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Remaniement ministériel: et si le président Roch concédait enfin un département aux FDS

Les attaques terroristes à l’Est du Burkina qui endeuillent des familles font croire aux Burkinabè que le président Roch va bientôt procéder à un remaniement de son gouvernement: changer de poste à certains ministres et faire quitter d’autres de leur fonction.

Le report de la conférence de presse traditionnelle du gouvernement à la dernière minute, l’absence du président au Conseil des ministres, à la commémoration du 33ème anniversaire du CILSS et aux obsèques de Kofi Annan au Ghana, ont renforcé l’idée d’un imminent remaniement ministériel.

Mais si Roch Marc Christian Kaboré devait modifier encore l’équipe ministérielle avec laquelle il a travaillé jusqu’à présent, il devrait oser remettre en cause son principe de ne pas mettre un militaire dans le gouvernement. La raison est toute simple: face aux multiples attaques terroristes aux fins de déstabiliser le Burkina, le pays a besoin que le ministère de la Sécurité soit confié à un spécialiste. Cela devient de plus en plus une nécessité absolue. De toute les façons, aujourd’hui, le président à intérêt à trouver la meilleure manière de sécuriser le peuple burkinabè.

Face au nouveau contexte sécuritaire, il n’est pas exclu que le président Roch fasse appel à un homme de tenue dans son gouvernement. Ce ne serait pas un scandale.

Dans les coulisses, et dans la tête des Burkinabè qui lisent entre les lignes l’actualité politique, un remaniement est en cours. Certaines personnes ont évoqué avec insistance des consultations de hautes personnalités en vue dudit remaniement. Spéculations, prophéties sans suite? Difficile de répondre, mais «il n’y a pas de fumée sans feu», dit-on.

Mais pourquoi changer d’équipe? Un remaniement est un moment grave en politique: cela signifie que le président et le Premier ministre ne sont pas satisfaits du travail de certains ministres. Dans ce cas, le président peut être tenté de vouloir donner un nouveau souffle à son gouvernement. Surtout que, même sans désaccords ouverts avec certains ministres, les attaques terroristes meurtrières ne sont pas bonnes pour l’image du chef de l’État. Sur le plan politique donc, poser un acte fort significatif, un chamboulement osé, comme le fait de se séparer de certains fidèles compagnons en vue de résoudre les problèmes sécuritaires, rappellerait à qui le veut bien que Roch est toujours le seul maître à bord, prêt à tout pour sauver son pays en danger.

Qui plus est, jusque-là, le président a privilégié la confiance à la compétence, car après la chute de Blaise Compaoré qui a laissé pourtant des fidèles amis partout, le président avait de quoi être prudent en dirigeant le pays plus avec «les démons qu’il connaît plutôt qu’avec des anges qu’il ignore et en qui il n’a pas confiance». C’est ainsi que Simon Compaoré a pendant longtemps bénéficié du soutien du président au moment où il avait à la fois le ministère de la Sécurité et celui de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Dans la même veine, bien d’autres amis du président ont bénéficié des postes de hautes responsabilisations qui ne correspondent pas forcément à leur profil et formations. Cette prudence de serpent se comprend aisément, surtout que les velléités de déstabilisations du Burkina sont toujours entretenues par des nostalgiques. L’on pourrait même accepter que le président Roch s’adjuge le ministère de la Défense en ces temps difficiles, histoire d’être au parfum de tout, malgré son calendrier très chargé.

Mais la sécurité pourrait revenir aux FDS qui sont d’ailleurs les premières à payer le plus lourd tribut des agressions sur le terrain. Un ministre issu de leurs rangs serait une reconnaissance, un honneur et un défi à lui lancé.

Un autre argument non moins important est qu’autant les politiques devraient exclusivement rester dans l’arène politique, autant ils devraient accepter concéder le secteur de la Sécurité à ceux qui en ont la compétence parce que spécifiquement formés à coup de millions pour cela: «A César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient», recommande la Bible. Ce ne serait donc pas un scandale que le président du Faso remette en cause son principe de ne former que des gouvernements purement composés de civils. Il faut tenir compte du contexte et être flexible. Savoir oser dans l’impopularité est la marque des grands hommes. Surtout face aux graves défis de survie et de développement.

