Le téléphone portable ou la machine à mentir! - Les échos du Faso
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Le téléphone portable ou la machine à mentir!

«Allo, bonjour cher ami. Où es-tu? Je voudrais te voir urgemment!» «Bonjour. Je suis en déplacement hors de Ouaga. Je suis actuellement à Bobo-Dioulasso pour une semaine.» Pourtant, l’ami est bien installé dans un maquis au cœur de Ouaga. Eh oui, vous avez compris, c’est la magie du téléphone portable. Le téléphone a en effet façonné un type d’homme nouveau: le menteur par excellence.

Le téléphone a façonné un type d’homme nouveau: le menteur par excellence.

Considéré comme étant un outil de travail avec les évolutions technologiques actuelles à travers le monde, le téléphone portable a malheureusement tendance à être un outil à problème avec lequel des conjoints n’hésitent plus à se tromper, des amis à se mentir à longueur de journée, des patrons et des employés à jouer tous à la fausseté les uns envers les autres, etc.

Difficile de nier que le téléphone portable a réduit les distances et faciliter la communication. Mais, il a aussi fait de nous des esclaves et des tricheurs avec des appels filtrés, des messages d’excuse, des fausses pannes de réseau créées de toute pièce, des batteries sans électricité… Autant d’arguments qui font qu’aujourd’hui, le téléphone portable est en passe de perdre sa véritable valeur d’outil de travail.

Les scenarii sont légion: du refus de répondre à un appel au menteur du bout du fil qui n’a pas honte de dire à son prochain qu’il n’avait pas vu d’appel rentrant. Pour certaines personnes le refus de répondre à un interlocuteur est comme un jeu d’enfants. Motif ou alibi habituel: le manque de réseau. Effectivement, avec le téléphone, personne ne sait où nous nous trouvons, encore moins, ce que nous faisons.

Combien de personnes se sont tirées d’affaires, prétextant de la défaillance de leur batterie ou du réseau pour n’avoir pas pu signaler à temps leur retard ou leur absence à un rendez-vous?

Loin de nous, l’idée de faire un procès d’intention. Mais juste, attirer l’attention des uns et des autres sur certaines petites pratiques du téléphone portable qui échappent à notre vigilance, mais qui, en réalité, détruisent au fil du temps ce que nous avons de plus cher: le social. Évitons que l’utilisation maladroite du portable ne dénature nos relations humaines.

Évitons que l’utilisation maladroite du portable ne dénature nos relations humaines

Quand le téléphone nuit à la communication des Burkinabè

Établir une relation verbale avec d’autres c’est communiquer. Puisque nous le faisons sans cesse, cela semble facile. Pourtant de nos pensées à nos paroles, de nos paroles à l’intellect de nos interlocuteurs, le chemin est semé d’embûches. C’est pourquoi communiquer est un art.

Mais les Burkinabè gèrent mal le téléphone. Certes, beaucoup ont un Smartphone greffé à la main. C’est «tendance». Malheureusement, du vocabulaire à la conversation, il n’y a souvent pas d’élégance ou de bon sens. Par exemple, il y en a qui vous appellent quand ils sont au milieu de bruits intempestifs. Cela peut établir un discours de sourd pour muet et mettre les nerfs de tout le monde à vif.

Beaucoup ne savent pas adapter leurs appels à la personne qui les reçoit. Si en effet, certaines sont très bavardes, d’autres, surchargées de travail peuvent être plus à l’aise avec des SMS.

Quand on se trompe de numéro, il convient de traiter l’interlocuteur avec respect et politesse et ne pas lui raccrocher le téléphone au nez. De même, pourquoi maintenir une personne au bout du fil pendant 20 minutes pour une question qui aurait pu être réglée en 2 minutes? Non seulement tout le monde n’a pas de forfait illimité, mais il faut apprendre à être bref autant que possible car la plupart des gens ont autre chose à faire que de passer 2 heures à écouter quelqu’un se raconter et les noyer de détails inutiles. Il est important de garder des relations cordiales en évitant froideur comme déversement verbal. Pour cela il suffit d’apprendre à écouter les silences qui disent «ça commence à faire long…».

Théophile MONE

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