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Roch peut-il être «tranquilos» avec Simon?

Après la fameuse expression «point barre» de feu Salifou Diallo, ci-devant président de l’Assemblée nationale, revoilà le seul ministre d’Etat qui nous est créant une autre expression sorte de pidgin espagnol: «Vous pouvez rester tranquilos». Si c’était expression venait tout juste après la neutralisation préventive de terroristes, on allait sauter de joie, lancer un rot bien retentissant pour exprimer notre joie tout en disant bravo aux FDS et à leur ministre, Simon Compaoré.

Simon Compaoré, gilet pare-balles, AK47 à la main, invitant la famille à rester  »tranquilos »

Hélas, mille fois hélas, cette expression est tombée au domicile d’un député frondeur de l’UPC qui est menacé par des militants qui veulent lui arracher son mandat par la force. Que la police ou la gendarmerie intervienne dans un tel cas est tout à fait normal. Mais voir le ministre de la Sécurité himself, AK47 au poing, gilet pare-balles bien ajusté comme Rambo dans la jungle vietnamienne, cela relève des films d’action américains.

Or donc ce n’était pas de la fiction car le ministre affirme clairement «quand vous me regardez ai-je l’air d’un plaisantin?» Le mot est lâché et confirme bien que ce n’était pas du jeu mais bien Simon Compaoré sur le terrain.

Il y a là un gros problème: un responsable de département ministériel doit être un manager, il donne du travail à ses subordonnés qui l’exécutent selon le plan préétabli. Il n’a pas besoin de faire leur travail à leur place. La confiance doit régner.

A la mairie de Ouaga, Simon était au four et au moulin. On l’a vu plusieurs fois en train de faire déguerpir des étalagistes aux abords des grandes artères mais un ministre, de surcroit de la Sécurité, ne peut et ne doit pas vouloir être plus flic que les flics. Simon a dit à la famille du député UPC de rester «tranquilos»; elle le peut mais le président du Faso, lui, doit se faire un sang d’encre depuis la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo de son ministre d’Etat.

Roch peut-il rester «tranquilos», surtout que cet acte est pris comme l’eau qui fait déborder le vase et emporte un collègue (Tahirou Barry) du gouvernement? Non! A notre avis et comme l’occasion fait le larron, il vient de donner la chicotte qui doit permettre de le chicoter dans le sens de le faire quitter illico presto le gouvernement. La plaisanterie a assez duré.

Ce Burkina post insurrection sous la menace permanente des attaques terroristes n’a pas besoin d’un ministre bouffon. Simon vient de donner une occasion en or sur un plateau d’argent au président du Faso de se débarrasser de lui en tant que membre du gouvernement. Si le PF n’y croit pas ou bien que le faire serait comme cautionner les desiderata des militants UPC, eh bien qu’il fasse une enquête d’opinion, il comprendra l’amertume des Burkinabè face aux bouffonneries de son ministre d’Etat. L’acte est si grave que Simon aurait dû prendre les devants, en tentant un démenti, si cela était un montage. Il ne l’a pas fait, il a laissé la toile s’enflammer et l’enflammer, donc c’est vrai.

En 2014, l’on se souvient que la société civile avait contraint l’ancien procureur Adama Sagnon à la démission à cause de son traitement de l’affaire Zongo. Il avait justifié sa démission en invoquant «l’intérêt supérieur de la Nation». Il a également cité «la cohésion sociale» au sein du ministère dont il avait la charge et la «solidarité gouvernementale».

Les Echos du Faso

Un commentaire

  1. Tahirou Barry a bien lynché Simon en le traitant de COW BOY désespéré!

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