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Sociétés minières : « Si elles ne payent ce qu’on leur demande, nous allons demander aux communautés de refuser qu’on les lève de leur village pour construire des allumettes qu’on appelle des maisons », dixit Jonas Hien

Refusant d’être témoin du pillage des populations organisé par les sociétés minières, la société civile a invité les populations sur les sites miniers à suspendre toute collaboration avec les sociétés minières de quelque nature que ce soit. C’était vendredi en la faveur de la conférence publique organisée par l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE)  sur le Fonds minier de développement local et la gouvernance du secteur minier au Burkina Faso.

« Nous demandons aux populations sur les sites miniers de suspendre toute collaboration avec les sociétés minières de quelque nature que ce soit », a déclaré le directeur de programme de l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE), Jonas Hien.

Le directeur de programme de l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE), Jonas Hien.

En effet, l’article 14 de la Constitution du Burkina Faso de 1991 dispose que « les richesses et les ressources naturelles appartiennent au peuple et sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie ».  Aussi, la loi N°036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant code minier du Burkina Faso dispose en son article 3 que le code minier vise entre autres, à encadrer le secteur minier et l’exploitation sécurisée des ressources minérales au service du développement économique et social durable au Burkina.

Depuis l’adoption du nouveau code minier qui impose aux sociétés minières une fiscalité de droit commun, alors qu’elles bénéficiaient d’avantages fiscaux particuliers avec le code minier de 2003, les compagnies minières, a assuré Jonas Hien, se sont érigées en véritables Etats dans un Etat. « Ils tentent d’imposer par tous les moyens, leurs propres lois au peuple burkinabè, créant tous les obstacles possibles pour empêcher la mise en œuvre du nouveau code minier qui leur a fait perdre des avantages colossaux que leur concédait le code de 2003 », a dévoilé M.Hien.

une vue des participant à la conférence publique

Ainsi, poursuit-il, malgré la multiplication de concertation avec le gouvernement, « ces sociétés minières ont montré qu’elles sont des personnes à qui on ne doit rien refuser et à qui on ne tient pas tête ». La preuve, renseigne Jonas Hien, ces sociétés minières ont ouvert plusieurs fronts à la fois et exigent des avantages sur l’achat des hydrocarbures dans le cadre de leurs activités minières, le paiement de la taxe sur l’eau dans le cadre de leurs activités minières,… « Ce que nous constatons nous inquiète et nous pensons que nous ne pouvons pas laisser continuer comme ça », a martelé le coordonnateur de l’ORCADE.

Face à cette situation, la société civile a décidé de prendre ses responsabilités. Ainsi, à travers son mot d’ordre qu’elle a lancé lor de la conférence publique, elle a demandé aux populations sur les sites miniers, de refuser leurs terres aux sociétés minières. Egalement, elle ont aussi demandé aux populations dont les villages sont prévus pour être levés pour d’autres sites de refuser tout déplacement et par la même occasion a invité les orpailleurs à suspendre toute collaboration avec les sociétés minières. « Ce combat nous allons le mener jusqu’au bout, jusqu’à ce que les sociétés minières acceptent qu’on ne peut pas faire souffrir une population comme ça. Si elle paye intégralement ce qu’on leur demande, il n’y aura plus de bagarres, sinon nous allons travailler avec les communautés sur les sites pour qu’elles refusent qu’on ne les lève plus de leur village pour aller construire des allumettes qu’on appelle des maisons pour dire qu’on a amélioré leur condition de vie », a-t-il conclu.

Madina Belemviré

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