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Roch a eu son pouvoir, ça lui suffit.

Beaucoup de Burkinabè, surtout de la frange insurrectionnelle, commencent à déchanter de la manière dont le pouvoir est géré. Ou, inversement, de la manière dont le pouvoir n’est pas géré. N’en déplaise à Simon qui clame que le pays est gouverné. Le pays va dans tous les sens!

Le président du Faso saluant des populations de Bobo-Dioulasso lors de la visite des travaux de voiries urbaines

Beaucoup d’hommes politiques sont des indisciplinés! Les OSC sont politisées jusqu’à la moelle, donc il y en a d’indisciplinées en leur sein. Les syndicats ne luttent plus pour l’amélioration des conditions de vie et de travail; ils veulent des statuts particuliers et des fonds communs. Les élèves et leurs aînés étudiants sont devenus des casseurs et des cascadeurs et ont légués les mouvements de grève aux policiers. Bref, l’indiscipline a gagné la société. Tout le monde a des droits et personne n’a de devoir.

L’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé, pour emprunté à la chansonnette. Le MPP, que dis-je, Roch a suscité beaucoup d’espoirs. Malheureusement, même au sein du parti, beaucoup de militants sont désillusionnés et se plaignent de la façon dont le pouvoir est distribué. Ceux qui ont des rôles ne sont pas ceux qui ont participé au casting.

L’économie est toujours tenue par les mêmes personnes depuis Mathusalem. Personne ne parle de livrer une chasse aux sorcières mais beaucoup d’entre elles ne méritent pas de tenir le haut du pavé aujourd’hui. Elles se sont illicitement enrichies sur le dos du contribuable à qui elles ont fait payer des taxes sans être elles-mêmes redevables au fisc. Aujourd’hui, elles ont plus d’honneurs que sous Blaise Compaoré.

Certains nouveaux parvenus au sommet, au lieu de regarder d’où ils sont venus, se sont également engouffrés dans les méandres de la concussion, des pots-de-vin et du trafic d’influence pour être aussi des Crésus. On dirait que, subitement, la rivière Pactole a traversé leur cour.

Inopportunément, les magistrats, ployant sous le poids de leurs émoluments, sont engourdis et donnent l’impression d’être des amateurs ou des incompétents pour éplucher ou conduire les dossiers judiciaires. Mêmes les flagrants délits peinent à être jugés. Avec les dossiers de crimes économiques débusqués par les structures de lutte contre la corruption, les tribunaux devraient avoir du grain à moudre chaque jour. Mais pourquoi il n’en est rien?!

Roch est heureux d’avoir eu son pouvoir, il le tient, il le caresse des deux mains, tranquillos. Il sait qu’il sera réélu en 2020 sans coup férir. Alors que les Burkinabè veulent qu’il gère le pouvoir! Il faut risquer les changements qui vont concourir au rétablissement de l’Etat de droit et de la puissance publique sur le désordre et l’indiscipline ambiants. Il urge de trouver les canaux de rétablir la discipline et la cohésion au sein des Forces de défense et de sécurité. Pour plus d’efficacité, surtout en ces moments de menaces terroristes. Si les gendarmes et les policiers et les militaires doivent se regarder en chiens de faïence, il y a un problème que le politique a créé ou exacerbé.

S’il faut chaque mois changer de gouvernement, le président du Faso doit trouver les femmes et les hommes qui vont retrousser les manches pour bâtir un nouveau Faso intègre et prospère pour tous.

Zéphirin aurait assumé ses responsabilités de CFOP pour diriger la Transition en son temps que le Burkina se serait mieux porté; au lieu d’avoir laissé s’installer cette Transition que Soumane a traitée de bâtarde. Oui, bâtarde car il ne s’agissait pas d’un pouvoir démocratique mais d’un régime d’exception. Mais on a voulu faire du démocratique avec l’exception. D’où des mesurettes aventureuses et les impasses qu’on connaît aujourd’hui. Si la Transition-exception avait pris le temps de vider tous les tiroirs judiciaires car bénéficiant de pouvoirs exceptionnels, on n’en serait pas là. On n’aurait pas sur les bras des généraux qu’on peine à juger.

Il faut une véritable révolution pour mettre de l’ordre dans ce Burkina désintégré car aucun changement ne peut rapporter l’intégrité.

Les Echos du Faso

4 commentaires

  1. Voici un article qui a des couilles,il pose avec acuité la triste réalité de la gestion du pouvoir par le MPP et succédanés,,une gestion qui ne fait que décevoir les populations qui ont bravé les balles des kalachs pour chasser Blaise,pourtant quelqu’un m’avait dit que les Echos du faso est un journal inféodé au pouvoir du MPP.je viens de me rendre compte qu’il n’en était rien,continuer sur cette lancée d’être l’échos des populations,c’est ça la vérité.

