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Signature de convention entre la Sofitex et le Pool bancaire national: la confiance se consolide et le Pool veut donner encore plus

L’échange des paraphes entre les DG Sofitex (dos) et Ecobank

C’est devenu une tradition depuis la libéralisation de la filière cotonnière qui a donné naissance à la Société cotonnière du Gourma (Socoma) et à Faso Coton, à côté de la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Pour maintenir son statut historique de locomotive de la production du coton et pour garder un certain niveau de production malgré la cession des terres de l’Est et du Centre, la Sofitex a innové en recourant à des financements extérieurs. C’est ainsi que, chaque année, en début de campagne de commercialisation du coton graine (période des récoltes), elle sollicite des financements auprès des banques installées au Burkina Faso et avec des banques européennes. Dans l’année donc, elle contracte des prêts appelés financements auprès des banques locales constituées dans un Pool bancaire national et auprès d’un autre regroupement appelé Pool bancaire international. Le 8 décembre donc, au Bravia Hôtel de Ouagadougou, la tradition a été respectée.

En effet, ce jour, il y a eu la signature de la convention de financement Sofitex-Pool bancaire national pour la campagne cotonnière 2017/2018. Au départ, on avait voulu attribuer à ces conventions des numéros d’ordre. C’est ainsi qu’il y a eu Sofitex 1, 2, 3, etc. Mais plus d’une douzaine d’années après ces partenariats, les numéros d’ordre ont disparu pour faire la place aux chiffres.

Paraphes des documents

Par exemple, 70 milliards, c’est le montant de la cagnotte que le Pool bancaire national emmené par Ecobank, le chef de file du Pool bancaire national, a mis à la disposition de la nationale des fibres textiles pour acheter le coton aux producteurs, le transporter des champs vers les usines, l’égrener, puis le transporter vers les ports d’embarquement pour la vente au-delà des eaux. Cette somme constitue une partie des besoins annuels car, pour couvrir une campagne comme celle-ci, il faut environ 140 milliards de FCFA. Les 70 milliards correspondent à 51% des besoins, a révélé Cheikh Travaly, le Directeur général d’Ecobank, lors de la cérémonie.

Déjà, l’année dernière, le Pool bancaire avait hissé la barre à 70 milliards. Historique! Cela à cause de «la qualité d’un partenariat parfaitement rodé, maitrisé et efficace.» Mais cette année encore, la Sofitex a frappé plus fort car «au moment où je vous parle, le crédit de campagne 2016/2017 est intégralement soldé par la Sofitex, alors que son échéance était fixée au 31 mars 2018» s’est satisfait Cheikh Travaly. L’année dernière, à cette même période, il n’était que de 59%.

Une partie des nombreux invités témoins de l’événement

Ce fut donc le lieu pour lui de féliciter la Sofitex, les cotonculteurs et tous les autres partenaires de la chaîne. Même si divers aléas n’ont pas permis de réaliser le niveau de production attendu qui s’est maintenu à 563 000 T, cela «n’entame en rien la confiance et la volonté du Pool bancaire national qui souhaite, au contraire, amplifier sa contribution…»

Le Pool bancaire, de l’avis du Directeur général d’Ecobank, a fait la preuve de sa volonté d’être un partenaire solide, fiable et compréhensif de la Sofitex. «Au cours des 5 dernières années, nous n’avons de cesse de prêter une oreille attentive aux préoccupations de la société (…) C’est ainsi que le taux d’intérêt applicable au crédit de campagne est passé de 8.25% l’an pour la campagne 2012/2013 à 6% pour la campagne 2017/2018.»

Cheikh Travaly: « Nous voulons financer 100% des besoins de campagne de la Sofitex »

On ne prête qu’aux riches et qui paie ses dettes s’enrichit

Voilà des raisons qui poussent le chef de file du Pool bancaire national qui a consenti de gros efforts pour accompagner la Sofitex à vouloir faire plus. «En reconnaissance à notre engagement à vos côtés et de nos prises de risques plus importantes du fait que nous intervenons en début de chaîne, nous souhaitons avoir donc une part plus conséquente dans le financement des activités de la Sofitex (…) Le Pool bancaire peut faire plus, le Pool bancaire veut faire plus» a lâché le DG.

