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Situation nationale: le CFOP accuse le gouvernement de tenter de légaliser le pillage des ressources

Le CFOP a prévenu vendredi le gouvernement, que s’il persiste dans sa démarche de voter de force le projet de loi portant allègement des conditions d’exécution du programme de projets partenariat public-privé, il invitera les Burkinabè à l’Assemblée nationale et dans la rue pour faire barrage.

Zéphirin Diabré, Chef de file de l'opposition politique
Zéphirin Diabré, Chef de file de l’opposition politique (CFOP)

«Le Gouvernement a décidé de légaliser le pillage de nos maigres ressources à travers un projet de loi portant allègement des conditions d’exécutions du programme de projets partenariat public-privé en vue», a dénoncé le Chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré. S’exprimant vendredi au cours d’une conférence de presse, M. Diabré est convaincu que ce projet de loi qui doit être adopté le 3 juillet prochain «permet au gouvernement de distribuer des marchés de plusieurs milliers de milliards de francs à des copains, porte noms et autres compagnons politiques».

Le recours à outrance au gré à gré dans les marchés publics, que le projet de loi va instaurer si jamais il est voté, en est la preuve vivante selon le chef de file de l’opposition. «Le gré à gré suppose qu’il y a urgence dans la mise en œuvre d’un ouvrage quelconque. Mais dans ces cas-ci, il n’y aucune urgence», a-t-il assuré. A travers cette démarche de procéder par le marché de gré à gré, le MPP et ses alliés veulent, foi de Zéphirin Diabré, «construire une économie mafieuse dans laquelle les secteurs juteux seront livrés à des parents, amis et alliés reconvertis en opérateurs économiques».

S’indignant contre cette tentative de légaliser le pillage des maigres ressources du pays, Zéphirin Diabré a invité ses députés à enclencher la résistance à l’hémicycle. Si cette méthode ne marche pas, elle a averti: «Si le MPP persiste dans cette démarche de pillage et d’insouciance en votant de force la loi, l’opposition invitera les Burkinabè à l’Assemblée nationale et dans la rue car elle ne saurait tolérer qu’un tel pillage soit cautionné par des élus du peuple».

Par ailleurs, l’opposition politique burkinabè a noté la puissance de la corruption qui de son avis inquiète fortement les partenaires au développement. Il en veut pour preuve, les malversations et la politisation de ministères dénoncées par les syndicats des travailleurs de plusieurs ministères, les malversations sur plus de 400 millions au Fonds d’entretien routier dénoncées dans certains médias, l’affaire de disparition de 200 millions à la dernière édition du SIAO… Pour le CFOP, le MPP et ses multiples alliés ont simplement reconduit «le même mode de gestion qui avait cours».

Pour mettre fin à ces pratiques «mafieuses», Zéphirin Diabré a interpellé l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption à se saisir de la question. Aussi, elle a invité les syndicats et OSC «sincères» à sortir de leur mutisme et à se joindre à l’opposition dans ce combat sans merci contre la gestion du pouvoir MPP et l’obliger à «revenir sur le chemin de la bonne gouvernance».

Madina Belemviré

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