  2. Depuis plus d’une année, j’avais commencé à comprendre l’attitude de Blaise envers son ancien dauphin Rock. Nous savons tous qu’il n’avait pas une estime particulière pour le Rocko en matière de gestion du pouvoir. trop lisse pour un pays qui a besoin d’être dirigé. Le burkinabé est pacifique, mais intrinsèquement fort. une force qu’il faut savoir canaliser pour ne pas qu’elle génère des effets inverses. C’est vrai que lui même Blaise n’est pas un exemple, parce que l’intelligence, le patriotisme et la stratégie aurait été de faire monter des cadres capables de prendre hautement sa relève et cela très tôt depuis les années 2000.
    En ce qui concerne les magnats et les pratiques qui n’ont pas cessés loin de là, il ne faut pas oublier que le Rocko était la personne qui gérait cet aspect de la politique dans les années 90 à 2000. Il était le parrain des opérateurs économiques ou dans tous les cas était celui qui arbitrait. Cela avant que François ne mette dans la danse de manière sauvage et pour leur enlever leur pilier économiques.
    le problème avec Rock, c’est qu’on n’arrive pas à avoir de l’animosité pour lui malgré ses grands défauts. il y a également le régionalisme qui joue en sa faveur, ne soyons pas naif. On ne gère pas un pays en arrondissant les angles ou en faisant du copinage. Il travaille peut être beaucoup, mais sa vision et sa manière n’est pas à la hauteur. Du fait de son parcours politique et professionnel très lisse, il se contente de peu de choses alors que le pays a besoin de beaucoup plus que ce qu’il fait.
    Le déterminant devait être le choix du 1er ministre et du gouvernement au delà de la personne du président.
    Bref, il est encore temps pour rebondir.
    Que Dieu bénisse notre pays.

  3. Très bon article qui sonne comme un éditorial de grand journal avant-gardiste! C’est cela que les Burkinabè veulent pour se dire que les choses changent. J’ajoute que ce qui risque de brûler les ailes de RMCK et son équipe d’anciens et joyeux lurons, c’est de ne pas tenir compte des critiques constructives, exactement comme Blaise. Ce n’est pas étonnant, de toutes les façons, pour des personnes qui ont baigné dans la même sauce et cuit de manière égale. Mais, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut savoir que ce ne serait plus dans 28 ans et 15 jours que les gens pourraient s’énerver encore!

  4. Citoyen Burkinabè

    Avec tout ce qu’on peut penser de ces réactions il faut, à mon humble avis, savoir rendre grâce à Rock qui abat un travail remarquable malgré l’adversité tout azimut du contexte post-insurrectionnel.
    Quel que soit celui qui arrivait au pouvoir dans les conditions actuelles, il aurait forcément eu des problèmes.
    Le contexte en lui-même nécessitait une austérité à toute épreuve au moins pour les dix prochaines années, pour sortir de l’ornière. Le Rwanda post-génocidaire de Paul Kagamé l’a bien compris et aujourd’hui, il récolte les fruits en bien au point d’être cité comme une référence de développement humain durable à l’échelle planétaire.
    Que constate-t-on dans le Burkina d’aujourd’hui?
    – Les terroristes attaquent régulièrement notre pays et de façon lâche et barbare;
    – Au nom d’une prétendue liberté d’expression (la liberté d’expression est droit, entendons nous bien), certains burkinabè réclament surtout la liberté de désordre;
    – Tout le monde réclame le changement mais personne ne veut changer et l’incivisme de la jeunesse est désespérant;
    – des gens réclament tout et son contraire, tout de suite et maintenant;
    – Les syndicalistes sont presque au bord de l’aveuglement, au point de devenir les principaux fossoyeurs de l’économie nationale (75 jours de grèves dans l’administration financière,en une année, pour réclamer des des fonds communs, est impensable), avec des mouvements sociaux fantaisistes récurrents et des réclamations salariales irréalistes pour notre budget national. Finalement ils ont le même impact sur l’économie nationale que l’action des terroristes, ce qui est regrettable;
    – On a du mal a distinguer certains syndicalistes d’officines politiques occultes;
    – On en arrive à se demander ce que veulent finalement les burkinabè;
    – etc.

    Il n’est pas dit que c’est Rock seul qui doit construire et développer ce pays, parce qu’il est élu président du Faso. Le voudrait-il que sa seule volonté n’y suffirait point.
    Chacun doit apporter sa pierre à la construction de la nation, mais dans la discipline;
    Tous ceux qui ont la critique facile aujourd’hui ne feraient certainement pas mieux que lui, s’ils étaient aux affaires à la place de Rock. La preuve est que des syndicalistes avaient été appelés, sous la transition, pour apporter leur contribution au développement du pays à travers la gestion d’un portefeuille ministériel, mais ils ont préféré décliner l’appel et pousser la perfidie jusqu’à confier à leurs camarades dans les coulisses, qu’ils préféraient rester dans la critique (facile) plutôt que d’assumer la responsabilité d’un ministère et courir le risque d’être rapidement discrédité. Il y a quelque chose qui n’est pas vraiment honnête dans cette posture.

    On doit laisser Rock faire ce qu’il peut pour le pays. Si on peut l’aider, tant mieux, dans le cas contraire, il faut au moins le laisser tranquille. Quand d’autres détruisent pendant que tu construis, tu finiras par baisser les bras, c’est bien humain: lorsque l’utilité marginale de ton effort n’est plus visible, autant se reposer. Les burkinabè doivent savoir ce qu’ils veulent: construire ou détruire ce pays et y aller franchement sans se cacher dans des postures inavouables. La survie de la nation est à ce prix, mais sincèrement à l’allure où vont les choses, il n’y a pas lieu d’être serin pour l’avenir de ce pays et c’est bien dommage.
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