rendus au commissariat de police pour viser un ordre de mission, l’agent de police sur place nous a fait savoir qu’il en a déjà visés au moins une vingtaine avant 8 h 00. Et c’est ainsi depuis le début de l’année.

Il nous revient que des agents du ministère des Finances ont même loué des mini-villas à Koudougou pour y séjourner. Ils passent tellement de temps dans cette ville que cette location leur permet d’économiser sur les frais d’hôtel.

On se rappelle qu’en 2014, un audit au ministère en charge de l’Education nationale avait permis de mettre la main sur un responsable qui totalisait plus de 400 jours d’ateliers avec perdiems, alors que l’année ne compte que 365 jours.

Quittons le domaine des perdiems pour celui des bâtiments privés loués pour abriter les services publics.

Avec la construction de l’hôtel administratif, plusieurs ministères se sont retrouvés dans les nouveaux bâtiments situés en face de l’aéroport. Ils ont libéré des bureaux qui pouvaient accueillir d’autres services. L’on s’attendait à une réduction drastique de la location des bâtiments privés pour abriter les services publics. Mais ce n’est pas le cas.

Comment comprendre que le ministère d’Etat  auprès de la Présidence du Faso se taille un bâtiment alors que le faible effectif de son personnel pouvait occuper des bureaux à Kosyam, à défaut d’occuper des bureaux abandonnés par un ministère?

La Commission de l’informatique et des libertés, depuis sa création, est logé dans un bâtiment loué. Dans le centre de la ville de Ouaga ou à Bobo, il y a des bâtiments administratifs d’époque très solides aujourd’hui à l’abandon qui ne demandent qu’un coup de pinceau et de râteau pour être utilisés.

Le  Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) a longtemps séjourné au Conseil économique et social (CES). Dès que la structure a eu son propre budget, le premier réflexe a été de déménager dans un bâtiment à la ZAD 2. Pourtant, le HCRUN a débuté ses activités au CES où il y a assez d’espace. C’est d’ailleurs au siège du CES que la Commission de réconciliation nationale et des reformes (CRNR) a mené toutes ces activités. Ici, il ne s’agit pas de dénoncer la procédure de désignation du bâtiment mais l’opportunité des dépenses. Les exemples foisonnent.

A Ouagadougou, on sait que de nombreux bâtiments ont été construits juste pour blanchir de l’argent. Généralement, les propriétaires font des pieds et des mains pour louer ces bâtiments à l’Etat. La pratique continue de plus belle sous le régime du MPP.

Le Burkina Faso dispose d’assez de ressources pour financer son développement. Mais ces ressources servent à entretenir une minorité de citoyens au détriment de la grande masse. Avec une meilleure gestion des revenus, le pays n’aurait pas besoin d’emprunter de l’argent pour financer des projets. Il suffit de mieux encadrer les perdiems et les bâtiments loués auprès des privés.

Nous reviendrons prochainement sur le gâchis dans la gestion des moyens roulants…

Adoua Kassiro

2 commentaires

  1. Ceux qui vous suivent ou vous lisent ne sont que les victimes de ces crimes; en dehors de ça, l’écho de vos propos se perd dans les brumes maffieuses du système.

  2. Merci Monsieur Kassiro pour cet article vraiment pertinent. Qu’importe que vos propos soit pris en compte ou pas, le peuple est informé et cela a et aura du mérite. Le jour viendra.

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