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Reprise des grèves: des coïncidences qui laissent dubitatif

Est-ce par coïncidence que plusieurs corps de métier de la Fonction publique se retrouvent en grève au moment où se tiennent l’audience de confirmation des charges du putsch manqué du 16 septembre 2015, le Forum national sur la sécurité, le tout dans une ambiance de menace terroriste?

Les contrôleurs et inspecteurs du travail durcissent le ton. Ici Fatogoma Sanon (micro), Secrétaire général du Syndicat autonome des contrôleurs et inspecteurs du travail SYNACIT
Les éducateurs sont dans la rue pour réclamer un nouveau statut

Les informations en notre possession font état d’une grève menée par des agents de la Police nationale depuis hier mercredi 25 octobre 2017 suite à un appel de leur syndicat, l’Union nationale Police (UNAPOL). Cette grève est intervenue le lendemain de l’ouverture du Forum national sur la sécurité qu’organise le gouvernement. Ce syndicat avait annoncé les couleurs à propos de ce forum.

En effet, au cours d’une conférence de presse organisée le 19 octobre 2017, l’UNAPOL, par la voix de son secrétaire général, Wakilou Senou, avait affirmé que «ce forum ne nous intéresse pas». La conférence de presse portait sur l’évolution de sa plateforme revendicative déposée depuis une année au ministère de la Sécurité. Voilà qu’une semaine après, lors de la tenue du Forum, les policiers partent en grève.

On se rappelle que les éléments de la CRS avaient manifesté de manière spontanée en août dernier en pleine grève des chauffeurs qui avaient bloqué les voies d’accès aux grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Au bout du compte, Ouagadougou a connu un attentat dans la nuit du 13 août qui a causé la mort de 18 personnes.

Les policiers ne sont pas les seuls à être en grève. La Coordination nationale des syndicats de l’éducation, qui regroupe 17 organisations syndicales, observe un arrêt de travail de 48 heures depuis ce jeudi 26 octobre 2017 pour exiger la satisfaction de sa plateforme minimale. Cette grève vise essentiellement à obtenir un statut particulier pour le corps enseignant. Le gouvernement avait déjà adopté le projet de loi portant Fonction publique hospitalière.

Le syndicat des médecins remet au ministère de la Santé un mémo en guise d’ordonnance

Outre le statut particulier du personnel de l’éducation et de la recherche, la coordination exige l’amélioration de l’accès à l’éducation, et l’amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif.

Malgré l’adoption du projet de loi sur la Fonction publique hospitalière, le Syndicat des médecins du Burkina (SYMEB) a remis un mémorandum au gouvernement pour dénoncer les difficultés auxquelles font face les médecins.

Ces mouvements sont venus s’ajouter à d’autres grèves en cours, celles des inspecteurs et contrôleurs du travail, des secrétaires du Burkina, des travailleurs de l’Action sociale.

Toutes ces manifestations se tiennent à la veille du 3e anniversaire de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Elles se tiennent en même temps que l’audience de confirmation des charges du putsch manqué du 16 septembre 2015 et la tenue du Forum national sur la sécurité et dans un contexte de menace terroriste. Coïncidences, coïncidences…

A. T.

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