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Rencontre d’échanges avec les gouverneurs de régions sur le contexte sécuritaire national: le message du ministre d’Etat Siméon Sawadogo

Ceci est le message du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale à l’occasion d’une rencontre d’échanges avec les gouverneurs de régions sur le contexte sécuritaire national.

Siméon Sawadogo a fait le point à la presse des correspondances reçues des deux syndicats

En introduction de mon propos, je voudrais m’associer à Madame la Ministre Déléguée, chargée de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe centrale de notre département, pour souhaiter la bienvenue à Mesdames et messieurs les Gouverneurs  venus des treize (13) Régions du Burkina pour prendre part à la présente rencontre, consacrée à des échanges sur des questions d’actualité, notamment celles liées au contexte sécuritaire et à la cohésion sociale dans notre pays.

Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Je voudrais, d’entrée de jeu, rappeler la situation difficile dans laquelle notre pays, le Burkina Faso, est plongé depuis Janvier 2016, date des premières attaques terroristes enregistrées sur notre territoire. Sporadiques et très localisées aux premiers moments, ces attaques sont devenues recrudescentes au fil du temps et tendent à se généraliser dans la partie Nord et Est du pays, tout en maintenant le reste du territoire sous une menace sécuritaire permanente.

Comme vous le savez, cette situation est fortement dommageable à notre pays à plusieurs égards.

Elle se traduit d’abord par de nombreuses pertes en vies humaines et par de multiples cas de blessés. Elle se caractérise ensuite par le phénomène de déplacement massif des populations et une insécurité alimentaire touchant des milliers de personnes. Cette situation est également à l’origine de la fermeture de centaines d’écoles, privant ainsi des milliers d’enfants d’enseignement. Elle est par ailleurs à la base de l’extinction progressive de la présence de l’Etat dans les localités attaquées. Cette situation est surtout le facteur de déclenchement ou d’exacerbation de plusieurs conflits communautaires. En somme, cette situation a effrité sinon ébranlé nos valeurs fondamentales de cohésion sociale, de vivre-ensemble, de solidarité communautaire et de tolérance interreligieuse.

Bref ! Il s’agit véritablement de la description d’un tableau sombre qui place le Burkina au cœur du péril terroriste et qui a fait perdre à notre pays sa réputation de havre de paix et de patrie des hommes intègres.

Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Face à une telle situation qui menace la survie de la Nation et l’intégrité du territoire, un sursaut collectif est nécessaire. C’est du reste tout le sens du message de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, suite aux récentes attaques enregistrées à l’Est de notre pays et qui ont vu le massacre de nombreux travailleurs de la SEMAFO. C’est aussi l’esprit de la vigoureuse interpellation de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre lors de son adresse en août dernier aux Chefs de circonscriptions administratives quand il exhortait les représentants de l’Etat que vous êtes à jouer votre partition aux côtés du Gouvernement et des autres acteurs pour contribuer à « ramener la quiétude dans notre pays et permettre à nos populations de se consacrer, comme jadis, aux tâches de développement et de construction de la Nation. »

M’inscrivant pour ma part dans cette vision des premières autorités de notre pays, je voudrais, Mesdames et messieurs les Gouverneurs, vous engager à davantage de responsabilités et d’actions dans vos régions respectives afin d’aider le Gouvernement à renforcer la résilience des populations face à l’hydre terroriste et à restaurer les valeurs fondamentales de cohésion sociale et de vivre-ensemble dans nos sociétés.

Développer et renforcer la résilience des populations face au défi sécuritaire, c’est d’abord adopter dans vos circonscriptions administratives une démarche anticipative de prévention et de gestion des conflits afin d’éviter que les terroristes n’utilisent la fragilité et la précarité de la situation sécuritaire pour opposer les communautés. Pour ce faire, il vous faut promouvoir un travail de veille et d’étroite collaboration avec les leaders communautaires sur le terrain.

Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Dans cette lutte contre le terrorisme, il est également attendu de vous une meilleure coordination des actions des forces de défense et de sécurité dans vos circonscriptions administratives. Cela passe nécessairement par un fonctionnement effectif et une animation régulière des comités régionaux de crise qui ont pour vocation de réaliser non seulement une parfaite symbiose entre les forces de sécurité en présence mais aussi une bonne collaboration avec les CCA et les leaders communautaires de la région.

Notre combat commun contre les forces du mal est aussi celui que nous devons mener quotidiennement en faveur du retour de la cohésion sociale et du vivre-ensemble dans notre pays. Dans ce sens, vous serez invités, en collaboration avec les leaders communautaires et autres partenaires de vos circonscriptions, à développer des initiatives de sensibilisation des populations sur des thématiques relatives à la cohésion sociale et à la lutte contre la stigmatisation communautaire et religieuse.

En tant que dépositaires de l’Etat dans vos Régions et représentants du Gouvernement, vous êtes invités à coordonner la mise en œuvre de la décision du Chef de l’Etat d’amener les populations à participer à la défense et à la sécurisation de leurs localités. Les modalités de la mise œuvre de cette directive du Président du Faso devant se traduire par le recrutement de volontaires dans les Régions seront certainement mieux définies dans les prochains jours.

Mesdames et messieurs les Gouverneurs,

Je sais reconnaître à leur juste valeur les efforts considérables que vous consentez quotidiennement dans l’administration et l’animation de vos circonscriptions administratives. Par ailleurs, je n’ignore pas les nombreuses difficultés qui vous assaillent dans l’exercice de vos fonctions. C’est pourquoi, je vous invite à prendre activement part aux échanges en vue d’aboutir à des recommandations et des propositions d’actions concrètes afin de nous permettre de jouer ensemble notre partition dans la restauration de la paix et de la cohésion sociale dans notre pays.

Je vous remercie.

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