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Rencontre sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat: la CSFP exprime et justifie son désaccord

La Coordination des syndicats de la Fonction publique (CSFP) a animé une conférence de presse ce lundi 16 avril 2018 à la Bourse du Travail de Ouagadougou. Objectif, émettre des réserves sur la conférence nationale lancée le 28 février par le gouvernement sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat.

Le présidium lors de la conférence de presse

«L’insatisfaction des différentes couches sociales qui avaient nourri de réels espoirs d’un traitement conséquent de leurs attentes suite à l’insurrection, le développement des luttes des travailleurs, consécutif aux fortes attentes restées sans suite et aux nombreuses remises en cause des protocoles et autres engagements…», bref, «la lutte par la réclamation d’un statut valorisant contenue dans la plateforme revendicative des travailleurs, a semblé provoquer, selon les syndicats, la décision de la réforme de rémunération pour mettre un terme à une exigence inconcevable dans une économie libérale».

La rencontre de l’Unité d’action syndicale (UAS) avec le Premier ministre le 23 février dernier a permis à la CSFP de comprendre que le gouvernement table sur la nécessité de ladite réforme pour pour relever le caractère insoutenable de l’expansion des dépenses salariales qui le handicapent dans les investissements en faveur du développement.

Les journalistes présents à la conférence de presse

Aussi, après le chronogramme établi de la conférence suite à l’annonce du chef de l’Etat, l’UAS y a réagi en adressant le 27 février une correspondance dans laquelle elle «exprime des réserves portant sur le format et le contenu de ladite rencontre» et a posé la nécessité de termes de références y relatifs.

Les syndicats, après analyse du processus tel qu’engagé par le gouvernement, ont abouti à la conclusion selon laquelle les organisations syndicales n’y participeront pas.

Le porte-parole de la Coordination

Les raisons d’une position

«La coordination estime qu’au-delà de toute attitude subjective et corporatiste, le processus envisagé via un format d’une conférence réunissant à la fois le gouvernement, les syndicats et des forces vives de la nation, ne peut être la voie appropriée pour une discussion sereine et à même d’offrir un cadre convenable de défense des intérêts des travailleurs».

En effet, pour la coordination syndicale, la décision du gouvernement de créer un tel cadre de discussion «ne saurait être la voie indiquée pour corriger convenablement les iniquités entre travailleurs et encore moins d’apporter les réponses justes aux questions de gestion de la richesse nationale». Elle estime qu’un des objectifs que le gouvernement poursuit est «d’opposer les travailleurs entre eux, les isoler et leur mettre à dos la population».

Le porte-parole de la coordination, Souleymane Badiel, renchérit en disant que pour l’exécutif, «les travailleurs du public, au regard de leurs revenus, sont les principaux responsables de la pauvreté dans notre pays». De son avis, une telle vision est très loin de la réalité et ne peut être cautionnée par les organisations syndicales, surtout que «l’objectif du gouvernement, est de diaboliser les luttes syndicales en présentant les agents publics comme ceux qui s’accaparent des ressources du pays». La coordination est donc convaincue que le gouvernement veut tenir une foire dont le but essentiel est «de réduire les rémunérations des agents publics de l’Etat conformément aux recommandations de la Banque mondiale et du FMI».

Proposition alternative des organisations syndicales

La coordination a fait remarquer que son désaccord concernant la tenue de la conférence ne signifie pas qu’elle est fermée à la discussion, surtout pas sur le système de rémunération ou sur tout autre sujet qui touche la problématique de la gestion des ressources du pays. La preuve, elle propose des solutions alternatives:

– au cas où le gouvernement maintient le contenu des discussions axé sur le système de rémunération des agents publics, il est impératif que le format soit réduit (gouvernement, employeurs et organisations syndicales).

– dans un second cas, s’il maintient la dynamique d’une conférence comprenant les forces vives de la nation, les organisations syndicales proposent que l’objet des débats porte sur la richesse nationale et sa gestion, une gestion largement prédatrice.

En somme, la participation de la coordination à la discussion visera, entre autres, à défendre le respect des droits acquis, la cohésion des travailleurs, la détermination des ratios entre les salaires les plus élevés et les plus bas, la nécessité d’une augmentation sensible des rémunérations des agents publics en liaison avec les conditions de travail et l’augmentation du coût de la vie.

Omar Idogo

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