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TAC Burkina/Côte d’Ivoire: amitié et coopération comme prémices de l’union?

Les deux présidents. Alassane Ouattara porte déjà si bien les attributs du Burkina.

Le Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre le Burkina et la Côte d’Ivoire a été porté sur les fonts baptismaux par les présidents Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo. Il a été signé en juillet 2008. De nos jours, les pères fondateurs du TAC vivent presque les mêmes déboires.

En effet, après avoir été délogé de la présidence ivoirienne comme un rat, Laurent Koudou Gbagbo a croupi dans une prison de haute sécurité aux Pays-Bas, a été jugé devant la Cour pénale internationale (CPI), a été innocenté et vit en ‘’exil’’ en Belgique.

Celui qui avait justement prédit qu’il finirait devant la CPI, Blaise Compaoré, a, comme lui, été chassé du pouvoir et exilé en Côte d’Ivoire, pays que Gbagbo avait quitté 3 ans auparavant.

Soit dit en passant, Blaise est un bon prédicateur car il avait prophétisé également que Tanja allait droit dans le mur dans sa volonté de terminer ses chantiers avant de quitter la présidence nigérienne. Il a été renversé par le soldat Salou Djibo.

Mais Blaise est aussi un mauvais visionnaire, puisqu’il n’a pas vu sa propre chute venir dans sa tentative de modifier l’article 37 de la Constitution burkinabè. Comme le charlatan qui ne peut pas prédire sa propre mort…

A la différence de Gbagbo et de Tanja, Blaise n’a pas encore été jugé. Gbagbo et Tanja sont donc au bout du rouleau alors que Blaise n’est même pas au début de ses déboires judiciaires.

Revenant au TAC, disons qu’il s’est donc tenu pour la huitième fois du 27 au 31 juillet dernier; sans ses géniteurs Gbagbo et Blaise. Alassane Ouattara et Roch Kaboré les ont remplacés au pied levé. Le TAC est donc devenu un tic, un rituel pour la Côte d’Ivoire et le Burkina, puisqu’il se tient annuellement et permet aux deux pays d’avancer lentement dans la réalisation de projets communs.

Mais ce tic est devenu presqu’un rictus que les présidents Ouattara et Kaboré ont décidé de le rendre biennal après le TAC de Yamoussoukro en 2020. Histoire de se dire adieu? Ouattara et Kaboré remettent en effet leurs mandats en jeu en 2020.

Le TAC aurait existé utilement s’il permettait l’union in fine de ces deux pays. Car, il n’y a que sur le plan politique qu’on constate une différence entre pays. Sur le plan social, sur le terrain, les populations vivent sans frontières. Il n’y a pas de famille au Burkina qui n’ait pas de ramification en Côte d’Ivoire. De nombreux Ivoiriens ont également des liens avec des familles au Burkina. Sur le plan économique, les pays sont interdépendants.

Regardons surtout les origines des gouvernants de ces deux pays: beaucoup de ‘’Burkinabè’’ gouvernent en Côte d’Ivoire et beaucoup de frères ‘’Ivoiriens’’ sont aux affaires au Burkina Faso. L’union des deux pays aurait une chance de se concrétiser si ces nouveaux leaders manifestaient leur volonté commune de vivre dans un seul et unique pays. Ô intégration!

Bonne fête de l’indépendance au Burkina (5 août) et à la Côte d’Ivoire (7 août).

Les Echos du Faso

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