Accueil » Politique » Saccage des domiciles des conseillers municipaux: «Nous n’avons pas fait l’école des machettes», dixit Rabi Yaméogo de l’UPC

Saccage des domiciles des conseillers municipaux: «Nous n’avons pas fait l’école des machettes», dixit Rabi Yaméogo de l’UPC

La section de l’Union pour le changement (UPC) Kadiogo a condamné sans réserve l’attaque contre les domiciles et bien privés des conseillers municipaux de l’arrondissement 8 et a invité le ministre de l’Administration territoriale à prendre ses responsabilités face au désordre inédit qui prend place dans les communes. C’était au cours d’une conférence de presse animée le jeudi 8 décembre 2016 à Ouagadougou.

Rabi Yaméogo a invité le ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation à prendre ses responsabilités
Rabi Yaméogo a invité le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation à prendre ses responsabilités

«Rien au monde ne peut justifier le saccage du domicile d’un élu parce qu’il a osé exprimer sa liberté», a martelé le correspondant de l’UPC Kadiogo, Rabi Yamego qui a condamné cet acte.

Pour lui, le «feu» est devenu une arme de guerre au Burkina. Pire, il devenu une école. «L’UPC n’a pas fait cette école du feu. Nous n’avons pas appris à nos éléments à utiliser le feu, nous n’avons pas fait l’école des machettes, donc nous ne pouvons pas accepter que des gens viennent nous imposer ça», a-t-il fustigé tout en faisant remarquer qu’ils ont donné l’information à leurs militants de ne pas être des militants «voyous, sauvages, de ne jamais brûler, ni saccager la maison de quelqu’un». Si l’UPC qui est un parti de liberté et qui défend les valeurs démocratiques, selon Rabi Yaméogo, laisse faire, «nos enfants vont l’utiliser comme un outil de travail et on va dire qu’il y a l’incivisme», a-t-il dit. M. Yaméogo a aussi constaté avec regret, le fait qu’aucune sanction pénale n’ait été prononcée contre les auteurs de ces pratiques. Il a donc invité les responsables du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) à aller au-delà des discours et gestes populistes pour éduquer ses militants à la démocratie. «Cette manière sauvage et rétrograde de faire la politique au Burkina doit cesser», a dit M. Yaméogo qui a prévenu que l’UPC veillera à ce que tous les auteurs de ces actes soient interpellés et sanctionnés.

Stéphane Bayala, conseiller municipal de l'UPC
Stéphane Bayala, conseiller municipal de l’UPC

Le conseiller municipal de l’UPC, Stéphane Bayala, qui a été victime de ces saccages a déploré le fait qu’il ait été pris pour cible uniquement parce qu’il a dit «non». Pour lui, ce qui a prévalu au choix des conseillers municipaux en la personne de Mahamadi Zongo est dû au fait que ce dernier est bien instruit et n’avait jamais siégé dans un conseil. «Il a un master en GRH, professeur de français, intendant scolaire et on s’est dit qu’il avait la capacité pour mieux conduire la mairie», a révélé Stéphane Bayala.

Mais après avoir constaté des insuffisances dans sa gestion et après avoir tenté en vain de le raisonner, M. Bayala a indiqué qu’il a accepté de signer la motion pour sa destitution. «J’avais dit oui à M. Mahamadi, on n’a pas saccagé mon domicile. Aujourd’hui que je lui dis non, je vois mon domicile saccagé», a-t-il dénoncé tout en souhaitant que justice soit rendue.

Madina Belemviré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *