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Université de Ouagadougou: piquets de grève ou piquets de guerre?

Conformément au mot d’ordre de 48 heures de grève décrété par l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB), nombre d’étudiants, notamment ceux de l’Université de Ouagadougou où nous avons fait un tour le premier jour de la grève, ont suspendu les activités les 25 et 26 février 2015 pour exiger la satisfaction de leur plateforme revendicative.

ENSEIGNEMENT
Rien d’étonnant, pour qui connaît la légendaire notoriété de ce mouvement estudiantin qui, malgré les adversités diverses à lui manifestées par les régimes qui se sont succédés, tient toujours le coup et arrive encore à mobiliser sur les campus universitaires. Là où le bât blesse cependant, c’est dans la façon dont des jeunes, qui se sont présentés comme étant des représentants de cette association, constituaient leur piquet de grève au niveau de la DAOI, ex-SAOI du campus de Zogona. Ces derniers faisaient le pied-de-grue à l’intérieur même de ladite direction, barrant littéralement les entrées des bureaux à toute personne qui voudrait y accéder, pour peu qu’ils le reconnaissent comme un étudiant ou le soupçonnent comme tel.
Comme il fallait s’y attendre, ce ne fut pas tous les usagers de ce service des inscriptions qui se sont laissés faire ce jour-là. Survinrent alors des prises de bec tantôt calmes mais le plus souvent agitées, voire violentes, au regard de la ferme détermination des grévistes à «dissuader par tous les moyens», selon leurs propres termes, toute personne voulant braver leur mot d’ordre de grève. Pour tout argument, ils avancent que toutes les activités sont suspendues, y compris les inscriptions, et que le mot d’ordre ayant été adopté par une AG de l’ANEB à laquelle étaient conviés tous les étudiants sans exception, il s’impose à tous sans exception, y compris ceux qui ne militent dans aucune association ou qui militent dans une association autre que l’ANEB. En clair, c’est la liberté de penser et d’agir différemment qui est refusée à ceux qui n’adhèrent pas au mot d’ordre de grève de cette structure.
Ce qui est vraiment dommage dans un temple dit du savoir. Car, c’est là que se forge de façon plus éclairée et plus convaincante la mentalité des dirigeants des pays, si bien qu’il est inconcevable qu’à ce niveau, l’on remette en cause l’esprit critique et veuille imposer la pensée unique d’une seule tendance. Ce genre de pratique fait inexorablement le lit de la dictature que ces mêmes associations n’hésitent pas à s’associer aux partis d’opposition et autres structures de la société civile pour dénoncer quand elle est pratiquée par les gouvernants. De quel droit un groupe d’étudiants en grève peut-il investir les locaux d’un service administratif pour en interdire l’accès à d’autres étudiants, paralysant du même coup le fonctionnement de l’administration? Les piquets de grève de l’ANEB, autrefois caractérisés par le respect et la force de l’argument dans le débat contradictoire sain, se sont-ils mués en piquets de guerre, qui privilégient l’argument de la force au point d’user de la violence verbale et de l’obstruction physique comme méthodes de lutte?
Si ce que nous avons constaté le 25 février dernier n’est que le fait de militants zélés et inexpérimentés, et c’est tout le mal que nous souhaitons, il est nécessaire qu’ils soient recadrés au plus vite. L’administration doit, de son côté aussi, prendre les dispositions sécuritaires utiles pour permettre aux étudiants qui ne suivent pas le mouvement de grève de pouvoir mener normalement leurs activités, y compris les cours et les inscriptions.
Un étudiant non inscrit en est-il d’ailleurs vraiment un?
JPS

Un commentaire

  1. On va donc faire venir la police pour garder ceux qui veulent faire les cours et devoirs pendant les mot d’ordre de grève!

    Piètre journalisme !!!!

    Ceux que vous êtes entrain de défendre tous le syndicalisme et lui enlève toute son essence!

    Mais bon, vu que tu es dans ton rôle…….!!!

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