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Situation nationale: le Burkina envoie un mauvais signal à l’étranger

Le Burkina Faso vit au rythme de la contestation tous azimuts, de la critique facile et du rejet systématique de l’action gouvernementale. Pendant que les sit-in et les grèves des agents de l’Administration publique se succèdent, des hommes politiques et des organisations de la société civile traitent ceux qui sont au pouvoir ‘’d’incapables’’. L’une dans l’autre, toutes ces actions contribuent à créer un climat de méfiance de l’extérieur vis-à-vis du Burkina.

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré

Depuis l’arrivée du Président Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir, plusieurs indicateurs montrent que le pays va bien. Sur le plan salarial, rares sont les fonctionnaires qui n’ont rien observé comme augmentation sur leurs bulletins de paie.

Sur le plan budgétaire, le Burkina n’a jamais atteint un tel niveau de performance. Les 2 000 milliards de FCFA de prévision du budget national sont réalistes, faciles à mobiliser et à dépenser. Le plus remarquable est le volume du budget de l’investissement.

La récente visite de la Banque mondiale au Burkina Faso, conduite par Albert G. Zeufack, économiste en chef Région Afrique, a été une occasion pour cette institution de saluer les performances du pays. S’exprimant sur les résultats de l’évaluation des politiques et des institutions, Albert G. Zeufack, a reconnu que le Burkina Faso est bien classé mais ce score pourrait être amélioré si le pays consent à faire des efforts au niveau des réformes.

Mais ces performances ne semblent pas plaire à tous. En témoignent les nombreuses entraves qui se posent sur le chemin du recouvrement des recettes et des investissements. Le premier semestre de l’année 2017 a été émaillé de grèves des agents des Finances, du Trésor et des Impôts. Des grèves qui ont empêché l’atteinte des objectifs de recouvrements. Le gouvernement a accédé aux revendications de ces agents en signant des accords avec les différents syndicats. Malgré les contreperformances, au lieu de se mettre au travail et construire le pays qu’ils doivent léguer à leurs progénitures, ceux du Trésor et des Impôts ne pensent qu’à aller en greve pour une banale affaire de répartition de fonds commun.

Devant un tel comportement, quoi penser? Soit ces agents ne pensent qu’à leurs propres intérêts au lieu de l’intérêt de la nation, soit ils travaillent à saper l’action du gouvernement.

A côté des syndicats, l’action et les discours de certaines organisations de la société civile et de certains hommes politiques tendent à faire croire que rien ne va au Burkina. Ils donnent l’impression que le Burkina Faso est un pays en crise. Un pays au bord de l’explosion. Un pays qui ne tardera pas à connaître une autre insurrection. Vivant hors du pays, certains sont inquiétés par leurs dires. C’est un mauvais signal qui est envoyé aux généreux pays donateurs et aux investisseurs qui ne mettront pas leur argent dans un pays incertain. Qui a intérêt à ce que ce pays soit en crise? Pauvre pays très endetté, le Burkina ne peut pas se passer de ces partenaires bilatéraux et multilatéraux et des investisseurs.

L’aide publique au développement octroyée par de nombreux pays et institutions sous la forme de prêts et de dons avoisine les 600 milliards de FCFA par an. Si le budget a atteint un tel niveau cette année, c’est à cause de l’investissement privé.

L’ensemble des Burkinabè ont donc intérêt à ce que le pays connaisse une stabilité et une paix durable afin que les donateurs et les investisseurs aient confiance au pays.

Si le pays bascule dans le chaos, personne n’en profitera parce qu’avec un arrêt des financements extérieurs et un départ des investisseurs privés, ce ne sont pas les boutiques, les activités d’import-export des établissements Ouédraogo/Ouattara/Sawadogo/ et frères qui alimenteront le budget national et permettront un paiement régulier des salaires et des soldes.

Pour ce faire, tous les Burkinabè, les autorités actuelles, les membres de l’opposition politique, les organisations de la société civile doivent savoir raison garder. Le mal du Burkina Faso actuellement c’est sa nouvelle société civile qui joue sur le terrain politique.

Les Burkinabè oublient le contexte dans lequel s’exerce le pouvoir actuel. Le pays a eu à subir 27 ans de pouvoir d’une seule personne qui a finalement été chassée du pouvoir par une insurrection.

Le Burkina est passé par une transition qui a été perturbée par un coup d’Etat. Roch est arrivé au pouvoir après des élections. Peut-il résoudre en un tour de magie les problèmes existentiels de l’ensemble des Burkinabè?

Il a proposé une politique de développement certes critiquable mais la tendance de remise en cause est exagérée.

A son arrivée, il a choisi de rapprocher et gratuitement les centres de santé, les écoles, les points d’eau, etc., des citoyens. Pour ce faire, il faut de nouvelles infrastructures et le recrutement de nouveaux agents. Les recrutements des enseignants ont été très critiqués. L’accélération des procédures pour la réalisation des infrastructures rencontre des réticences. Finalement, qu’est-ce que les Burkinabè veulent? Les détournements, l’injustice, les assassinats qui ont émaillé les 27 ans du pouvoir Compaoré?

Les Echos du Faso

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