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Refus du prélèvement à la source de la cotisation syndicale: la vraie raison de la grève d’avril au ministère des Finances

La Coordination des syndicats du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) a déposé un préavis de grève pour le début du mois d’avril. Lorsqu’on parcourt les motifs de cette grève, l’on tombe des nues. Cette grève frise le chantage parce que Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly refuserait de prélever environ 170 millions de FCFA par an sur les revenus des travailleurs pour alimenter la caisse des syndicats.

Les leaders du Synafi (photo d’archives)

La Coordination des syndicats du MINEFID est très remontrée contre la ministre, Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly. En effet, celle-ci refuse une exigence des syndicats de son ministère à propos du prélèvement à la source des cotisations syndicales au profit des caisses des syndicats.

Pour les syndicats, le MINEFID doit opérer une retenue obligatoire sur le salaire de chaque agent afin de la reverser dans le compte des syndicats. Dans sa réponse, Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly ne s’oppose pas au principe. Mais elle estime que la cotisation syndicale doit être volontaire au même titre que l’adhésion à un syndicat. Pour qu’elle puisse opérer une retenue sur le salaire d’un agent, il faut que ce dernier fasse une demande expresse. Sinon, elle craint des plaintes des agents qui n’ont jamais donné leur accord pour cela. Elle a donc proposé qu’une fiche de déclaration individuelle soit préparée afin que ceux qui adhèrent à l’idée de la cotisation la remplissent pour qu’elle instruise les services compétents pour opérer ces retenues.

Les syndicats ont alors proposé que les retenues soient opérées sur les fonds communs. Là aussi, Hadizatou Rosine Sori/Coulibaly a opposé un refus. Il n’en fallait pas plus pour susciter la colère des syndicats du MINEFID qui se sont organisés en coordination pour protester.

Ministère de l’Economie appelle le SYNAFI au dialogue

Dans cette affaire, ils embarquent des agents qui ne sont pas informés des dessous de l’affaire. On le sait, une opération pareille de retenue forcée des cotisations syndicales a eu lieu il y a de cela 2 ans. Cette retenue de 5 000 FCFA a concerné tous les agents, même ceux qui ne sont pas syndiqués. C’est le cas des contractuels, très mal rémunérés au sein du ministère. Depuis cette opération, aucun bilan n’a été fait. Comme quoi, la redevabilité ne concerne pas seulement les dirigeants du pays. Les syndicats du MINEFID doivent donc revoir leurs calculs.

Le MINEFID compte un peu plus de 8300 agents. Si la ministre accédait à la demande des syndicats en opérant une retenue de 5 000 FCFA sur chaque tranche trimestrielle du fonds commun, les syndicats se verront reverser la somme de 41,5 millions de FCFA par trimestre, soit la somme de 166 millions de FCFA par an.

Le peuple ne doit pas payer pour cela. L’adhésion à un syndicat est un acte volontaire et ne saurait s’imposer ou être imposée. En rappel, l’ancien ministère de l’Education nationale, Jean Martin Coulibaly, avait refusé d’opérer une telle retenue au profit des syndicats de l’Education. Son département a été secoué par un mouvement de protestation pendant 4 mois. Jean Martin Coulibaly a été remplacé à son poste après la signature des accords entre le gouvernement et les syndicats.

A T

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