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« Le Terroriste noir », de Tierno Monénembo

« Le Terroriste noir » est une fiction construite autour de la véritable histoire, aussi méconnue qu’extraordinaire, d’Addi Bâ. Il raconte l’histoire vraie d’un tirailleur, chef d’un réseau de la Résistance.

Tierno Monénembo, l’auteur du roman, a reçu le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française

Addi Bâ est un jeune Guinéen né vers 1916. Enfant de l’ethnie peul en Guinée à Bomboli dans la région du Fouta-Djalon. Le jeune Bâ avait été confié vers l’âge de dix ans par son père à un percepteur blanc qui, de retour chez lui à Langeais, l’avait éduqué avant que ce dernier, devenu majeur, vienne à Paris. Engagé volontaire en 1940 pendant la Seconde Guerre, il est affecté dans le 12e régiment des tirailleurs sénégalais.

La couverture de l’œuvre

Capturé après la bataille de la Meuse, Addi s’évade, erre dans les forêts. Blessé, il trouve refuge dans le village isolé de Romaincourt où petit à petit les habitants, après une première réticence et quelques frayeurs, tombent sous le charme et l’autorité calme d’un petit homme au charisme et à la détermination hors du commun.

En 1942, à un moment où la France occupée et dévêtue de sa souveraineté pataugeait dans la honte, il entre en contact avec la Résistance et crée le premier maquis des Vosges. Les Allemands le surnommeront «le terroriste noir».

À la suite d’une dénonciation et d’une trahison, les membres du maquis sont capturés par les Allemands qui montent une opération contre le réseau du «terroriste noir» et réussissent à mettre la main sur leur chef en juillet 1943. Blessé et torturé pendant des mois, Addi Bâ ne parlera pas et sera fusillé le 18 décembre 1943.

L’histoire est racontée par Germaine, une survivante de la période et amie du glorieux Guinéen, à un neveu d’Addi Bâ, venu en France en 2003, pour recevoir à titre posthume les décorations militaires de son oncle que la République française lui confère enfin.

Les œuvres qu’il a écrites

A travers le portrait de cet inconnu et de sa détermination, Tierno Nonénembo offre une essentielle et touchante reconnaissance à ces hommes des colonies ainsi qu’un fervent plaidoyer au nom du devoir de mémoire. Parce qu’il était noir, Addi Bâ, ce combattant de la France libre n’a reçu la médaille de la Résistance que 60 ans après son exécution.

Si la volonté de Tierno Monémembo était de redorer le blason des milliers de tirailleurs sénégalais, leur conférer leur juste valeur, il a magistralement réussi sa mission d’écrivain, celle de donner la bouche à «des malheurs qui n’ont point de bouche». Déjà bien avant lui, Léopold Sédar Senghor les avait chantés dans un poème devenu parmi ses plus célèbres («Aux Tirailleurs Sénégalais morts pour la France»): «On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat inconnu, Vous, mes frères obscurs, personne ne vous nomme.»

« Le terroriste noir », une histoire réelle et romancée, n’est rien d’autre qu’un festival d’humours et d’émotions. Une inoubliable leçon de courage et d’engagement. Il ravive les liens profonds, les racines historiques qui lient Français et Africains.

Théophile MONE

 

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