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Dans la tête de Roch, après Macron

Attaqué de toutes parts, quelquefois avec des mots très durs, pimentés même, le président du Faso, malgré son apparente bonhomie, se trouve excédé ces derniers temps et par ses compatriotes et par les Africains, depuis la conférence du président Macron avec les étudiants à l’université de Ouaga. Jamais auparavant un président burkinabè n’avait été la cible des dérisions comme l’est Roch Kaboré. Il a essayé de banaliser la chose, de la prendre du bon côté, mais la persistance des critiques commencent à avoir raison de sa capacité à encaisser les coups. Et c’est dans ses moments d’introspection que les antennes de Mounafica ont capté son monologue. Le président du Faso se parlant à lui-même se pose désormais la question fondamentale: faut-il continuer avec des gens qui veulent une chose et son contraire?

«Dois-je toujours être là où je suis, si les uns et les autres n’ont dans la bouche que les mauvais côtés des choses? Je pensais qu’il était possible de changer les choses, je savais aussi que le rythme que j’imprime n’est pas celui voulu par certains qui veulent qu’on y aille à la vitesse grand «V», tout cela est compréhensible vu d’où l’on vient. Cependant, les attaques, les interprétations erronées à mon sens commencent à me taper sur les nerfs.

On me reprochait de n’avoir reçu aucune haute personnalité digne de ce nom depuis mon accession à la présidence. J’ai pu décrocher Emmanuel Macron, le président de la France, j’ai pu avoir sa déclaration sur sa vision politique à l’endroit de la jeunesse africaine depuis l’université de Ouagadougou, ce qui n’était pas évident quand on sait qu’il y avait des candidats de taille comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Et quand il est venu, certains disent qu’ils ne veulent pas de lui, c’était chaud avec les FDS. Malgré tout, il a accepté rester et livrer son discours suivi d’échanges directs avec les étudiants qui ont posé leurs préoccupations et là aussi on estime qu’il fallait que je regarde ce que les étudiants devraient dire, corriger les fautes s’il le fallait…. Vraiment, c’est dur. Trop c’est trop, comme on le disait sous la Transition…»

Cette dernière expression est sortie plus forte que les autres et un de ses amis d’enfance qui venait d’arriver chez lui l’a entendu. Connaissant bien son pote d’enfance, il est allé directement dans le salon où le président s’était isolé. Ainsi, un dialogue commença entre les deux amis d’enfance. Un ami d’enfance n’est pas dans la politique politicienne, mais il a une connaissance de la faune politique et des hommes politiques.

  • Mais mon type, qu’est-ce qui ne va pas? tu parles seul maintenant? n’est-ce pas la folie qui te guette?… a lancé le visiteur, tout en tapotant l’épaule du président.
  • Eh, toi là, a répondu Roch. Je suis fatigué, vraiment fatigué! Quand ce ne sont pas les attaques terroristes, ce sont des attaques politiques. Que faire?
  • Typo, qu’est-ce tu croyais? Que tout allait être cool, tranquille? Non, détrompes toi : c’est le prix à payer quand on décide de gérer un pays, surtout en Afrique. les bons points sont toujours ignorés et dans le cas précis du Burkina, l’insurrection, le coup d’Etat manqué ont ouvert plus grands les yeux des uns et des autres; ensuite, il ne faut pas oublier que tu as mis l’ASCE sur le dos des gens. Conséquence: on ne peut plus manger l’argent du pays tranquillos, Ibriga veille. Donc, ceux qui entretenaient des groupuscules nourris, blanchis sur le dos du peuple sont aujourd’hui à vivre avec leur salaire. ils ne sont pas habitués à ça, alors ils vont saisir toutes les occasions pour démontrer que ton pouvoir n’est pas à la hauteur. Ça, il faut le savoir. Maintenant, mon idée est qu’il faut une onde de choc, genre un remaniement pour amorcer l’année nouvelle. Et, dans ce remaniement, je te le dis franchement, même si tu ne vas pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il faut trouver autre chose à ton frère Simon Compaoré. Un tel cadeau de Noël va atténuer les attaques…

En réponse, Roch a confié à son ami qu’il n’avait même plus l’envie de rebeloter car c’est vraiment compliqué de gérer les Burkinabè. Son ami lui a rétorqué: «Découragement n’est pas burkinabè. N’est-ce pas ce que tu m’as dit quand mes affaires allaient à vau-l’eau? Il faut te rappeler les engagements pris pour la création du MPP, je pense que cette décision était plus difficile sous Blaise Compaoré que ce qui se passe actuellement. Alors, tiens bon, ça va aller!»

Fin du dialogue, le président a aussitôt lâché un rire guttural qui a prouvé à son ami qu’il est requinqué.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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