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Rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et Taïwan: «Le Burkina sait ce qu’il perd mais il ne sait pas ce qu’il gagne», dixit Nicolas Compaoré de l’Association d’amitié avec Taïwan

Après 24 ans d’une coopération fructueuse, les résultats sont jugés insuffisants par le Burkina Faso

En attendant de revenir avec Ablassé Ouédraogo, le ‘’père’’ des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République de Chine à Taïwan, qui va également donner ses impressions sur ce ‘’tsunami’’ diplomatique, nous vous donnons la réaction du président de l’Association d’amitié Burkina Faso/Taïwan, Nicolas Compaoré. Joint au téléphone après l’annonce officielle, il a tout simplement résumé sa réaction à cette phrase: «Le Burkina sait ce qu’il perd, il ne sait pas ce qu’il gagne».

Effectivement, en attendant que les relations entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine soient rétablies officiellement et que les grands traits de cette coopération soient dévoilés, le pays sait ce qu’il a gagné avec Taïwan et ce qu’il allait encore gagner avec l’ancienne île de Formose. On se rappelle que l’amitié entre Burkinabè et Taïwanais est née au lendemain de la dévaluation du franc CFA en janvier 2014. A l’époque, la diplomatie burkinabè était dirigée par Ablassé Ouédraogo qui a ressassé aux Burkinabè «la diplomatie du développement». L’essentiel de la coopération avec Taïwan a donc été concentrée dans ce qui, au départ, a été appelé les Engagements du président du Faso pris au Stade du 4-Août le 2 juin 1994 lors du meeting sur la production. Plus tard, ces engagements du Président Compaoré sont devenus ceux de toute la Nation, d’où l’appellation Engagements nationaux. Il y en a six qui se déclinent ainsi qu’il suit:

  • La sauvegarde de l’environnement et la lutte contre la désertification (Front de terre, Gomme arabique);
  • L’accroissement de la production agropastorale (Bagré Pôle);
  • L’organisation et l’appui au secteur informel et à l’artisanat (FASI);
  • Le soutien aux activités productrices des femmes (FAARF);
  • Le développement des petites et moyennes entreprises (FAPE);
  • L’élévation du niveau général des connaissances et le développement du sport et des activités culturelles (Palais des Sports, Monument au Héros nationaux, les maisons des jeunes…).

Les éléments entre parenthèses sont des exemples de chaque volet. D’autres projets comme la formation professionnelle et l’auto emploie des jeunes ont été initiés à travers la construction des centres d’enseignement techniques, le centre d’excellence, le projet construction de CSPS , CEG, maisons de jeunes et, tout récemment, la coopération militaire, sont venus se greffer à cette fondation. La liste n’est pas exhaustive. Le jour même de la rupture de ces relations, l’ambassade de Taïwan a procédé à la remise de matériels techniques au CENASA. Immédiatement après l’annonce officielle de cette rupture, le ministre des Affaires étrangères de Taïwan a rendu sa démission, estimant qu’il était responsable de cette décision. Avec le départ du Burkina Faso, seul le Swaziland entretient des relations diplomatiques avec la République de Chine à Taïwan en Afrique.

Hidogo

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