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Tentative d’évasion de Golf: les absents ont tort

Plus que jamais, la sagesse disant que les absents ont tort se pose et s’impose dans ce qui était qualifié comme le procès des seconds couteaux, cette affaire dite caporal Madi Ouédraogo et 24 autres pour tentative d’évasion de la MACA des généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé. Ce n’était pas le procès tant attendu, mais à la lumière des débats, il couve de grands intérêts politico-militaires.

A l'audience du Tribunal militaire
A l’audience du Tribunal militaire

De l’envie de faire sortir les grands chefs militaires de prison, on a abouti à la tentative d’assassinat de Gorba, de l’exécution du capitaine Abdoulaye Dao, du commandant Aziz Korgo … C’est déjà gros. On pensait que tout cela n’était que ruminement de la colère et du désespoir de voir le RSP se fondre comme beurre au soleil avec la perte naturelle de tous les avantages que les éléments du RSP avaient. Que nenni! Il y avait des projets politiques cyniques derrière tout ça, à en croire la défense en ligne que les présumés coupables ont adoptée.

Au début, c’était l’ombre du général Zida qui se profilait. Mais au fur et à mesure qu’avance le procès, les traits physiques du Yacouba Zida se dessinent de plus en plus clairement; pas avec ses étoiles mais ses galons de lieutenant-colonel et son titre de 1er ministre.

Tous les accusés l’ont chargé et à suffisance; malheureusement, il n’est pas là pour se défendre, il est absent et les absents ont tort. Au regard des contorsions que prend ce procès, il n’est pas superfétatoire de dire que c’est déjà le procès du général Yacouba Zida. Lui qu’il fallait plaindre quand des ‘’insoumis’’ l’ont kidnappé avec le président Michel Kafando pour ensuite déclarer que c’est un coup d’Etat qui a été heureusement mis en échec par la volonté populaire.

Un pote de Nè Wendé, analyste politique à ses temps perdus car totalement déçu de la chose politique depuis l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, nous disait que le 16 septembre, il n’y avait pas qu’un coup d’Etat, mais des coups d’Etat. Et comment?

Pour lui, celui attribué à Golf allait être battu par celui de Djibrill et ce dernier allait se voir coiffer au poteau par Zida grégarisme RSP oblige et que même Zida allait être mis aux arrêts par les jeunes officiers du RSP qui allaient avancer comme argument «on a décidé de mettre fin à l’ordre ancien en prenant nos responsabilités».

Dans tout ce black micmac, personne n’a parlé du retour et de l’installation de Blaise Compaoré à Kosyam. Les différents protagonistes ont tourné la page Compaoré. Un signe qui ne trompe pas, sauf au CDP où la nostalgie demeure vivace. Tout naturellement, Ouagadougou allait ressembler à une ville de Syrie, Alep par exemple. Touchons du bois encore et prions que les ambitions démesurées et bêtement égoïstes tueuses de populations ne prospèrent pas au Faso.

Mine de rien, le Burkina revient de loin. Tous ces desseins morbides ont été voués à l’échec. C’est pourquoi il faut, comme l’a dit Nè Wendé, mettre balle à terre. Cela tombe d’ailleurs sous le sens avec la fête du football qui se passe au Gabon.

Ousmane Hébié

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