Sur les traces des terroristes de l’Etat-major - Les échos du Faso
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Sur les traces des terroristes de l’Etat-major

Depuis cet affront à nous infligé par l’attaque de l’Etat-major général des Armées, j’ai perdu le sommeil. Un moment, j’ai failli me laisser aller au découragement. Heureusement, cette fameuse expression m’est revenue: «Découragement n’est pas burkinabè…» C’est ainsi que j’ai remis en branle mes antennes pour comprendre comment tout cela est arrivé.

Aucun des assaillants n’était dans une tenue militaire

A la différence des enquêteurs de Madame la procureur qui ont eu accès aux vidéos des caméras de surveillance dans la zone, moi j’ai scruté longtemps les images des terroristes abattus qui circulent sur la toile. C’est là que j’ai pu constater que ces tueurs fous ont acheté leurs vêtements ici même à Ouaga, les chemises, pantalons et chaussures qu’ils portaient se vendent au grand marché Rood-woko, au petit marché de Zabr-daaga, dans les boutiques en face de la Maison du peuple.

Ce qui indique clairement qu’ils sont certainement venus d’un pays voisin en haillons, ou en boubou de garibous. C’est aussi la preuve qu’ils ont séjourné au moins pendant quelques jours dans notre capitale. Car si on prend les frontières du Niger ou du Mali en comparaison avec l’heure des attaques, on peut aisément déduire qu’ils ne sont pas venus le même jour pour commettre l’innommable. Avec les nouvelles dispositions dans les hôtels, ils ont certainement été abrités par quelqu’un, un de nos frères, qui a pu leur trouver une moto et même les voitures.

Pour les armes, il faut savoir que la stratégie consiste à dépiécer les AK 47 et faire plusieurs voyages avec les différentes pièces. Difficile à détecter lors des contrôles de police. Encore qu’à ce niveau aussi, il faut revoir les choses.

Les contrôleurs de la Police et de la Gendarmerie s’intéressent plus aux cars de transport qu’aux véhicules particuliers. Et pour les cars, la préoccupation reste les vérifications des pièces d’identité. Ce n’est pas suffisant car rien ne dit qu’un malfrat qui est animé d’une très mauvaise intention va oser voyager entre deux pays sans papiers d’identification. Il faut instaurer une fouille minutieuse des cars et des véhicules particuliers.

C’est comme cela que ça se passe au Rwanda. Même les véhicules estampillés «Nations unies» sont fouillés de fond en comble. J’ai également observé l’autre jour qu’au poste de contrôle situé au niveau de la CNSS avant d’accéder à la zone du Camp Guillaume Ouédraogo, même les soldats sont obligés de montrer patte blanche. C’est ce qu’il faut faire à l’entrée de toutes les casernes.

De ce décryptage, il faut souligner que de plus en plus à Ouaga, on ne semble plus se préoccuper de ce qui se passe autour de soi. On se regarde sans se voir, la seule chose qui reste est la prévention des autres usagers quand la police ou la gendarmerie fait des contrôles d’engins à deux roues. On se préoccupe aussi quand, en pleine journée, quelqu’un a son phare allumé. Mais voir autour de nous des situations suspectes et les signaler aux FDS, cela n’est pas encore ancré dans les habitudes. Il faut que cela change.

Car c’est sûr, des gens ont vu ces terroristes ici à Ouaga avant qu’ils ne passent à l’action. La situation actuelle invite à être soupçonneux. Comme l’a dit le philosophe, «je doute, donc je suis». En signalant une personne suspecte à la police et que celle-ci vérifie, s’il y a quelque chose, on aura sauvé des vies. S’il n’y a rien on serait rassuré. Ça ne coûte rien.

L’Impertinent

Un commentaire

  1. c’est mieux aussi de contrôler les hommes sur les chameaux,

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