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Relation Guillaume Soro et Salifou Diallo: hypocrisie ou realpolitik?

En marge de l’Assemblée des parlementaires francophones à laquelle le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire participent les présidents des Assemblées nationales respectives, Salifou Diallo et Guillaume Soro, se sont rencontrés ce lundi 11 juillet au Luxembourg.

Pourtant, depuis l’éclatement de l’affaire des conversations téléphoniques soutenant le putsch manqué de septembre 2015 entre Djibrill Bassolé et le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, Salifou Diallo a toutes les raisons de garder ses distances avec le «Che Bogota». Mais comme on le voit, la relation entre les deux personnalités semble être des plus cordiales. Hypocrisie ou realpolitik?

Rencontre Salif Diallo et Guillaume Soro au Luxembourg
Rencontre Salif Diallo et Guillaume Soro au Luxembourg. Tous ces gestes d’amitié concourent à préserver les intérêts des deux pays

La realpolitik (de l’allemand: politique réaliste) désigne la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national. Elle est par principe une gestion très diplomatique de la paix. Les «realpoliticiens» et les «fondamentalistes» se distinguent par leur attitude face à des compromis sur leurs idées. Les «realpoliticiens» donnent raison à Nicolas Machiavel qui, dans son ouvrage «Le Prince», établit que le seul but d’un prince devait être la recherche du pouvoir, indépendamment des questions religieuses et morales.

Sachant que la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont obligés de s’entendre, les deux pays ayant des rapports séculaires liés par l’histoire et la géographie, malgré les sérieux problèmes qui peuvent exister, Salifou Diallo et ses camarades au pouvoir ont choisi le réchauffement et le renforcement des relations bilatérales. A l’image de la France qui n’a pas d’amis, mais des intérêts, le pouvoir en place privilégie depuis 2016 les intérêts économiques à la guerre des nerfs. C’est sous cet angle des intérêts complémentaires qu’il faut comprendre le tact diplomatique de nos autorités et donc aussi la récente rencontre entre Guillaume Soro et Salifou Diallo au Luxembourg en marge de l’Assemblée des parlementaires francophones.

D’ailleurs, dans quelques jours (13 juillet), les gouvernements des deux pays se retrouveront à Ouagadougou pour le sommet du Traité d’amitié et de coopération. Il faut finir par se convaincre qu’aujourd’hui plus qu’hier, la realpolitik et le pardon portent le même pagne parce que le pardon est devenu un outil de normalisation interétatique et interpersonnelle. La realpolitik permet aux différents acteurs politiques la poursuite froide de leurs intérêts et de leurs objectifs. Ce n’est pas de l’hypocrite, c’est du réalisme politique.

Les Echos du Faso

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