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Sécurité et médias: «Chaque fois que vous expliquez l’action, vous faites un peu le travail des terroristes», dixit Capitaine Yé

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a organisé vendredi une session de formation au profit des journalistes de la région du Centre. S’inscrivant dans le cadre du programme d’urgence lancé le 21 avril dernier par le CSC, la police des médias veut à travers cette formation, renforcer les capacités des journalistes pour un meilleur traitement de l’information dans un contexte marqué par des attaques terroristes.

Les Forces de défense et de sécurité ont invité les journalistes à ne pas faire l’apologie des terroristes

Le traitement de l’information liée au terrorisme impose des réflexions continues tant les pratiques des terroristes et les législations évoluent. De façon inconsciente, les médias contribuent souvent à donner du crédit à ces «hommes sans foi ni loi». C’est donc dans le but de faire connaître aux participants les règles régissant le secteur de la communication, les sanctions rattachées aux différents manquements dans le secteur, les notions d’information à caractère stratégique et le secret militaire, et l’interaction entre médias, religion et terrorisme que le Conseil supérieur de la communication (CSC) a initié cette session de formation.

«Les médias jouent un rôle important en matière d’information, de sensibilisation et de formation des citoyens. Pour éviter les dérives pouvant occasionner une cascade de nuisances à notre Nation, il est bien indiqué que les acteurs des médias maîtrisent les instruments juridiques qui encadrent le secteur de la communication et s’approprient les techniques de traitement de l’information dans un contexte aussi sensible que celui des attaques terroristes», a déclaré le Vice-président du CSC, Jean De Dieu Vokouma.

Au cours des échanges, les Forces de défense et de sécurité ont surtout insisté sur le traitement des informations en période de crise. A ce sujet, le capitaine Bertrand Dakissaga, de la Direction de la Communication et des relations publiques des Armées, a fait remarquer qu’une information mal utilisée peut causer de lourdes conséquences, non seulement pour les concitoyens, mais aussi pour les hommes engagés pour la sécurité du pays. «On ne peut pas gagner la guerre sans gagner la bataille de l’information. Nous sommes parfaitement d’accord pour la liberté d’expression, mais cette liberté ne doit pas non plus constituer un frein pour la sécurité du pays», a-t-il soutenu.

Directeur de la Communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale, le capitaine Guy Hervé Yé a aussi invité les hommes de médias à éviter de faire l’apologie des terroristes. «Chaque fois que vous expliquez l’action, vous faites un peu le travail des terroristes», a-t-il fait remarquer tout en insistant sur la non nécessité de leur tendre le micro.

A propos des difficultés d’accès aux informations sécuritaires auprès des sources sécuritaires, le capitaine Yé a révélé que «Des raisons objectives nous empêchent de donner un certain nombre d’informations. Nous sommes tenus généralement par le secret de défense, d’instruction et nous devons protéger tous les citoyens, y compris tout naturellement les journalistes».

Pour être rassurant, il a invité les journalistes à la collaboration. «Ne nous voyez pas comme des rivaux. Venez fréquemment vers nous. Nous sommes là pour vous».

Madina Belemviré

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