Prenant la parole, le Directeur général de la Sofitex, Wilfried Yaméogo, a dit toute sa joie de procéder à la signature de cette convention avec le Pool bancaire national dont il a énuméré les membres sous les applaudissements des invités pour lesquels la salle s’est révélée exiguë. Il s’agit d’Ecobank, Coris Bank, Banque Atlantique, Bank of Africa, BCB, BDU, Bicia-B, Bsic, CBAO, Orabank, Sgbf et UBA. Il leur a exprimé sa reconnaissance et sa gratitude ainsi qu’au nom du président du Conseil d’administration, de l’ensemble de travailleurs et de tous les cotonculteurs de la Zone Sofitex. Cette zone, faut-il le rappeler, produit 80% du coton burkinabè. Il a également noté avec satisfaction le rabattement du taux de crédit.

Wilfried Yaméogo a fait une mention particulière à la Sntb, la Société nationale de transit du Burkina, «qui, dans le montage du dossier, intervient en qualité de tiers détenteur de la fibre et qui a toujours bien joué sa partition en vue d’une bonne fin des opérations».

Il faut rappeler que, avec le financement acquis, la Sofitex compte mener à bien sa campagne de commercialisations de 563 000 T escomptées. Du coton 100% conventionnel pour la deuxième année consécutive. Il a signalé que la mauvaise pluviométrie n’a pas permis de réaliser les prévisions de début de campagne. «Le profil de la saison d’hivernage aura été ponctuée de poches de sécheresse d’une amplitude allant de 7 à 21 jours de stress hydrique, ce qui a eu un impact baissier sur les tendances de production de coton mais aussi des céréales.»

Les prévisions de production ne seront pas été atteintes, mais en comparaison de la campagne écoulée qui s’était stabilisée à 544 000 T, il y a quand même une progression avec les 563 000 T attendues.

La salle s’est révélée exiguë pour contenir tous les invités

Sans fausse modestie mais sans tomber dans l’autosatisfaction, «c’est dire que la relance de la culture du coton 100% conventionnel à laquelle les producteurs ont massivement adhéré est couronnée de succès, au regard de la longueur de la soie du coton burkinabè qui offre des gages de reconquête du Label coton burkinabè au niveau international», s’est félicité Wilfried Yaméogo.

Il est convaincu qu’avec les efforts conjugués de tous les acteurs, les défis qui se présentent à la filière seront relevés, ce qui permettra de consolider et de maintenir pour longtemps encore, «le rang de leader du Burkina Faso dans le classement des pays africains producteurs de coton et cela depuis… la campagne 2004/2005».

« Nous faisons de l’arbitrage stratégique dans la »location » de l’argent »

Le coton occupe une place prépondérante dans la vie économique et sociale de plus de 4 millions de Burkinabè. La filière cotonnière est un «vecteur de monétarisation de l’économie en milieu rural et la principale pourvoyeuse d’emplois avec un effet de levier sur le développement des cultures céréalières et l’élevage» a fait remarquer le Directeur général de la Sofitex.

La filière occupe donc une place importante dans les politiques de développement et des programmes de lutte contre la pauvreté au Burkina initiés dans le cadre du Plan national de développement économique et social.

Wilfried Yaméogo n’a pas oublié des partenaires comme les huileries qui ont su s’adapter aux réformes introduites par la Sofitex.

Avant de terminer son propos, il a répondu au chef de file du Pool bancaire national, en disant que «la question de l’augmentation de l’enveloppe sera à l’ordre du jour de nos prochaines discussions». In fine, Cheikh Travaly a souhaité qu’au lieu des 51%, la Sofitex leur donne la possibilité de mobiliser les 100% de ses besoins de financement. Pourquoi la Sofitex n’est pas preneuse?

Selon les explications de Wilfried Yaméogo, «louer de l’argent revient à payer le prix de la location. Nous louons avec le Pool bancaire national mais également avec d’autres banques situées en dehors de notre zone, de sorte à faire un équilibre pour ne pas faire supporter l’intégralité des taux assez onéreux par l’entreprise qui a besoin également d’améliorer sa comptabilité. Nous faisons de l’arbitrage stratégique.»

Hidogo

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