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Il est temps que le gouvernement bande le muscle

On ne peut plus dénombrer le nombre de grèves observées depuis l’arrivée au pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré. On se demande pourquoi, subitement, certains corps de métiers manifestent aussi bruyamment, alors qu’ils étaient aphones sous le règne de Blaise Compaoré. En face, le gouvernement, sur instruction du président du Faso, privilégie «dialogue et concertation». N’est-il pas temps de passer à la fermeté?

Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba

Lorsqu’en fin février 2017, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, tenait un langage de vérité devant les centrales syndicales, il n’avait pas reçu le soutien nécessaire, ni du côté du parti au pouvoir, le MPP, ni du côté du gouvernement. Seul le président de l’Assemblée nationale est allé dans son sens dans son discours d’ouverture de la session parlementaire quelques jours après. Dans leur réaction suite aux propos du Premier ministre, le ton utilisé par les syndicats était très modéré. C’est la preuve que Paul Kaba Thiéba a eu à dire des choses vraies.

Mais pour n’avoir pas bénéficié d’assez de soutien suite à sa fermeté à l’égard des syndicats, Paul Kaba Thiéba s’est senti seul et a été contraint d’adopter un profil bas, en avançant un problème d’incompréhension.

Et pourtant, en dénonçant les «agitations frénétiques et contagieuses qui menacent la paix sociale», le Premier ministre n’avait pas tort. Car les syndicats déguisent des sit-in en grèves. Un sit-in qui se déroule de 8h à 14 n’est rien d’autre qu’une grève. Il faut avoir le courage de le dénoncer.

N’est-ce pas la fermeté du président Roch face à la grève sans préavis des magistrats qui a obligé ces derniers à y mettre fin? Malheureusement, malgré cette expérience concluante, le gouvernement a toujours adopté comme ligne de conduite le dialogue et la concertation.

Sinon comment comprendre que parce que le ministre de la Sécurité «a mal parlé», les chauffeurs routiers bloquent sans préavis les axes routiers, empêchant les citoyens de circuler? Cette grève a déjà des conséquences néfastes. De nombreux candidats aux différents concours de la Fonction publique ne pourront pas se rendre dans les centres respectifs pour composer. Des délégations de candidats au Hadji sont bloquées loin de Ouagadougou où ils doivent prendre leur vol pour La Mecque. Tous les chauffeurs ne sont pas syndiqués. Mais de nombreux transporteurs ont préféré laisser leurs cars et camions au garage par peur des représailles des grévistes parce que le gouvernement privilégie «dialogue et concertation».

C’est pendant cette grève que les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), qui contestent le résultat d’une investigation sur un compte bancaire logé au Trésor, refusent le travail sans préavis et menacent la paix sociale.

Avant eux, des agents des Impôts et du Trésor ont tenté de bloquer le fonctionnement des services pour une affaire de répartition de fonds commun que le gouvernement a consenti à augmenter.

Toutes ces revendications sont «secondaires» et ne nécessitent pas un arrêt de travail dans un pays aussi pauvre que le nôtre.

Paul Kaba Thiéba avait raison. Certaines personnes cherchent à «déstabiliser l’Etat en instrumentalisant le monde syndical».

Ces dérives sont surtout encouragées par la passivité du gouvernement. Il ne s’agit pas de procéder à une répression aveugle mais d’éviter que les mouvements d’humeur d’une minorité de personnes n’empêchent la majorité des Burkinabè de poursuivre leurs activités. On aurait tous applaudi et soutenu ces grèves si elles concernaient des revendications salariales. Or au Burkina, les salaires des agents de la Fonction publique sont disponibles dès le 23 du mois pour ceux qui sont ‘’pressés‘’.

Depuis que Roch est au pouvoir, le pouvoir d’achat des salariés publics a augmenté. Que le gouvernement fasse donc en sorte que ces revendications secondaires et même tertiaires n’entachent pas la sérénité de l’ensemble des Burkinabè. Autant l’état de grâce est fini pour le gouvernement, autant ce dernier doit avoir une main de fer dans un gant de velours…

Les Echos du Faso

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