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Tentative de déstabilisation du pouvoir de Roch: pourquoi la «sorcellerie» de Denise Barry était un échec programmé?

Après le lamentable pronunciamiento tenté en septembre 2015 par le général Diendéré qui, d’ailleurs, a été unanimement qualifié de «coup d’Etat le plus bête du monde», nous pensions avoir définitivement tourné la page des putschs militaires. Surtout que depuis un certain temps, à l’exception de ce qui s’est passé en 2017 au Zimbabwe, toutes les tentatives de prise du pouvoir par la force en Afrique ont échoué. Le Burkina en avait donné l’exemple.

Denise Barry est-il le seul en Israël à ignorer que, quelle que soit la raison d’un complot aujourd’hui, les Burkinabè, plus avertis qu’hier, n’en veulent plus, parce qu’ils sont pour la légalité et les valeurs républicaines?

Le colonel Auguste Denise Barry

A la grande surprise générale, le colonel Auguste Denise Barry a été interpellé le vendredi 29 décembre 2017 pour des besoins d’enquête. Le mobile de cette interpellation serait une tentative de déstabilisation du pouvoir en place. Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Remis Dandjinou, avait confirmé l’interpellation de l’ancien ministre de la Sécurité avant qu’il ne soit déposé à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), le 03 janvier 2018.

L’étonnement des Burkinabè est autant plus justifié qu’il n’y a aucune raison aujourd’hui de vouloir fomenter une opération de déstabilisation du régime du président Kaboré. Ministre de la Sécurité sous la Transition de 2015 et en 2011 sous Blaise Compaoré pendant trois mois, le colonel Auguste Denise Barry, 53 ans, responsable du Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS), est censé savoir que les Burkinabè en ont marre des coups d’Etat. Avec Diendéré, ils sont sortis pour lui dire «ça suffit!», et il en sera toujours ainsi, puisque rien ne sera toujours comme avant!

En effet, l’injonction des Burkinabè aux putschistes de l’ex-RSP n’était pas un simple avertissement, mais la proclamation officielle et solennelle de la fin d’une époque et d’une mode devenue désuète et en déphasage avec les valeurs républicaines.

En attendant d’en savoir davantage sur ses raisons réelles, peu sont les Burkinabè qui pensaient cet homme capable de vouloir fomenter un coup contre le régime du président Roch. Il est si intelligent pour tomber si bas!

Ainsi, un militaire qui, aujourd’hui, voudrait renverser par les armes un gouvernement, fût-il impopulaire, sait qu’il sera immédiatement condamné et banni par non seulement le peuple burkinabè, mais aussi par l’Union africaine, l’ONU et la communauté internationale. Pour ce faire, même par magie, si le colonel réputé proche de l’ancien Premier ministre de la Transition, Yacouba Isaac Zida, en exil au Canada, avait tenté et réussi son coup, il n’allait pas avoir le soutien des Burkinabè. Il allait être gentiment prié de dégager.

C’est le lieu d’inviter la plupart des cadres de l’armée burkinabè à bien vouloir s’approprier une bonne fois pour toute les valeurs républicaines et d’assimiler les différents mécanismes démocratiques. Ils ont tout intérêt à comprendre que ce qui, dans le fond, avait toujours motivé les coups d’État perpétrés par leurs aînés – à savoir la perception d’une menace contre leurs propres intérêts corporatistes – trouve désormais sa réponse dans les institutions, la négociation et la légalité.

Place au pouvoir par les urnes

Aujourd’hui, la seule voie légitime et légale pour accéder à la magistrature suprême n’est autre que celle des urnes. Les sauveurs suprêmes en képi et béret ne font plus recette. C’est au fond des urnes que se trouve désormais le pouvoir, pas au bout des fusils.

Théophile MONE

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