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Santé: le Syndicat des médecins remet un mémorandum d’avertissement au gouvernement

A l’issue d’une Assemblée générale, le Syndicat des médecins du Burkina (SYMEB) a estimé nécessaire de mettre le gouvernement face à ses responsabilités. Dans un mémorandum qu’il a remis lundi au secrétaire général du ministère de la Santé, il a invité le gouvernement à mener des réformes pour les hôpitaux non seulement le cadre organisationnel, le fonctionnement, mais des réformes sur la gestion des ressources humaines.

Le SG du SYMEB, Alfred Ouédraogo

Cela fait plus d’une année que le SYMEB a soumis ses doléances au gouvernement dans une plateforme revendicative. Las d’attendre une réponse favorable à cette plateforme, il a tenu une Assemblée générale le 7 octobre dernier au cours de laquelle il a décidé de remettre un mémorandum d’avertissement au gouvernement. Pour le SG, Alfred Ouédraogo, les médecins sont attachés à cette plateforme.

Les hommes en blouse blanche mobilisés pour la satisfaction de leur plateforme revendicative

Le domaine de la santé, renseigne le SG du Symeb, Alfred Ouédraogo, est très sensible et en tant que médecins, «nous faisons la prévention des maladies». C’est donc pour éviter de se retrouver au stade du curatif où «nous devrions soigner à travers des actions énergiques que nous avons remis ce mémorandum qui vaut piqûre de rappel au gouvernement afin qu’il prenne la mesure de l’ampleur de la dégradation dans le système de santé en ce qui concerne les ressources humaines».

Si les négociations n’aboutissent pas à un compromis acceptable pour l’ensemble des agents de santé d’ici quelques semaines, foi du SG, «nous nous réservons le droit de mener des actions à notre corps défendant et il n’est pas exclu qu’on fasse une grève illimitée».

Entre autres revendications, le SYMEB exige une bonne gestion des ressources humaines dans les hôpitaux. Pour Alfred Ouédraogo, pendant que des malades meurent, à cause d’une lourdeur administrative, des médecins recrutés depuis décembre 2016, ne sont toujours pas mandatés. «Nous ne demandons pas quarante milliards pour huit mille agents, nous demandons moins, pour vingt quatre mille agents, pour que le citoyen lambda puisse avoir des soins de qualité», a-t-il dit.

Le SG du ministère de la Santé, Robert Kargougou, a reçu le mémorandum. Il a promis de le remettre à qui de droit

Aussi, le Burkina a un sérieux problème de médecin spécialiste. En dehors de Ouagadougou et de Bobo, il n’y a carrément pas de spécialiste, dans une moindre mesure à Ouahigouya, à cause du Centre hospitalier universitaire. Pourtant le gouvernement a octroyé une quarantaine de bourses de spécialisation, mais n’y a pas eu de preneur. De l’avis de Alfred Ouédraogo, ce n’est pas parce que les médecins ne veulent pas se spécialiser. Mais c’est parce qu’ils ne voient pas la pertinence d’aller se spécialiser pour se retrouver avec une charge de travail plus élevée et aussi dans des conditions de paupérisation extrême. «Imaginez qu’après huit ans d’études, on vous demande d’aller vous spécialiser encore cinq ou huit ans et qu’après cette spécialisation vous n’avez que seize mille francs sur votre salaire. C’est indécent, à la limite insultant», a martelé le SG du SYMEB invitant le gouvernement à corriger cette injustice. Au-delà de cet élément de motivation, «nous estimions qu’il faut reformer les hôpitaux pour qu’ils ne constituent pas des mouroirs, mais plutôt des creusets où on peut venir se soigner et repartir chez soi».

En plus de ces points, le SYMEB exige la création d’une agence d’accréditation des hôpitaux, l’application des textes en matière d’exercice de la profession privée par les professionnels de la santé…

Quelque soit le dilatoire qui doit s’opérer, le SYMEB a mis en garde un certain nombre de sectoriel. «Ces techniciens doivent savoir que l’Etat nous appartient tous et qu’à partir du moment où nous participons tous à la richesse nationale, il faut redistribuer cette richesse à tous les agents y compris les médecins», a soutenu le SG.

Prenant acte de la déclaration, le SG du ministère de la Santé, Robert Kargougou, a rassuré le syndicat que des dispositions nécessaires et diligentes seront prises pour la transmission de son mémorandum à qui de droit.

Madina Belemviré

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