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Ce que Tahirou Barry devrait savoir

Le jour où le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, a rendu sa démission du gouvernement, moi j’ai applaudi le fait qu’il ait eu le courage de débarquer du bateau avant qu’on l’y éjecte. Ce n’est pas courant qu’on voie un ministre burkinabè renoncer aux honneurs et avantages liés au poste, même pour quelques jours. Quand bien même il est dans de sales draps, il s’agrippera à son fauteuil, quitte à y laisser des ongles. Le mérite de Tahirou était donc d’avoir pris les devants.

Après sa démission, il est entré dans une ère de gesticulations qui m’a intrigué. De mémoire, à part le secrétaire d’Etat à l’Information (Thomas Sankara) qui avait claqué la porte du gouvernement du CMRPN en lançant le fameux «malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple», plus un autre  »garçon » n’avait osé cela. Tahirou n’est pas le seul ministre à avoir démissionné. Tahirou n’est pas le seul ministre débarqué d’un gouvernement. Mais pourquoi c’est son cas qui défraie la chronique, empoisonnant même l’atmosphère entre les travailleurs de la RTB télé et le ministre de tutelle? J’ai donc cherché à savoir et j’ai trouvé la réponse dans la Constitution, notre loi fondamentale.

En effet, voici ce qu’y est dit:

«Art. 74. Aucun membre du Gouvernement ne peut tirer parti de sa position, ni faire usage directement ou indirectement à des fins personnelles des informations qui lui sont communiquées.

Art. 75. Les dispositions de l’article 73 demeurent applicables aux membres du Gouvernement pendant les six mois qui suivent la cessation de leurs fonctions. Celles de l’article 74 demeurent applicables pendant les deux ans qui suivent la cessation de leurs fonctions.»

Parallèlement à la lettre qu’il a envoyée au Premier ministre, Tahirou Barry s’est fendu d’un discours sur sa page Facebook qui en dit long sur ce qu’il a sur le cœur. En son temps, nous avions noté qu’il a dit des choses qui vont le desservir.

Ignorant peut-être son droit de réserve, nos confrères de la RTB Télé voulaient le placer sur la brèche ou sur orbite. C’est selon. L’affaire a tourné en une foire d’empoigne entre des travailleurs et le ministre Rémis Fulgance Dandjinou.

La télé privée BF1, saisissant la balle au bond, lui a tendu la perche (le piège?) pour s’épancher. En voulant expliquer son acte, en se désolidarisant de ses anciens camarades de l’Exécutif, il a fait usage directement à des fins personnelles d’informations qu’il détient du fait de sa position de ministre. Il a pour ainsi dire violé les termes des articles cités plus haut.

Tahirou Barry le savait-il? Malheureusement, l’adage dit que nul n’est censé ignorer la loi. Surtout pour quelqu’un qui a servi la Nation à un si haut poste ou espère le servir au plus haut niveau!

Mounafica, tout œil tout ouïe!

Un commentaire

  1. c’est l’argument du droit de réserve que le ministre porte paroledu gouvernement devait avancer pour expliquer la non participation à l’émission sur la brêche au lieu de se gratter le nombril dans des arguties,peutêtre que lui aussi ne sait que les ministres ont obligation de réserve

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