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Simon Compaoré a-t-il eu tort de dire publiquement que ses filles ne sont pas excisées?

A un panel de haut niveau sur la problématique du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines, le 10 décembre dernier à Manga, le ministre d’Etat auprès de la présidence du Faso, Simon Compaoré, a dit haut et fort que ses deux filles mariées ne sont pas excisées. Il n’en fallait pas plus pour que des gens crient au scandale. Pour eux, les aveux du ministre peuvent mettre mal à l’aise ses enfants et ses gendres car il s’agit avant tout d’une affaire intime et personnelle. Or, Simon Compaoré a voulu témoigner, en tant qu’autorité politique, de son ferme engagement à lutter contre l’excision. Il n’a pas eu honte de faire cette déclaration publique parce qu’il estime qu’il est bon et juste de combattre ce fléau qui impacte négativement le corps et l’esprit des filles et des femmes du Burkina. Son exemple mérite d’être suivi.

Simon Compaoré, lors de sa déclaration à Manga

Les mutilations génitales féminines (MGF) a la peau dure au Burkina Faso malgré la répression. Malgré les avancées significatives, le phénomène est toujours d’actualité au Pays des hommes intègres. Beaucoup de femmes burkinabè entre 15 à 45 ans ont été victimes d’excision. Cette forte propension à l’excision dans notre pays s’explique essentiellement par la dimension culturelle de cet acte.

En effet, l’excision était un rituel traditionnel censé préparer la jeune fille à son futur statut d’épouse. D’ailleurs, à l’époque, des hommes refusaient parfois d’épouser une fille non excisée. La pression sociale, le tabou autour du sujet, le manque d’information sur ses conséquences néfastes pour la santé, les amalgames avec la religion, les croyances et les superstitions très ancrées dans les communautés, font de l’excision une des pratiques les plus difficiles à éradiquer. Aujourd’hui, le sujet devient moins tabou certes, mais il n’est pas forcément aisé d’en parler en public. L’excision est entourée de mystère, de tabou et d’omerta. Aussi, certaines déclarations, justes soient-elles, ne sont pas toujours bien perçues.

Malgré les acquis enregistrés dans la lutte contre cette violence physique et psychologique, la pression reste énorme. La preuve, certaines femmes pensent encore malheureusement que le fait de n’être pas excisées les marginalise, les fait montrer du doigt, les apporte une forme de déshonneur. C’est pourquoi l’Etat, la société, les leaders d’opinion, les parents, tous, nous devons mener le bon combat pour sauver nos filles de l’excision et changer les mentalités.

C’est une affaire éminemment féminine, mais l’impulsion reste masculine. Malgré le poids social de cette tradition, la sensibilisation devrait amener les femmes non excisées à être fières de leur état, à ne pas avoir honte. Elles ne devraient plus avoir peur de lever la main en public et d’avouer qu’elles n’ont pas été excisées.

C’est ce tabou que Simon Compaoré a voulu briser par sa déclaration à Manga: «Je suis d’accord avec ce combat que les femmes ont engagé parce que moi-même j’ai deux filles et j’ai refusé qu’elles soient excisées. J’ai dû aussi attendre qu’elles aient au minimum 18 ans pour pouvoir se marier. Et je récolte le bénéfice à l’heure actuelle. Je vois que ces femmes ont raison de mener cette lutte qui vaut la peine d’être menée».

Ses propos ne visent nullement à blesser qui que ce soit, mais à montrer plutôt le niveau d’engagement des plus hautes autorités du Burkina dans la lutte contre les MGF. Cet engagement courageux de Simon Compaoré est exemplaire et devrait être imité par tous. C’est l’un des moyens sûrs d’engranger des victoires dans ce noble combat.

Théophile MONE

3 commentaires

  1. Je ne vois pas ce qu’il y a de gênant à dire que sa fille n’est pas excisée. Au contraire, c’est pour prouver davantage que c’est une pratique inutile, vu que ses filles ne sont pas excisées mais elles sont mariées et heureuses. Si l’engagement contre ce fléau doit aller jusqu’à prendre des exemples personnels pourquoi pas? Ce n’est plus un sujet tabou de nos jours et il y a plus de plus en femmes non excisées.

  2. Bravo ! Pour une fois, je soutiens Simon COMPAORE et je suis aussi prêt à faire de même. En fait, j’apprends avec étonnement que les filles non excisées étaient complexées. pour moi, je pensais le contraire.
    je soutiens encore ce qu’il dit, car pour changer, il faut souvent choquer. Si son affirmation a choqué, c’est qu’il a gagné.

    Pour une fois, bravo Simon

  3. Simon a raison car aucun intellectuel n’excise son enfant aujourd’hui. Le problème réside dans les campagnes parce qu’ils ne savent pas que cet organe qui est le clitoris est une partie intégrante de la fonction du sexe de la femme comme les autres organes du corps humain.
    Posez leur la question: pourquoi Dieu a mis cet organe dans le sexe de la femme? Vous n’aurez aucune réponse mais seulement ce sont les coutumes comme si il n’y avait pas des erreurs que nos grands ont commis. S’il faut respect les mauvaises coutumes, nous nous enfoncerons toujours dans la pauvreté car c’est comme si l’homme refusait d’évoluer dans la vie.
    Alors reconstruisons nos cases, prenons nos dabas et revivons la vie de nos grands parents.
    Il y a des femmes non excisées aujourd’hui qui sont sérieuses par contre il y a des femmes excisées qui sont dévergondées. Tout est question d’éducation des enfants par les parents, nos mentalités et nos comportements par rapport au monde d’aujourd’hui.

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