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Réseaux sociaux au Burkina: ces belles initiatives de solidarité spontanée qui s’y organisent pour sauver des vies

Internet et les technologies numériques et nomades font partie intégrante de notre vie. Mais si certains voient dans les réseaux sociaux des risques de désocialisation des relations, d’isolement, de harcèlement, de perte d’identité…, d’autres savent au contraire en faire un usage positif, y compris quand il s’agit de sauver des vies. Au Burkina, les réseaux sociaux sont en train de rendre de fiers services à des personnes en souffrance (nécessitant un soutien financier en vue d’une intervention chirurgicale), renforçant la solidarité et la sociabilité, promues par notre culture.

La famille de Jacob recevant les contributions financières

Les réseaux traditionnels d’échanges, d’entraide, de solidarité, de sociabilité ont existé de tous temps. Mais les mutations sociétales notées depuis un certain nombre d’années ont semblé mettre en péril le lien social au profit de l’individualisme, des besoins de performance et de productivité.

Les réseaux sociaux numériques inquiètent par l’induction potentielle de risques individuels et collectifs: addictions, exhibition de soi, perte d’identité, narcissisme, harcèlement, violence, selon l’objectif et la formulation de la communication transmise. Pourtant, il n’est plus possible actuellement de communiquer sans les réseaux, qu’ils soient utilisés en tant que concepts ou en tant qu’outils au service de l’information, de l’échange, de la transmission de connaissances, de l’accompagnement de personnes en situation de vulnérabilité.

Il importe donc de réfléchir sur l’impact du développement des réseaux sociaux numériques en fonction de leur nature, des relations entre les utilisateurs, des attentes, pour en promouvoir les valeurs: solidarité et citoyenneté, évitant ainsi les risques de délitement du lien social.

D’ores et déjà, au Burkina Faso et sans doute aussi dans d’autres pays, fort heureusement, les réseaux sociaux sont mis à contribution pour collecter des fonds afin de venir en aide aux plus nécessiteux qui sont dans un besoin urgent de soins médicaux par exemple.

Ainsi, les contacts d’amis sont saisis comme une opportunité de vraie mine d’or pour toucher les cœurs, interpeller, agir pour de causes justes, cotiser pour sauver des vies, bref, promouvoir nos valeurs d’entraide, de solidarité et de compassion.

De plus en plus de Burkinabè ne ménagent pas leur peine pour créer une chaine de solidarité dans la transparence et l’honnêteté. La coordination de ces heureuses initiatives se fait par des personnes de tous âges et de tous les milieux, en ville comme en province, devant une situation de détresse et d’urgence, mais bloquée par la pauvreté ou les moyens limités des patients.

Demande de soutien Boly Alexandre depuis Abidjan pour intervention chirurgicale d’une tumeur

D’ordinaire, l’information est publiée via les réseaux sociaux avec une photo de la personne souffrante et un contact par lequel les contributions peuvent être reçues en étroite collaboration avec les membres de sa famille. D’ami en ami, comme une toile d’araignée, la solidarité agissante et volontaire se met en branle, jusqu’à ce que les sommes collectées soient remises officiellement aux proches du ou de la malade, photos et montant exact à l’appui.

Ainsi, aujourd’hui, relayer par Facebook une situation d’urgence peut sauver des vies. Au-delà donc de son côté obscur avec ses messages de haine, de récupérations et fausses rumeurs… les réseaux sociaux peuvent constituer des espaces où se posent des actions fraternelles spontanées et de formidables élans de solidarité. Un nouveau mode opératoire de soutien et de compassion directs qui mérite d’être encouragé, primé et au besoin encadré. Comme quoi Facebook peut être d’une réelle utilité!

Théophile MONE

Encadré: solidarité et compassion pour Jacob

«Bonjour….

Si la prière doit guérir Jacob… Il va guérir!

Si l’argent doit guérir Jacob… Il va guérir!

Vous avez été nombreux par vos prières et vos gestes multiples à permettre ce miracle…ce matin à 7h42 je me suis rendu à l’hôpital Yalgado Ouédraogo pour remettre à Jacob et à sa famille la somme de 1.210.000 francs CFA…

Du Burkina en passant par le Canada, les États-Unis, la France, la côte d’ivoire etc., vous avez été simplement exceptionnels de générosité…

Cette somme servira pour la chimio et éventuellement son opération… Si je reçois de l’argent encore cela servira à les faire manger et à assurer leur retour dans leur domicile…

Je vous remercie du fond du cœur…»

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