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Rencontres annuelles Sofitex-Unpcb: des engagements pour booster la productivité (2/2)

Dans le précédent compte rendu, nous avons rapporté le message du Directeur général de la Sofitex qui a été une invite à améliorer les rendements des exploitations agricoles. Ainsi, ils pourront davantage bénéficier du niveau du prix d’achat actuel.

Le président de l'Unpcb, Bambou Bihoun (gauche) et le DG de la Sofitex, Wilfried Yaméogo à Bondoukouy
Le président de l’Unpcb, Bambou Bihoun (gauche) et le DG de la Sofitex, Wilfried Yaméogo à Bondoukouy

A leur tour, les cotonculteurs de Bondoukuy et de Satiri ont partagé leurs soucis, des soucis qui sont, entre autres, la cause de leurs mauvais rendements. Ce sont des griefs portés contre la Sofitex et les banques:

  • Retards dans l’évacuation du coton graine;
  • Retards dans les paiements;
  • La non concordance des poids à la pesée et au pont bascule de l’usine;
  • Mise en place tardive et fractionnement des intrants;
  • Intrants avariés;
  • Mauvaise qualité des semences et des insecticides;
  • Demandes non satisfaites de tracteurs à la Bank of Africa;
  • Tracteurs défectueux (de couleur verte).

Ils ont ajouté à ces plaintes des doléances:

  • Le paiement d’un prix d’achat complémentaire;
  • La baisse des prix des intrants (semence, insecticides, engrais, …);
  • Le rehaussement du prix d’achat du coton graine à 250 FCFA.
  • La mise en place par les banques d’un crédit mécanisation.
Il a fallu des fois se mettre debout pour mieux se faire comprendre
Il a fallu des fois se mettre debout pour mieux se faire comprendre

Séance tenante, Wilfried Yaméogo a demandé pardon aux producteurs. Puis, il s’est appliqué à répondre point par point à toutes les préoccupations soulevées.

Au cas par cas, les responsables et agents de la Sofitex ont été invités à prendre l’engagement de clarifier tous les problèmes soulevés. Les numéros de téléphones des ‘’plaignants’’ ont même été pris pour suites à donner après les fora. Le Directeur général venait de reconnaître la part de responsabilité de ses agents sur le terrain. Mais il n’a pas rejeté tous les manquements sur ses agents, les cotonculteurs ayant aussi les leurs.

En ce qui concerne les évacuations (enlèvements du coton graine des champs vers les usines d’égrenage), il a expliqué qu’un planning préalable est élaboré au niveau de la région. Mais il arrive qu’au moment de la rotation des camions, certains producteurs n’amènent pas leur coton. Il a aussi évoqué le mauvais état des routes qui fait que certaines zones sont inaccessibles à certains moments. Les camions sont donc obligés d’aller ailleurs pour collecter les stocks. Et pour qu’ils reviennent, il faut encore un temps, puisque les producteurs d’une même zone récoltent presque tous au même moment.

Ils ont promis de relever le défi de la productivité
Ils ont promis de relever le défi de la productivité

Il y a aussi les branches des arbres qui causent des pertes du coton en état d’évacuation. Pour qu’il n’y ait pas retard d’enlèvement donc de paiements retardés et de pertes de poids, il demande aux producteurs de tenir leurs engagements. Disponibiliser le coton à bonne date, élaguer les branches des arbres et colmater les trous sur les pistes. La Sofitex affecte des camions pour ramasser des cailloux et réparer les routes mais les paysans ne se présentent pas toujours pour ces travaux d’intérêt commun.

Pour ce qui est de la baisse du rendement qui serait lié à la qualité de la semence et des engrais, Wilfried Yaméogo a demandé aux cotonculteurs de s’assurer d’abord que leurs parcelles ont été bien préparées, que les itinéraires et les paquets technologiques ont été respectés. Parce que les intrants mis à leur disposition sont de bonne qualité éprouvée et adaptés. Ce sont les mêmes qui sont distribués à tous sur le territoire national. L’application a-t-elle été bien faite sur les parcelles? s’est-il demandé.

Malgré la campagne qui a démarré, les représentants des producteurs étaient nombreux aux rencontres
Malgré la campagne qui a démarré, les représentants des producteurs étaient nombreux aux rencontres

Pour ceux qui demandent le relèvement du prix d’achat, le DG a expliqué le mécanisme de fixation du prix. Mais avant, il a fait cette démonstration: pour avoir 1 kg de fibre de coton, il faut 2,5 kg de coton graine; le kg de fibre donc coûte 612,5 FCFA, soit (245X2)+(245:2). Auparavant, il faut le transporter, l’égrener, le transporter vers le port, payer le magasinage, payer l’assurance et payer son transport vers le marché. Et lorsqu’il ne peut pas être vendu à plus de 800 F sur le marché (à cause de sa qualité), il faut comprendre qu’il n’est pas possible d’avoir ce qu’on veut.

Toutefois, si la fibre venait à être mieux vendue sur le marché, un prix d’achat complémentaire est payé à la fin de la campagne. C’est ce que les paysans appellent ristourne et qui a été distribué à plusieurs reprises. S’il n’a pas été payé cette année (comme certains le réclamaient) c’est parce que la fibre n’a pas été bien vendue.

Si les intrants arrivent parfois par lots, cela est dû aux retards accusés par les fournisseurs qui, eux aussi, doivent faire face aux aléas de la nature et de la politique. Comme la crise en Côte d’Ivoire qui a ralenti les importations à partir de la Côte d’Ivoire.

Pour les retards de paiements, Ecobank et Bank of Africa ont promis d’améliorer le processus de paiement. Et elles ont conseillé aux producteurs d’avoir des portemonnaies électroniques pour faciliter les transactions.

Il y a longtemps qu'on ne voit plus de vélos dans ce genre de rencontres
Il y a longtemps qu’on ne voit plus de vélos dans ce genre de rencontres

Pour la question de la mécanisation, La BOA a promis d’organiser une opération d’achat du tracteur de leur choix aux cotonculteurs.

Au terme de sa tournée, le Directeur général se dit satisfait car les échanges ont été francs et directs et chaque partenaire a compris le message de l’autre. Il n’a aucun doute que la zone Sofitex atteindra l’objectif initial de 650 000 T qui est le sien sur un total national de 800 000 T et même qu’il sera dépassé, au regard des engagements que les producteurs ont pris lors des fora.

Rendez-vous à la fin de la campagne 2017/2018 pour voir si un nouveau record de production sera fait pour consolider sa place de leader de producteur de coton en Afrique au Burkina Faso.

Hidogo

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