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Région du Sahel: mission d’évaluation conjointe sur l’assistance humanitaire d’urgence pour les personnes déplacées internes suite aux évènements de Yirgou

Le 1er janvier 2019, des hommes armés ont fait irruption dans le village de Yirgou, commune rurale de Barsalogho, dans la région du Centre-Nord, et ont abattu six personnes dont le chef du village. Il s’en est suivi des actes de représailles contre la communauté peulh, soupçonnée d’avoir abrité les groupes armés qui ont tué le chef du village de Yirgou. A cela s’ajoutent les attaques de Gasséliki les 10 et 15 janvier 2019 causant le déplacement de nombreuses populations à Foubé, département de Barsalogho.

Entretien avec l’équipe médicale (MCD, DRS, ICP de Foubé)

Ces représailles ont entraîné 57 morts et occasionné plus de 10.000 personnes déplacées internes à Arbinda, Kelbo, Dablo, Balsalogho, Foubé. Suite à ces événements, l’OMS a pris part à une mission conjointe d’évaluation Gouvernement, ONGs et Système des Nations Unies du 16 au 18 janvier 2019, dans les régions du Centre-Nord et du Sahel. La mission a visité les sites des déplacés de Barsalogho, de Foubé et d’Arbinda. Un recensement des déplacés internes a permis d’obtenir les données provisoires suivantes:

  • 965 personnes déplacées internes dont 175 ménages, 243 femmes, 175 hommes, 177 enfants de moins de 5 ans, 370 enfants de plus de 5 ans à Barsalogho;
  • 6162 déplacés internes (1107 d’enfants de 0 à 5 ans et 1269 enfants et jeunes de 5 à 18 ans) sur une estimation de 9 000 à 10 000 déplacés  à Foubé;
  • 3928 personnes soient 556 ménages accueillis à 80% dans les familles hôtes à Arbinda.

Dans ces zones, la crise a un impact sévère sur la sécurité sanitaire et nutritionnelle des populations.  En effet, les trois sites connaissent les mêmes difficultés sanitaires, même si la situation varie sensiblement d’un site à un autre. Ainsi, dans les trois localités, des postes de santé sont érigés avec l’appui de certaines ONGs et offrent des services de santé gratuits aux déplacés. Toutefois, les médicaments non disponibles restent à la charge des déplacés. Les principales maladies évoquées  par les populations déplacées sont les infections respiratoires, le paludisme et les diarrhées. On note également des cas de maladies chroniques, telle l’hypertension artérielle. Les défis sont énormes au regard de la situation et se résument comme suit:

Focus groupe avec les femmes à Barsalogho
  • la prise en charge des femmes enceintes;
  • le manque de contraceptifs;
  • le manque de moustiquaires imprégnées;
  • l’interruption de traitement des PvVIH et des tuberculeux;
  • la vaccination des enfants afin d’éviter une éventuelle épidémie de  rougeole et de méningite;
  • le renforcement des ressources humaines;
  • un apport conséquent en consommables et en équipements médicaux;
  • la nécessité de doter chaque site d’une ambulance;
  • la conservation des médicaments (exposés à la chaleur et à la poussière);
  • la mise en place d’un service d’assistance en santé de la reproduction;
  • la non disponibilité de certains médicaments sous forme pédiatrique;
  • l’accès à l’eau potable et le manque de dispositifs de lavage de mains;
  • des cas de malnutrition décelés chez certains enfants, etc.

Face à ces défis, le Gouvernement et les Partenaires Techniques  et Financiers s’activent à soulager les populations affectées à travers l’organisation des services de santé et l’offre gratuite en produits de première nécessité.

Bulletin d’information en ligne de l’OMS au Burkina Faso

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