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Retrait de pays africains du franc CFA: la France attend des propositions concrètes

Venu à Ouagadougou pour– officiellement– renforcer la coopération interparlementaire, le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, a animé un point de presse dans les locaux de l’Assemblée nationale du Burkina Faso. C’était le jeudi 23 mars, où M. Bartolone s’est exprimé sur divers sujets dont la polémique sur fond de velléités de retrait du franc CFA.

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Le franc CFA

Pour Claude Bartolone, «il faut que l’on soit clair: la Françafrique, c’est fini». Et sa conviction à lui, c’est que «Le franc CFA, c’est une monnaie africaine». Même si le dépôt de réserves dudit franc se fait encore au Trésor public français, «la France ne les utilise pas», car «le lien qui existe entre le franc CFA et l’euro vise à garantir l’échange, à garantir la convertibilité» du premier (FCFA). En effet, seize pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest ont toujours– plus de 50 ans après l’indépendance de la presque totalité d’entre eux- l’obligation de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor public français en échange, semble-t-il, d’une garantie de stabilité entre le FCFA et l’Euro.

Et face à des velléités de plus en plus affichées relatives au retrait de cette monnaie, M. Bartolone annonce que «la France est à la disposition des pays qui ont pour monnaie commune le franc CFA pour savoir ce qu’ils veulent comme orientation monétaire et économique pour leurs pays». Précision insistante à l’appui, «comme le président François Hollande a eu l’occasion de le préciser, je le redis ici, s’il y a des propositions qui sont faites par les pays africains qui ont cette monnaie en partage, nous serons à leur disposition».

Claude Bartolone (gauche) et Salifou Diallo
Claude Bartolone (gauche) et Salifou Diallo

L’on peut donc dire que la balle est désormais dans le camp de nos pays qui se trouvent ainsi invités à soumettre à l’ancienne métropole, des propositions concrètes allant dans le sens de l’affirmation officielle de leur volonté de tourner la page du franc CFA, mais surtout dans le sens de leur appartenance à une autre monnaie relativement forte.

Dans ce sens, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré semble déjà inviter ses pairs à la réflexion. En effet, lors du cinquième Forum international Afrique développement tenu à Casablanca au Maroc, le président du Faso laissait entendre le vendredi 17 mars, que «C’est un gros défi lancé aux présidents de réfléchir pour qu’ensemble nous puissions avoir une monnaie». Et de préciser, «Je ne peux pas affirmer que cela sera fait d’ici 2020 (comme envisagé par la CEDEAO, Ndlr). Mais c’est un débat sur lequel il faut garder l’œil ouvert pour le faire à moyen terme».

Tout porte à croire que la conviction du président Kaboré est établie que «Cela nous permettra de réaffirmer notre indépendance, d’avoir une politique monétaire propre à nous et non pas attelée à une autre monnaie telle que l’Euro». Espérons que les mois et années à venir nous donnent de voir émerger la concrétisation de cette nouvelle politique monétaire gage de plus d’indépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance colonisatrice qu’est la France.

Paangui Parè

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