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La sagesse gagne le cœur de nos hommes politiques

Le président du Faso en séance de travail avec les dirigeants des partis politiques de l’opposition politique en compagnie du président de la CENI et des ministres de tutelle technique

Ces sept derniers jours ont été riches en enseignements au Burkina sur le plan politique. En dehors d’Eddie Komboïgo qui lançait des piques à qui veut l’entendre, le climat était à l’apaisement. Mais il faut le comprendre, il est en campagne politique pour s’assurer la tête du CDP. Et la rencontre de ce jeudi du président du Faso avec une délégation de l’opposition conduite par le Chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, est à saluer. Avant ce rendez-vous dont nous ne savions rien de son ordre du jour, nous nous disions que les conclusions de cette réunion sont attendues avec beaucoup d’espoir. Puis, le compte-rendu est tombé en début d’après-midi: «Les discussions, qui se sont déroulées dans un climat cordial et constructif, ont porté sur des questions d’intérêt national, notamment la procédure d’adoption de la nouvelle Constitution, le code électoral et l’opérationnalisation du vote des Burkinabè à l’étranger».

En réalité, le président Roch Marc Christian Kaboré aurait dû saisir l’opportunité que lui offrait son challenger, Zéphirin Diabré, au soir du 15 novembre, qui était venu, avant même la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle, lui présenter ses félicitations, reconnaissant de fait sa défaite. Il aurait, par politesse africaine, pu lui proposer un bout du pouvoir car, en réalité, son élection était une victoire de tous les insurgés qui voulaient voir tournée la page des années Compaoré & Co.

Il aurait été simplement stratégique d’inviter les autres forces combattantes à la gestion du pouvoir, à l’exception de Ablassé Ouédraogo qui avait déposé un recours pour l’annulation de la candidature de Roch Kaboré. Bien sûr, ce n’aurait été qu’une invitation de politesse, comme on sait le faire en Afrique: tu invites tout en sachant que la personne va décliner l’offre. Mais elle ne pourra pas dire après que tu es égoïste, que tu n’as pas eu de considération pour elle et que tes problèmes sont tes oignons. Aujourd’hui, on se rend compte que ç’aurait été utile. Il y aurait eu une union sacrée des partis politiques contre le terrorisme et les revendications intempestives des syndicats. Mais il n’est jamais tard de commencer est un adage bien de chez nous et l’essentiel est de commencer.

Et ce commencement a été, de notre avis, entamé par l’honorable Juliette Bonkoungou (respect à cette dame de sagesse) qui, après le discours laborieux du Premier ministre prononcé à l’Assemblée nationale sur la situation de la Nation, a reconnu la volonté de l’homme de vouloir le bien pour ce pays. Pourtant, tout concourait à lui donner le loisir de voler dans les plumes du Premier ministre. Elle a joué balle à terre, en créditant Paul Kaba de volontariste. Son discours tranchait avec les flammes que le président de son parti, le CDP, lançait par monts et par vaux.

Puis l’on apprend que c’est le président de l’Assemblée nationale qui se déplace au siège du chef de file de l’opposition politique pour présenter ses hommages au premier responsable. Même si Zéphirin Diabré l’opposant a été l’enseignant du tenant du perchoir Sakandé, c’est une marque de considération qu’on ne voit pas partout. C’est le signe d’un respect qui peut créer la confiance et participer à instaurer une accalmie sur le front politique et social. Le pays en a besoin, en ces moments de menace terroriste.

Dans la foulée de cette audience, le chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, a annoncé qu’il conduit, ce jeudi, une délégation à Kosyam pour des entretiens avec le chef de l’Etat. Le Burkina a besoin de tous ses fils et instaurer un dialogue entre eux, entre forces politiques antagonistes, pour trouver des solutions aux grands maux n’est pas un aveu d’échec du pouvoir.

Le contenu de la rencontre est connu. Le vote de la nouvelle Constitution, le code électoral et le vote de nos compatriotes vivant à l’étranger sont des sujets qui ne doivent pas impliquer qu’un seul parti politique. Ce sont des questions nationales qui recommandent une large concertation.

Il faut espérer que ce dialogue entamé entre le président du Faso et l’opposition politique débouche également sur des ébauches de solutions pour véritablement instaurer l’ordre et la discipline dans le pays. Après tout, si ces conditions ne sont pas réunies, celui qui succédera à Roch aura encore plus de difficultés pour gouverner. Donc, il faut savoir s’opposer en déblayant le terrain pour soi-même au cas où, comme il n’est plus possible pour un seul individu de régner sur le Faso.

Les Echos du Faso

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