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Revendications sociales en 2016: et pourtant!

La période de fin d’année est celle des bilans. Les nombreuses grèves enregistrées dans les différents corps de métier de la Fonction publique ont retenu notre attention comme un fait social majeur de l’année 2016. Beaucoup a été fait par le président Roch et son gouvernement pour satisfaire les différentes doléances. Mais cela n’est pas su du grand public, faute d’une communication à propos.

Le président du Faso et son gouvernement ont la solution: Qu’ils acceptent le vrai changement. Que la justice et équité soient au rendez-vous.
Revendications tous azimuts  en 2016 certes, mais le président Roch et son gouvernement  ont aussi  beaucoup fait pour satisfaire les différentes doléances en fonction des moyens disponibles.

Cueilli à froid dès son installation par une grève des magistrats, le président Roch Marc Christian Kaboré a dû faire face à d’autres grèves durant l’année 2016. Brusquement, les travailleurs du secteur public se sont rendus compte de leurs mauvaises conditions de vie et se sont mis à revendiquer leur amélioration sans condition. Des syndicats, qui étaient aphones sous le règne de Blaise Compaoré, ont subitement trouvé de la voix. Ils ont demandé au président Kaboré de résoudre les problèmes posés par le précédent régime.
Roch a tenu bon et a même engrangé des acquis. Malheureusement, les syndicats, qui sont aptes à organiser des conférences de presse pour appeler à la grève, ne reviennent pas vers la presse pour faire le point des acquis de leur lutte une fois qu’ils sont passés à la caisse. Cependant, nous retenons quelques acquis.
Les salaires des agents de la Fonction publique ont été payés durant l’année à bonne date. Aussi, durant l’année 2016, des augmentations substantielles de salaires ont concerné presque tous les corps de métier du public.

Autant-les-grèves-sont-permises-autant-le-peuple-a-le-droit-de-comprendre-certaines-décisions-de-justice.-Il-veut-être-persuadé
Tout a commencé par la grève des magistrats

Les magistrats ont été les premiers à en bénéficier, suivis des greffiers à la faveur de l’adoption de leurs nouveaux statuts respectifs. L’incidence financière du nouveau statut des magistrats est de 2,9 milliards de FCFA.
Au cours de l’année 2016, une grande partie des agents publics de l’Etat a été reversée au même niveau que les contractuels de l’Etat dans le cadre de la loi 081. Cette mesure a été le cheval de bataille de l’Unité d’action syndicale du Burkina. La mise en œuvre de la mesure a coûté environ 20 milliards de FCFA et a permis à de nombreux agents de noter une bonification sur les salaires.
Les agents des Eaux et Forêts ont un nouveau statut. La somme d’un milliard de FCFA a été débloquée pour supporter l’incidence de ce statut. Un autre corps paramilitaire qu’est la Garde de sécurité pénitentiaire a obtenu gain de cause en cette fin d’année après une période de grève.
Les informaticiens de la Fonction publique ont également vu leur grille salariale relevée après une période de revendication sous forme de chantage. En effet, ces derniers avaient menacé de prendre en otage le paiement des salaires si leurs revendications n’étaient pas satisfaites.

... en passant par le récent sit-in puis grève du Syndicat autonome des travailleurs de l'information et de la Communication (SYNATIC)
Le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la Communication (SYNATIC)s’est aussi fait entendre comme bien d’autres

Les confrères journalistes des publics dont certains ont déjà été concernés par le reversement au même niveau que les contractuels ont été gratifiés d’une nouvelle indemnité. Une commission intergouvernementale est sur le point de répondre à une autre préoccupation des journalistes, à savoir l’élaboration des textes devant permettre le passage des médias publics en sociétés d’Etat.
Au niveau des Impôts, les manifestations ont conduit les premiers responsables à revoir le système de dotation du carburant qui avait été jugé discriminatoire par les responsables syndicaux. L’équité dans la dotation du carburant a fait de nombreux heureux.
Les enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et des chercheurs au Burkina Faso passeront à caisse incessamment. Le gouvernement a adopté les décrets d’application de la loi N°036-2016/AN du 24 décembre 2016 portant modification de la loi N°025-2016/AN du 18 mai 2010 portant régime juridique applicable aux emplois des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et des chercheurs au Burkina Faso le 28 décembre 2016. Un véritable cadeau de nouvel an 2017.
Sur le plan économique, les fournisseurs de l’Etat qui avaient leurs factures en instance de paiement depuis plus de 2 ans pour certains sont passés à la caisse. Près de 40 milliards de FCFA ont servi à cela dont 9 milliards de FCFA pour les seules factures de la période de Transition.
L’incidence financière de l’ensemble de ces mesures est grande et on peut se demander où est-ce que le gouvernement a trouvé l’argent nécessaire pour cela.

Le gouvernement a d'ailleurs initié des rencontre d'échanges et de dialogue avec les Centrales syndicales
Le gouvernement a d’ailleurs initié des rencontres d’échanges avec les Centrales syndicales aux fins de trouver des solutions

La réponse est toute simple. Au 31 décembre 2015, le budget de l’Etat était de 1 436,526 milliards de FCFA. En moins de 6 moins, le nouveau gouvernement, à travers 02 lois de finances rectificatives, a fixé le budget à 1 945,212 milliards de FCFA. Les 500 milliards de FCFA de plus dégagés en 2016 sont le fruit de la mise en œuvre des mesures de lutte contre la fraude, l’évasion fiscale et les reformes dans la gestion des finances publiques. Ces mesures ne peuvent pas plaire à tout le monde parce qu’elles empêchent à des individus de s’enrichir de manière illicite.
Malgré toutes ces mesures, les fonctionnaires burkinabè restent insatisfaits. Ils attendent mieux.
En attendant de meilleures propositions en 2017, les hommes au pouvoir, y compris les députés, doivent faire preuve d’exemplarité dans la gestion de la chose publique.
Abouga Tagnan

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