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La révolution douanière contre les commerçants et opérateurs économiques nostalgiques de la fraude

Au-delà du Plan national de développement économique et social (PNDES), le gouvernement a aujourd’hui besoin d’une forte mobilisation de ressources propres pour le financement de ses projets et programmes. C’est une question de souveraineté et de fierté nationale. En pratique, il n’y a pas mieux que le service des Douanes pour collecter les fonds nécessaires. C’est ainsi qu’à défaut d’une augmentation du volume des importations, les Douanes ont initié des réformes aux fins de maîtriser l’assiette. Ce qui n’est pas du goût de certains commerçants et opérateurs économiques nostalgiques des anciennes pratiques frauduleuses. Mécontents de ne plus gruger l’Etat comme par le passé, ils passent le temps à fustiger les stratégies mises en place et à accuser l’institution douanière d’être responsable des retards constatés dans le dédouanement de leurs marchandises. Des comportements qui n’inquiètent pas le Directeur général des Douanes, Adama Sawadogo, parce que convaincu du bien-fondé des réformes qui participent de la bonne gouvernance et de l’éthique en douane.

Adama Sawadogo, directeur général des douanes

Le vendredi 15 mai dernier, la Direction générale (DG) des Douanes du Burkina a convié la presse à son siège pour échanger sur ses nouvelles réformes dans le cadre de la collecte des recettes au profit du budget de l’Etat. L’opportunité a été saisie par le DG pour répondre à certaines questions des journalistes relatives à la résistance de certains commerçants vis-à-vis des réformes. Il a notamment fait cas de ceux qui refusent de s’adapter à l’exploitation de la plateforme électronique SYLVIE.

«SYLVIE», c’est le Système de Liaison Virtuelle pour les opérations d’Importations et d’Exportations. Il a été officiellement lancé le 16 février 2016 à Ouagadougou. Les travaux de mise en place de cette plateforme ont débuté le 20 décembre 2011.

SYLVIE est une plateforme électronique qui interconnecte toutes les administrations qui délivrent des documents aux fins de dédouanement. Elle vise à apporter plus de transparence, de fiabilité dans les statistiques et à permettre de gagner du temps ainsi qu’à réduire les coûts. Elle permet aux opérateurs économiques d’avoir tous les documents nécessaires aux formalités de dédouanement avant l’arrivée de leurs marchandises.

Un système contesté par certains commerçants

Incontestablement, SYLVIE contribue à améliorer les recouvrements. Mais comme ce système transparent oblige les commerçants et opérateurs économiques à fournir toutes les informations nécessaires aux administrations impliquées sur la plateforme, il est souvent remis en cause par ceux qui sont habitués aux anciennes pratiques frauduleuses, mais défavorables au gouvernement.

En effet, cette plateforme n’arrange pas les commerçants malhonnêtes qui, sous l’ancien système, étaient devenus incontournables, bénéficiant de tous les avantages. Habitués à la corruption qui était leur marque déposée, leur sport favori, pour faire entrer leurs produits parfois de qualité douteuse, ils sont frustrés de subir aujourd’hui, eux-aussi, le contrôle douanier. N’étant plus à même de faire leurs affaires louches pour s’en mettre plein les poches, ils crient au scandale et dénoncent la lenteur dans les procédures de dédouanement.

Entre surfacturation des uns et non-déclaration de certaines marchandises par les autres, entre intermédiaires et interventions de «bras longs», entre cupidité et enrichissement illicite de fonctionnaires corrompus, c’est bien l’Etat burkinabè qui perdait dans ce milieu de «prédateurs». La nouvelle donne est donc loin de faire l’affaire de tout ce beau monde.

Sommés de respecter les textes, tous ceux qui étaient habitués aux enrichissements illicites trouvent maintenant que «SYLVIE» engendre des coûts supplémentaires pour eux.

Incorrigibles et friands du gain facile, il ne leur reste pas d’autres choix que d’intégrer la famille des commerçants honnêtes qui respectent la législation en vigueur dans notre pays.

Théophile MONE

Encadré

LE SUIVI SATELLITAIRE ET L’UTILISATION DES SCANNERS: DES INSTRUMENTS DE CONTROLE CONTRE LA FRAUDE

Le suivi satellitaire

Selon Adama Sawadogo, DG des Douanes, tous les six corridors utilisés par le Burkina Faso sont aujourd’hui couverts par le suivi satellitaire. Mis en place depuis le 28 mai 2014, ce système permet de poser des balises sur chaque camion en transit des bureaux intérieurs compétents vers les bureaux frontières. Ainsi, à partir d’un poste de commandement, le service des douanes suit les camions sur tous ces corridors par un système de géolocalisation.

Le suivi consiste à créer un fichier ou une réalité qui dit qu’un véhicule quitte un bureau des douanes vers un autre. La création consiste à mettre les éléments de la déclaration dans une balise qui contient une puce. Les éléments de la déclaration en douane sont la valeur, le nombre de colis, la nature des marchandises. La balise est posée sur le véhicule de façon à ce qu’elle ne soit retirée. L’étape de supervision est pilotée depuis la salle de contrôle jusqu’à la destination du véhicule. Le mécanisme de suivi électronique vise à améliorer les échanges commerciaux.

Ainsi, en pratique, lorsqu’un véhicule tente de dévier de sa trajectoire normale, un signe est émis au niveau du centre de contrôle qui appelle le chauffeur pour comprendre. Si le transit se passe bien, le véhicule arrive à bon port à Ouaga. Dans ce cas, les agents de la douane procèdent au retrait de la balise et clôturent le transit.

Utilisation des scanners

Dans les deux plus grands offices, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le service des Douanes a implanté des scanners qui sont des instruments de contrôle. Ces scanners permettent aujourd’hui de lutter plus efficacement contre la fraude, notamment les fraudes par dissimulation ou des importations sans déclaration.

 

Un commentaire

  1. TRES TRES BIEN! FELICITATIONS AU MINEFID et au DG des DOUANES et ses collaborateurs.

    Maintenant, que les syndicats du Ministère mettent de l’eau dans leur vin pour ne pas vendanger ces énormes acquis pour l’Economie et la Nation Burkinabé.

    Puisses DIEU vous accompagner car la Lumière a toujours la victoire sur les Forces obscures et rétrogrades.

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