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SIAO La technologique accompagne l’artisanat

La 15ème édition du SIAO se tient sous le thème «artisanat africain, exigences du marché et développement technologique». Pour comprendre les enjeux et la pertinence du thème, nous sommes allés à la rencontre de Sa Majesté Mbombok Malet Ma Njami Mal Njam, Commissaire général du Salon international du Cameroun et président des salons et foires africains. Il nous amène à découvrir d’abord ce que c’est que l’artisanat avant de parler de l’enjeu du développement technologique dans le marché de l’artisanat.

Sa Majesté Mbombok Malet Ma Njami Mal Njam

«L’artisanat, c’est tout ce qui est produit par l’être humain et pour laquelle chose la part de la main est prépondérante. On parle alors de production manufacturée, le hand made. L’artisanat, c’est le lieu de la production matérielle et immatérielle. C’est le savoir-faire et le savoir-être. Elle peut se subdiviser en quatre domaines : l’artisanat de production avec la production des nattes ou de chaises, par exemple. L’artisanat de service à savoir la coiffure, la plomberie, etc. L’artisanat de transformation avec la transformation par exemple des produits de l’élevage et de l’agriculture pour obtenir les jus, le beurre de karité, etc. Et l’artisanat d’art qui est le plus connu par la production d’œuvres d’art» explique Sa Majesté Malet ma Njami Mal Njam.

Pour lui, il importe d’avoir une notion claire de l’artisanat sinon, la réflexion ne mènera nulle part. «Si nous savons cela, nous saurons que l’artisanat, c’est produire, réaliser des objets ou offrir des services» a-t-il défini. Aussi, précise-t-il, «l’artisanat, c’est la main qui travaille et qui trouve des solutions à un besoin nouveau et à un besoin du moment. A partir du moment où le besoin est identifier, nous pouvons parler de technologie».

La technologie et l’outillage, explique Sa Majesté, accompagnent l’artisanat depuis toujours. «J’ai acheté une pierre tout à l’heure au SIAO, nos ancêtres l’utilisaient pour se raser, pour couper la viande. Aujourd’hui, les Touareg l’utilisent encore pour le travail du cuir. C’est pour dire que l’outil et la technique ont toujours été mis à contribution au service de l’artisanat africain».

Le problème posé par le thème de ce SIAO est d’autant plus pertinent qu’il pose le problème de la technique, de notre technique avec nos besoins du moment. Pour Sa Majesté, par le passé, nous avions notre technique en cohérence avec nos besoins. De nos jours, «nous sommes dans une technologie d’emprunt, de suivi, nous sommes à la traîne. Or, les autres ont ceci de terrible que la structuration du commerce fait qu’ils doivent rester leaders et les autres à la traîne».

Pour lui, l’Afrique peut se démarquer. Le fait est que l’Afrique a ses réalités, son identité et tout doit partir de là. «Je veux le tô (plat africain) parce que c’est tout d’abord un préférant africain et alors on se donne les moyens de le faire parce que je le veux. On n’a pas besoin d’employer des techniques. C’est le marketing à l’occidentale pour me convaincre à en manger».

«La technique est importante mais c’est l’être humain qui décide, qui oriente, qui apprécie. Donc, c’est à nous de savoir. Si nous voulons une production de masse du kilichi (viande plate séchée) haoussa, qu’on développe l’ingénierie dans ce sens. Idem quand vous devez satisfaire une commande de 10 000 exemplaires d’une œuvre d’art, par exemple. Vous êtes obligé d’avoir recours à la production de masse, même si la part de la main et l’identité africaine doivent apparaître dans le produit fini». Il est clair que cela va booster l’économie autour de l’artisanat.

Mais déjà, cet artisanat draine une force économique que les gens ne perçoivent pas pour autant. Il prend pour exemple le SIAO, «Ici, au SIAO, il y a des stands de 750 000 F payés par des artisans pour vendre leurs produits, il y a des artisans qui ont payé leur billet d’avion sur fonds propres depuis le Cameroun pour venir ici au SIAO, et vous croyez que l’artisanat ne fait pas vivre? D’où vous croyez qu’ils tirent leurs revenus? J’ai dénombré à peu près 4 000 exposants dans l’enceinte du SIAO. Pendant les 10 jours, au rythme actuel, leurs chiffres d’affaires seront d’au moins 300 000 F. Faites une simple multiplication et vous verrez la force économique que dégage le SIAO et par-delà l’artisanat».

Pour terminer, Sa Majesté réaffirme le fait que la technique n’est pas un frein au développement de l’artisanat africain. «Elle permet de mieux produire, de mieux diffuser et de mieux vendre. C’est en fait le seul domaine ou on ne peut rien nous apprendre».

Entretien réalisé par Hamadou Ouédraogo  

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