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Le règlement des problèmes fonciers sera le symbole du nouveau Burkina post Blaise Compaoré

Le Burkina Faso, comme d’autres pays du continent, a le triste privilège de vivre un drame foncier permanent, c’est-à-dire une répartition inégalitaire de la propriété terrienne.

Pendant le long règne de Blaise Compaoré, la répartition de la propriété terrienne était caricaturalement inégalitaire puisque les riches s’accaparaient les terres au détriment des pauvres. De ce fait, le débat foncier a toujours fait rage. Et les passions qui l’animent invitent les nouvelles autorités à prendre très au sérieux les problèmes de lotissement avec toutes les injustices qui l’entourent. Les recommandations de l’enquête parlementaire sur le foncier vont dans ce sens.

Il ne faut pas oublier que l’insurrection populaire a été menée, entre autres, dans le secret espoir que le nouveau gouvernement honorera le pacte de justice et d’équité conclu en 2014. Mais avec le tâtonnement que l’on constate dans la gestion de ce sujet très sensible, l’année 2018 risque d’être celle du foncier. Une véritable bombe à retardement sans une politique de réforme foncière adéquate. La politique à reculade pourrait être préjudiciable au gouvernement.

Les problèmes fonciers sont une bombe à retardement si rien n’est fait à temps

Outre les injustices passées liées au foncier qui doivent être réglées au plus vite, la politique des sociétés immobilières qui a rompu avec l’approche sociale au profit de celle économique, doit être dénoncée avec la plus grande vigueur. Aussi, la question fondamentale et première revient comme un refrain: «qui a droit à la terre?». Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas de réponse claire et consensuelle.

De Saaba à Koubri en passant par Bobo-Dioulasso, les voix s’élèvent pour interpeller le gouvernement sur la politique des sociétés immobilières qui se sucrent sur le dos des populations et surtout qui sont en train d’acheter de grands domaines pendant que les lotissements sont suspendus.

La vérité est que depuis la prise de pouvoir du président Roch, force est de constater que la redistribution des terres a fait peu de progrès au profit des plus démunis. Cela alimente le mécontentement social dans les villes et campagnes.

Serait-ce un problème de manque d’argent, de volonté ou simplement d’une politique spéculative sur le foncier? Dans tous les cas, le problème foncier pourrait être à la base d’une contestation généralisée et ingérable. Le gouvernement a donc intérêt d’anticiper sur les problèmes et particulièrement sur celui-là s’il ne veut pas être désagréablement surpris.

Car du succès de la réforme foncière dépend une certaine vision du Burkina Faso, celle d’une nation capable d’honorer le pacte de justice et d’équité conclu en octobre 2014. En ce sens, l’importance que l’opinion publique burkinabè confère à la réforme foncière se comprend mieux: une politique, symbole du nouveau Burkina où rien ne sera comme avant.

Théophile MONE

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