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Sexualité: le mystère des femmes fontaines

La femme qualifiée de «fontaine» est celle-là qui émet, lors de l’acte sexuel, une quantité importante de liquide. Si les uns y voient le témoignage d’une performance, pour d’autres, il ne s’agit ni moins ni plus que d’une expression de désordre. Faut-il s’en inquiéter?

Les femmes fontaines inquiètent et fascinent à la fois les hommes. Elles sont mystérieuses pour les uns, normales pour les autres

Les femme fontaines restent mystérieuses et impressionnent. Le liquide qu’elles émettent aurait une structure chimique proche de celle de l’urine, sans en être pour autant, d’où le malaise de certaines femmes qui l’assimilent à une envie d’uriner et tentent de se retenir. Mais dans l’amour, contrôle et plaisir vont rarement de pair.

Plus que jamais, le mystère donne libre court aux projections, conscientes ou inconscientes, et c’est en effet bien dans l’imaginaire, plus que dans le phénomène lui-même, que se construisent la puissance du plaisir et celle de l’interdit. Ainsi, la jouissance de la femme fontaine peut être limitée tout autant qu’amplifiée selon la signification qu’elle donne à cette incontrôlable «montée des eaux».

Difficile de mesurer la jouissance

Toujours avides de preuves du plaisir féminin, nous sommes tentés, par cette manifestation, d’envisager son orgasme comme plus intense. Pourtant, dirait-on d’un homme qui émet beaucoup de sperme qu’il a plus de jouissance? Aurait-il alors moins de plaisir en vieillissant, puisque la quantité diminue?

Combien a-t-il fallu de temps pour que l’éjaculation et la jouissance ne soient plus confondues chez l’homme? Au nom de quoi faisons-nous ces raccourcis, si ce n’est au nom de notre besoin de prouver, ou se prouver, notre capacité à jouir ou faire jouir?

Curieux débat sur l’ampleur de la jouissance, qui parle, une fois de plus, de notre société obsédée par la (dé)mesure, et donc de notre anxiété. La jouissance nous échappe et nous serions rassurés qu’il y ait un mètre, ou un volume, étalon. Pour l’instant, différentes des autres, certaines femmes fontaines n’accueillent pas avec autant de tranquillité ce lâcher prise, et terrorisées parfois, s’interrogent sur leur appétit sexuel. Inquiète pour elle ou pour son partenaire, la fontaine devient source d’angoisse. Et pourtant elles devraient apprendre à s’accepter telles qu’elles sont. Les hommes n’acceptent-ils pas leurs différences sur de bien de points relatifs à la sexualité?

Théophile MONE

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