En attendant, nous nous en remettons au président du Faso dans le choix de ses hommes pour gouverner notre pays dans la paix et la sécurité, gages du développement durable.

Théophile MONE

5 commentaires

  1. Bonne analyse je disais à qui veut l’entendre que c’est suicidaire de confier le ministère de de la défense à un commerçant de pagnes et d’assiettes . Ailleurs le civil ministre de la défense à toujours fait ses études dans le domaine de la défense et de la sécurité. Et travail toujours au département de la défense et de la sécurité. Je crois que quand on veut copier il faut aussi s’informer.

  2. Nankolendue Pierre claver

    Dans ce cas, il gagnerait à prendre un premier ministre qui connait mieux le pays avec des expériences en relation internationale

  3. Monsieur les hommes de presse, rien ne sert de courir il faut partir à point.
    A quoi bon faire ces propositions un peu militaire qui est de mettre un militaire à la sécurité? A quoi bon ? c’est toute la question posée .
    Le problème de la sécurité au FASO, ce n’est pas une question militaire. C’est une question de fibre patriotique. Parce que ceux qui font cela, ce sont des fils du Burkina qui dorment au Burkina qui se réveillent au Burkina, qui mangent au Burkina qui boivent au burkina, qu’ils s’habillent au Burkina, qui s’arment au Burkina et qui attaquent le Burkina.
    Donc, à mon humble avis la vérité est à aller chercher ailleurs dans les coeurs. Laissez le Président nommer ses hommes de confiance aux differents postes.
    Tout à l’heure comme tout après l’armée, il incombe à tout citoyen du Burkina Faso à être le pionnier de sa propre sécurité et à être pionnier de la SÉCURITÉ NATIONALE:
     » oser lutter , savoir Vaincre  » comme le dirait l’autre S. paix à sa mémoire.
    Quant à cette farce je dis bien farce de G5 Sahel, je crois bien que nos ancêtres les Gaulois Férons bien de dire qu’ils ont trouvé un stratagème pour bien garder le pré carré ouest-africain quelque part. G5 Sahel?? Mon oeil ! À moins que G ne renvoie à  » Guêpier  ». Mais tant que G renvoyera à Gateau , le G20 en par exemple demeurera un luxe pour tout pays africain qui s’y trouvera invité. Ce G-valise ressemblera à tout sauf un machin sensé parer aux attaques » terroristes » G5 ! des futilités à n’en plus finir et c’est fini.pardon pour toute parole inélégante.
    Vive le Faso.

    • Bien. Monsieur Maurice, vous dites que ceux qui font cela, ce sont des fils du Burkina qui dorment au Burkina qui se réveillent au Burkina, qui mangent au Burkina qui boivent au burkina, qui s’habillent au Burkina, qui s’arment au Burkina et qui attaquent le Burkina. Mais est-ce que vous pouvez donner un seul nom de burkinabé qui mange, bois dort et se réveille avec nous au Burkina et qui attaque le Burkina ? Qui sont-ils? Si ce sont les ex-RSP, qu’on nous donne aussi des noms et des visages afin qu’on puisse donner leurs fréquentations pour aider les FDS. Si c’est d’autres personnes aussi, qu’on en fasse autant. C’est tout.

  4. J’ai le sentiment désagréable que les terroristes de l’EST sont en passe d’atteindre leur but immédiat : semer le désarroi au sein des populations, diviser les politiciens en les amenant à s’empoigner au lieu de présenter un front uni devant le danger, démoraliser les FDS en leur faisant comprendre qu’ils sont commandés par des incompétents etc. Il est difficile à un peuple désuni d’aller en ordre de bataille contre un ennemi commun. Le président Roch doit montrer qu’il est le commandant en chef de ce pays. Il est temps qu’il parle pour mobiliser son peuple face au danger qui nous menace au lieu de laisser son premier ministre faire tour des coutumiers et religieux en quête de bénédictions et de conseils.

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