Rosi et Mao ont chacun un gros cœur - Les échos du Faso
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Rosi et Mao ont chacun un gros cœur

Lorsque le journal a parlé de la crise aigüe qui oppose les syndicats au pouvoir et que la classe politique et la société en général auraient tort de regarder faire, certains lecteurs lui ont décoché des flèches. Pourtant, dans cette impasse, si quelqu’un n’intervient pas, le pays coure vers la ruine. Nè Wendé!

«Conscient de la situation nationale et surtout des conséquences très préjudiciables que le maintien du mouvement pourrait créer, le SYNAFI suspend le présent mouvement et invite l’ensemble des militants à reprendre le travail pour compter de ce jour 14 mars 2017». C’est ce qu’a déclaré Mohamed Savadogo, le SG Synafi. Ça, c’était déjà en 2017. C’est la preuve que les ‘’financiers’’ n’ont pas une pierre à la place du cœur et peuvent fléchir quand l’intérêt national est menacé. Nè Wendé!

C’est l’idée que le Médiateur du Faso a aussi eu, et Saran a noué son pagne et bien fixé son foulard pour tenter de rapprocher les positions. Vivement qu’elle parvienne à faire s’embrasser Rosi et Mao. Le jour où Rosi va prendre Mao par la main, vous verrez que la grève va s’arrêter net. Et c’est ce que je souhaite que Saran réussisse à faire. Nè Wendé!

Chacun des deux a gros cœur et personne ne veut tomber pour l’autre. D’où cette bagarre sans fin. C’est une guerre des égos quoi. Nè Wendé!

Dans nos pays sous-développés, on ne peut pas faire grève pendant deux semaines voire plus. La vie du pays est accrochée à l’action du gouvernement qui doit chaque jour débourser de l’argent pour subvenir aux besoins des travailleurs et des populations. Nè Wendé!

Ailleurs, chez les Blancs, les fonctionnaires peuvent aller en grève pendant longtemps, cela n’affectera pas tant la vie de la république, la décentralisation ayant réglé les questions primaires. Les communes, les régions peuvent fonctionner sans l’aide du gouvernement. Ici, ce n’est pas possible. Nè Wendé!

Les fonctionnaires attendent le ‘’viim koeega’’ le 25 du mois pour aller payer le loyer et satisfaire les autres chapitres de consommation du ménage. C’est ainsi que la vendeuse de condiments et le commerçant aussi font des recettes et que l’Etat prélève des taxes qui vont alimenter le Budget national et payer le’’viim koeega’’. Nè Wendé!

Vous-mêmes regardez ce que le gouvernement a fait au cours de ces derniers mois seulement. C’est visible sur le terrain mais les parents de Zèphrin peuvent ne pas voir car malvoyants. Mais ils sentent et entendent dire. Bien sûr que ce n’est pas suffisant, tant les priorités se bousculent. Nè Wendé!

Les villes de Ouaga et de Bobo sont en train de changer de visage à travers les rues et les voiries construites ou refaites. Le pays est en phase de désenclavement, avec le bitumage ou la réfection de nombreux axes routiers et l’ouverture de pistes rurales. Les Samos vont même gagner goudron. Nè Wendé!

Pour faire face au déficit céréalier causé par la mauvaise pluviométrie qui met de nombreux Burkinabè en situation famine inévitable, le gouvernement a pris des mesures fortes pour la disponibilité de céréales à prix social et pour leur distribution gratuites aux personnes vulnérables. Si des ‘’coupeurs de routes’’ n’interviennent pas pour détourner ces aides, les populations vont moins ressentir la famine. Nè Wendé!

Parallèlement, des intrants et des semences améliorées sont mis à la disposition des agriculteurs. Rien que le samedi dernier, le Premier ministre leur a remis du matériel et d’intrants d’une valeur de plus de 16 milliards de FCFA à Tiakané, là où l’explorateur Binger a passé la nuit un jour. Nè Wendé!

Le mois dernier, ce sont 16 autres milliards qui ont été déboursés au bénéfice de la filière cotonnière pour solder les impayés causés par la baisse des rendements dans la zone Sofitex. Une partie a été utilisée pour atténuer les coûts des intrants. Nè Wendé!

Donc, si les Mao, les Kadiogo, les Greg, les collecteurs des recettes, n’avaient pas travaillé, comment le gouvernement pouvait-il ainsi venir en aide à ces populations à coups de centaines de milliards?! Il faut donc mettre de l’eau dans le dolo pour voir clair la grande masse devant. Nè Wendé!

Si ce pays pauvre arrive extraordinairement depuis toujours à payer les salaires régulièrement et à bonne date, c’est déjà une bonne chose. Un ‘’perdiem’’ régulier vaut mieux qu’un salaire consistant qu’on empoche tous les trimestres comme si c’était une pension. C’est pourquoi, le gouvernement ne peut pas solder toutes les revendications et revalorisations salariales en même temps, au risque que, touchons du bois, les fins de mois s’étirent. Chose jamais vue depuis la Haute-Volta jusqu’au Burkina Faso. Nè Wendé!

Si Saran arrive à ramener l’amour entre Rosi et ses partenaires sociaux, moi Nè Wendé je n’ai pas de fonds commun mais je vais financer la réconciliation autour de quelques poulets flambés et de Brakina new-look. Ce sera aussi ma contribution pour le retour de la paix et de la confiance entre collaborateurs. Et Mao pourra chanter cet air de réconciliation. Nè Wendé!

«Rosi, tout est blanc

Tes yeux m’éclairent

De t’avoir eue un instant, j’étais tellement fier

Tout ce qu’il me reste à présent

L’envie de tout foutre en l’air

Et de… reprendre le boulot

Rosi» Nè Wendé!

La langue et les dents se bagarrent chaque jour mais elles se mettent ensemble pour broyer les morceaux de viande qui se hasardent dans la bouche. Nè Wendé!

Un commentaire

  1. Bel article,quel plaisir de lire!!!seuleemnt il fallait tordre le coup au refrain de la chanson Rosy,en disant’tout ce qui me reste à présent,l’envie de mettre fin à la grève sit_in’ et non ‘tout foutre en l’air

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