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Roch dans les starting-blocks: heurs et malheurs d’un président-candidat!

Ceux qui en doutaient sont maintenant situés depuis l’interview télé du président Roch. Il a annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle prochaine. Du coup, branle-bas de combat ici et là. Le Burkina est dirigé par un président-candidat à sa propre succession.

Pour en avoir le cœur net, moi Mounafica j’ai rencontré des férus de la chose politique. Eux tous estiment que, de prime abord, il n’y a rien de mal à ce que le président en exercice déclare sa candidature, surtout que la Constitution lui en donne le droit. Il a droit à deux mandats successifs et il ne tient qu’à lui de les briguer ou pas.

Pour l’un des analystes, cela comporte des avantages pour le pays, car en tant que président-candidat, Roch se met à lui-même la pression. Il faut gérer le quotidien et travailler à mobiliser les populations pour le prochain mandat. Là, a dit mon interlocuteur, «ce n’est pas un cadeau, loin de là». Les conséquences directes vont se faire sentir rapidement dans la gestion des affaires publiques. C’est-à-dire, a-t-il expliqué, que les membres du gouvernement sont obligés d’aller au charbon. Et très vite, ce qu’on a toujours reproché au président Roch, à savoir son silence ou sa lenteur dans l’utilisation du bâton, va changer.

On verra, a assuré l’analyste, des ministres qui seront sanctionnés par rapport à leur gestion, des pilleurs de deniers publics vont se retrouver dans les mains de la gendarmerie ou de la police. En un mot, les choses vont bouger au bonheur des populations. Le Burkina sera plus que jamais en chantier, des écoles par-ci, des centres de santé par-là, des routes, des ponts avec à la clé du travail à haute intensité de main-d’œuvre.

A contrario, cette annonce ne va aucunement faire l’affaire de l’opposition et c’est pour ça d’ailleurs qu’elle s’en plaint. Car un président-candidat dans la gestion de l’Etat reste toujours en campagne. Cela lui donne une longueur d’avance sur les autres. Chaque action sera utilisée pour démontrer aux populations qu’il faut renouveler le contrat afin de permettre au président-candidat de terminer les chantiers lancés.

Avec une pointe d’humour, l’analyste a ouvert une parenthèse sur la fameuse déclaration de l’ex-président du Niger, Mamadou Tandja, qui demandait une prolongation exceptionnelle pour «terminer les chantiers». Or, dans le cas de Roch, le renouvellement de la confiance des populations n’est pas exceptionnel, il en a le droit.

De l’avis des analystes, il faut avouer que l’annonce de la candidature de Roch a été un grand coup de massue derrière la nuque de l’opposition, car certains nourrissaient le secret espoir de voir Roch faire comme François Hollande: un seul mandat et il s’en va. Dans la mesure où il aura vécu la présidence du Faso la plus corsée, la plus difficile de toutes les magistratures suprêmes. Ce que Roch a vécu à la tête de l’Etat en deux ans dépasse de loin les angoisses, les craintes, les inquiétudes qu’a vécues Blaise Compaoré après l’assassinat de Thomas Sankara.

De son installation à ce jour, il n’aura pas connu de répit. Si les terroristes n’attaquent pas, la fronde sociale gronde ou bien même le tout en même temps. Une telle situation peut effectivement pousser un président, même animé de bonne volonté, à jeter l’éponge. Car c’est vraiment dur, dur. Et comme on prête à Roch cette attitude d’enfant né avec une cuillère d’argent dans la main, alors face aux difficultés, beaucoup d’enfants dans cette situation abandonnent. Mais voilà que Roch a surpris tout le monde, il veut continuer, même si c’est dur.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

Un commentaire

  1. Du courage au président Rock KABORE. Mais il devrait redoubler d’efforts dans la gouvernance économique et judiciaire. les attentes sont fortes à ces deux niveaux.

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